Et le gagnant est...Shell!

Actualité - 24 janvier, 2013
Aujourd’hui, à quelques pas du lieu où se tient le Forum Économique Mondial de Davos (FEM) en Suisse, Greenpeace et la Déclaration de Berne (DB) ont remis deux Prix Public Eye. L’un allant à la compagnie la plus assoiffée de profits et l’autre à la compagnie la plus négligente envers l’environnement. Le prix du public est allé cette année, avec une longueur d’avance notoire, à la pétrolière Shell, suivant la volonté de 41 800 personnes ayant voté en ligne. La banque américaine Goldman Sachs a quant à elle reçu le prix du jury. Les invités d’honneur à la conférence de presse à Davos étaient l’écrivain, économiste et ancien commissaire à la réglementation bancaire, le professeur William K. Black, et le célèbre spécialiste en éthique d’affaires, le docteur Ulrich Thielemann.

Greenpeace et DB ont remis les Prix Public Eye 2013 à deux corporations participant au FEM dont les méfaits sociaux et environnementaux exhibent le côté le plus obscur d’une mondialisation orientée exclusivement vers le profit :

«Shell a investi 4,5 milliards de dollars dans un plan absurde et hautement risqué qui à ce jour ne leur a attiré que des ennuis», a affirmé Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International. «Le résultat du vote pour les Prix Public Eye démontre que le monde surveille Shell et que l’opinion publique continuera à critiquer leur entêtement.»

Shell, gagnant du prix Public Eye 2013 à la compagnie la plus irresponsable de la planète. © Greenpeace.

 

Shell est toujours impliqué dans des projets controversés et risqués d’extraction de pétrole. Cette pétrolière hollando-britannique, choisie par une majorité d’internautes pour remporter le prix de la honte, est en tête des compagnies menant une croisade pour exploiter les carburants fossiles qui se trouvent dans l’Arctique – une région encore vierge avec un environnement extrêmement fragile. Mais ce sont les changements climatiques et le rétrécissement de la calotte polaire qui ont rendu possible cette nouvelle ruée vers des ressources naturelles naguère inaccessibles. Pourtant, chaque plateforme pétrolière en Arctique entrainera des émissions supplémentaires de CO2.

Les réserves de pétrole de l’Arctique ne serviront qu’à fournir trois années de consommation mondiale de carburants fossiles. Pour cela, Shell est prête à mettre en danger l’un des derniers paradis naturels de la planète et à menacer la survie des quatre millions de personnes qui y habitent. Dans les derniers mois, Shell a dû faire face à une longue série d’incidents dans l’Arctique, même si elle n’a pas encore commencé à y extraire du pétrole. Les failles dans les mesures de sécurité et d’urgence de Shell sont indescriptibles. Les experts sont unanimes : un déversement de pétrole pourrait survenir à tout moment et il serait impossible à contenir dans les conditions météorologiques particulièrement rudes de l’Arctique. Aidez-nous à arrêter Shell, signez notre pétition pour sauver l’Arctique ici.

«Ce prix démontre que les forages pétroliers en Arctique inquiètent tout le monde et que les compagnies qui vont de l’avant seront tenues responsables des dommages qu’elles causeront», a affirmé Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie et Arctique à Greenpeace Canada. «Les compagnies qui forent dans l’Arctique sont sous la loupe de l'opinion publique et elles rencontreront une forte opposition tout au long de leurs démarches.»

Visionnez la vidéo du lancement de la campagne Arctique, avec la voix de Jude Law et la musique de Radiohead.

Parodie d'une publicité de Goldman Sachs ©publiceye.ch

 

Pour sa part, Goldman Sachs a reçu le prix du jury. Cette banque américaine est un acteur clé de la globalisation et de la dérèglementation du secteur financier dont les effets pervers ont entrainé la crise financière que nous connaissons : plus de profit entre les mains d’une infime partie de la population.

«Goldman Sachs n’est pas seulement l’un de grands gagnants de la dernière crise financière : elle est aussi une banque qui joue un rôle central dans le casino des matières premières. Elle est rentrée dans ce marché juste pour engranger des profits en déstabilisant les prix», a soutenu Michael Baumgartner, président du jury de Public Eye Awards. «Quand les prix des denrées alimentaires battent tous les records, comme ce fut le cas en 2008, des millions de personnes sont condamnés à avoir faim et à s’appauvrir »

«La concurrence sauvage méprise les Droits Humains et les droits environnementaux, car elle encourage la déréglementation et la dégradation de la bonne gouvernance dans les corporations», a déclaré Ulrich Thielemann, directeur du groupe de réflexion berlinois Denkfabrik für Wirtschaftsethik et ex-vice-directeur de l’Institut d’éthique d’affaires de l’Université St-Gallens, en Suisse. «Les corporations vraiment responsables ne pourront qu’appuyer la réglementation des échanges, car elle les délivrera de la concurrence déloyale des corporations maffieuses.»

Outre Goldman Sachs et Shell, Alstom, Coal India , G4S, Lonmin et Repower étaient aussi en nomination pour les prix Public Eye.

Pour savoir davantage sur les Prix Public Eye et connaitre les autres participants: http://www.publiceye.ch/fr/vote/