Greenpeace expose les conséquences de C-38

Actualité - 13 juin, 2012
Aujourd’hui, des militants de Greenpeace ont répandu une fausse fuite de pétrole devant le bureau du projet d'oléoduc Northern Gateway d’Enbridge, à Vancouver, afin d’illustrer le risque qu'encourt la population avec le projet de loi omnibus C-38.

 

L’événement se produit dans la foulée du vrai déversement survenu la semaine dernière près de Red Deer, en Alberta, alors que le projet de loi budgétaire s’apprête à affaiblir les lois environnementales les plus importantes au pays et entraînera la fermeture d'installations dédiées à la recherche scientifique et aux interventions comme le bureau des urgences environnementales, organe situé en face du bureau d’Enbridge.

«  Le gouvernement de Stephen Harper met la hache dans les mesures d'urgence et les programmes scientifiques destinés à protéger l'environnement. Du même coup, il favorise la construction d'un oléoduc en provenance des sables bitumineux et accroît la probabilité que surviennent des déversements catastrophiques  », a déploré Melina Laboucan-Massimo, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace. «  Le pire est que le gouvernement tente d'intimider tous ceux qui s'opposent à ce projet.  »

Vêtus de combinaisons Hazmat, six militants de Greenpeace se sont positionnés autour de barils de pétrole percés arborant le logo de la compagnie Enbridge. Ils ont ensuite déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire  : «  Le Canada de Harper  ». Les termes «  Oléoducs  » et «  Superpétroliers  » étaient cochés, tandis que les termes «  Lois environnementales, Science, Préparatifs d'urgence et Démocratie  » étaient rayés.

Compte tenu du désengagement gouvernemental et du piètre bilan d'Enbridge en matière de déversement, trois autres militants ont pénétré dans le bureau de la société afin de remettre un prix pour l’ensemble de son œuvre dans la destruction de l’environnement. Suite à la remise du prix (dont la forme rappelle celle d’un pipeline percé déversant du pétrole) ils ont questionné les représentants de l’entreprise quant à la réelle efficacité de la société dans la gestion des déversements. Pendant ce temps, de l’autre côté de la rue en face du bureau des urgences environnementales, les passants circulant ont été invités à donner leur avis sous forme de vidéos destinés au premier ministre Harper, dans un lieu rappelant le Speaker's Corner londonien.

Il y a deux semaines, des militants de Greenpeace ont également suspendu une banderole géante sous le pont Lions Gate, à Vancouver, sur laquelle on pouvait lire  : «  Sauvons notre littoral, non au pipeline  ».

«  Les lois environnementales au pays s'apprêtent à subir les changements les plus importants de leur histoire et ces changements ne devraient pas être dissimulés dans une loi budgétaire.  », a rappelé Mike Hudema, également responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace.
«  Si les Conservateurs croient sincèrement que vider les lois environnementales de leur substance est dans l'intérêt public, ils devraient encourager un débat ouvert et transparent.  »

Greenpeace exige que le gouvernement retire du projet de loi C-38 les amendements aux lois environnementales, afin de permettre leur révision en bonne et due forme. L'un de ces amendements prévoit la fermeture de l'unité régionale d'intervention d'urgence, à un moment où le risque de déversements augmente considérablement dans l'Ouest canadien.

Le projet Enbridge Northern Gateway consiste à bâtir un oléoduc de 1117 km, qui transporterait du bitume dilué à travers les montagnes Rocheuses jusqu'au port de Kitimat, dans le Nord de la Colombie-Britannique. Ce bitume serait ensuite chargé sur des pétroliers devant affronter des eaux extrêmement agitées. Enbridge a récemment lancé une campagne publicitaire de plusieurs millions de dollars pour vanter les mérites de son projet controversé.

Rejoignez le mouvement « Halte au pipeline ».