Greenpeace tient des funérailles en l’honneur de la morue

Sobeys échoue dans la protection des espèces victimes de la surpêche

Actualité - 18 mars, 2010
Ce matin, à Halifax, des militants de Greenpeace ont formé un cortège funèbre, composé d’un cercueil et d’un corbillard, pour se rendre à un magasin d’alimentation Sobeys, mieux connu sous la bannière IGA, et pleurer la disparition de la morue de l’Atlantique, emblème de la côte est.

Par l’entremise de sa campagne Épuisé Greenpeace demande à Sobeys de cesser la vente de morue, l’une des 15 espèces inscrites à la Liste rouge des produits de la mer vulnérables. Sobeys a refusé de retirer de son rayon des poissons la morue ainsi que les autres produits de la mer de la Liste rouge.

Le corbillard s’est arrêté au magasin Sobeys du 1120 de la rue Queen. Les porteurs du cercueil tenaient une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Cod, forgive us » (« Morue, pardonne-nous»). À l’intérieur du cercueil reposait la tête d’une morue de l’Atlantique. Le couvercle du cercueil arborait le message suivant : « Sobeys: stop selling fish to death » (« Sobeys : cessez le massacre de la vente de poisson »).

« En tant qu’entreprise des Maritimes, où le déclin poissons et fruits de mer est bien documentée, il est inacceptable que Sobeys ne prenne aucun moyen pour protéger les espèces de l’Atlantique, surtout la morue, affirme Sarah King, responsable de la campagne Océans de Greenpeace. Sobeys ne peut justifier la vente de ses espèces jusqu’à leur extinction. »

La population mondiale de morue a grandement souffert de la surexploitation. Il ne reste plus que quelques stocks suffisamment sains pour permettre une pêche durable. La population de morue de l’Est canadien a été décimée au début des années 1990 et ne s’est toujours pas rétablie. On prévoit que la population du sud du golfe du Saint-Laurent sera épuisée d’ici 20 ans si la pêche est maintenue et d’ici 40 ans même si on en interdit la pêche. D’autres stocks peuvent encore être sauvés.


À VENIR

 

L’évaluation des stocks effectuée par le ministère des Pêches et des Océans (MPO) en 2009 montre que la mortalité par pêche est encore trop élevée pour permettre la reconstruction et la santé des populations. Les scientifiques du MPO recommandent de réduire le plus possible la mortalité par pêche. Cela signifie l’arrêt des activités de pêche de la morue et la réduction des prises accidentelles de morues dans le cadre d’autres pêches.

« La surpêche et les méthodes de pêche non sélective comme le chalutage de fond vident nos océans, ajoute Sarah King. Tant que nous continuerons de pêcher, de vendre et d’acheter ces stocks de poissons vulnérables, la morue ne se rétablira pas et les espèces qui peuplaient autrefois nos eaux côtières disparaîtront à tout jamais. »

Les funérailles de la morue font échos à une publicité de Greenpeace tenue en août dernier s’inspirant de la campagne menée par un groupe athée sur l’existence de Dieu. On pouvait lire le message suivant sur les tableaux d’affichage et les autobus dans les villes de Halifax et d’Ottawa : « There’s probably no cod. Now let’s stop overfishing and think of the future » (« La morue n’existe probablement pas. Cessons la surpêche et envisageons l’avenir »). Les publicités ramenaient le déclin de la morue sur la scène publique et rappelaient au MPO et aux acheteurs de produits de la mer qu’en négligeant de protéger la morue dès maintenant, elle disparaîtrait.

Les huit plus grandes chaînes d’alimentation du Canada offrent toutes la morue de l’Atlantique. La campagne Supermarchés de Greenpeace demande aux détaillants qu’ils retirent la morue de l’Atlantique de leur rayon des poissons afin de permettre à la population de se rétablir. Greenpeace presse également les détaillants d’adopter des politiques en matière de produits de la mer qui font en sorte que seuls les produits de la mer durables sont offerts aux clients. Sobeys n’en a adopté aucune.

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