De nombreux consommateurs, agriculteurs et gouvernements s’opposent toujours aux OGM, au niveau municipal, régional ou national, et 2006 aura été une autre « année de rejet des OGM ». Voici quelques exemples de ces refus:
Diminution de la superficie consacrée aux OGM dans le monde
- Après avoir pratiqué la culture de soja transgénique sur une vaste échelle pendant huit ans, la Roumanie est devenue le premier pays à faire un pas vers la décontamination en interdisant la culture de cet OGM sur son territoire. L’interdiction est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. Pour sa part, l’ISAAA prétend qu’en 2005, 125 000 hectares de soja GM étaient cultivés en Roumanie. Il s’agit là d’une exagération, un exemple typique de la manière dont l’ISAAA s’y prend pour gonfler artificiellement les statistiques, le gouvernement roumain n’ayant confirmé la présence que de 87 000 hectares de soja OGM en 2005. De toute façon, cette superficie va se réduire à néant cette année.
- L’an passé, l’ISAAA avait inclus l’Iran parmi les pays où la culture industrielle des aliments transgéniques était pratiquée. Par cette affirmation, l’ISAAA avait un peu trop étiré la vérité, car présentement l’Iran ne cultive ni n’autorise la culture d’OGM à des fins commerciales. Les autorités gouvernementales ont en outre fait savoir qu’aucun essai au champ avec du riz GM n’est actuellement autorisé.
De nombreux agriculteurs rejettent les cultures transgéniques
- Dans le monde entier, des agriculteurs continuent d’arracher les OGM, manifestant ainsi avec éclat leur opposition aux compagnies biotechnologiques. L’année 2006 a vu des agriculteurs de l’Inde, de la France et des Philippines, pour ne mentionner que quelques pays, exprimer activement leur rejet du génie génétique en organisant des manifestations.
- Réagissant au scandale du riz LL601 de Bayer, un regroupement de producteur s de riz de Californie (Rice Producers of California) et une importante rizerie de cet État, Sunwest Foods, en ont appelé à l’interdiction totale de la culture du riz OGM dans la région, incluant les essais au champ.
Plusieurs pays rejettent les OGM
- En 2006, le comité gouvernemental chinois sur la sécurité alimentaire a de nouveau refusé d’autorise le riz OGM; ce geste représente une autre gifle pour les promoteurs des végétaux transgéniques, aux yeux de qui la Chine est censée faire figure de modèle en adoptant sans difficulté les OGM.
- Toujours en 2006, l’organisme brésilien chargé de gérer les OGM, le CTNBIO, a plusieurs fois retardé l’autorisation du maïs GM, en dépit des tentatives répétées de l’industrie biotechnologique d’en légaliser l’usage.
- L’Organisme responsable de la réglementation des OGM en Afrique du Sud a rejeté une demande d’autorisation de procéder à des essais en plein champ pour des raisons de biosécurité, alléguant qu’une contamination éventuelle à partir de sorgho OGM ferait courir un trop grand risque aux variétés locales de cette graminée. Par ailleurs, un institut de recherche américain étroitement lié Monsanto, le Centre Danforth, rendait public en 2006 que les variétés transgéniques de manioc, rendues résistantes par recombinaison génétique au virus africain du virus de la mosaïque du manioc, avaient perdu cette résistance. Monsanto avait pourtant soutenu que son nouvel OGM constituait une des solutions au problème de la faim en Afrique.
- La Cour suprême de l’Inde a temporairement décrété un embargo sur tous les essais au champ impliquant des OGM. Pour sa part, la Commission indienne sur les monopoles et les pratiques restrictives du commerce a jugé que Monsanto doit réduire le prix exigé pour ses semences de coton GM. Voyant que Monsanto s’abstenait d’obtempérer à cette requête, trois États de la République indienne, l’Andhra Pradesh, le Maharastra et le Gujarat, établirent des prix plafond pour les graines équivalant à environ à la moitié du prix des semences de l’année précédente.
- Plusieurs provinces des Philippines se sont officiellement autoproclamées zones exemptes d’OGM.
- 172 régions et 4500 autorités locales de l’Union européenne se sont proclamées sans OGM. Sept pays d’Europe interdisent désormais une ou plusieurs cultures génétiquement modifiées. Durant les derniers jours de 2006, les ministres de l’Environnement européens votèrent à la majorité qualifiée en faveur du maintien de l’interdiction autrichienne visant le maïs génétiquement modifié de Monsanto.
- L’Iran travaille présentement à une loi concernant la biosécurité; ce pays a souligné qu’il n’autoriserait aucune plantation d’OGM avant sa prise d’effet.
- En plus d’avoir adopté plusieurs mesures visant à éradiquer la contamination au riz GM en Europe, l’Union européenne a reconnu le besoin de mettre en place un système plus efficace qui permettrait d’éviter que les aliments consommés dans l’Union soient contaminés avec des OGM illégaux ou non autorisés.
Les marchés internationaux continuent de se méfier des OGM
- Le deuxième producteur alimentaire en importance au monde, Kraft, s’est engagé à partir du 1er janvier 2007 à ne livrer à la Chine que des denrées non transgéniques.
- En Russie, le deuxième importateur en importance de soja a affirmé renoncercomplètement aux OGM.
- Dans le sillage du scandale entourant le riz Bayer, des pans entiers de l’industrie du riz se sont engagés à ne plus utiliser d’OGM, et le plus grand transformateur de riz au monde, Ebro Puleva, s’est joint au mouvement.
- Les négociants en riz des deux plus grands pays exportateurs de riz, soit la Thaïlande et le Vietnam, ont paraphé une entente en vertu de laquelle ils promettent d’éviter tout OGM.
Des pertes financières
- Lorsqu’on découvrit la présence de variétés illégales d’OGM au sein de riz à grains longs cultivés aux États-Unis, les marchés européens se fermèrent aux exportations destinées à l’Europe, de sorte qu’aux É.-U. les agriculteurs, les négociants œuvrant sur les marchés internationaux, et les transformateurs appartenant à l’industrie du riz subirent de lourdes pertes.
- Le riz non transgénique a la cote : le gouvernement thaïlandais encourage ses producteurs de riz à ne pas se servir d’OGM, son but étant d’aider l’industrie nationale à profiter des nouveaux marchés apparus à la suite de la contamination des approvisionnements en riz américain par le riz GM de Bayer.
Une technologie qui stagne
- Jusqu’ici, les cultures GM que l’industrie biotechnologique est parvenue à commercialiser ne possèdent que trois caractères agronomiques, à savoir la tolérance à l’herbicide, la résistance aux insectes et la tolérance aux virus.
- Le rejet des OGM par de nombreux consommateurs et producteurs agricoles a contraint l’industrie à se limiter pour l’essentiel à seulement quatre cultures principales, destinées surtout à la production de fibres végétales et à fournir de la nourriture pour animaux : le soja, le coton, le canola (ou colza oléagineux) et le maïs. Il est admis que la culture de la papaye telle qu’on la pratique actuellement dans un petit nombre d’îles américaines est un échec. Et les tentatives d’introduire sur les marchés des denrées alimentaires de base génétiquement modifiées, telles que le riz et le blé GM, se sont butées à l’opposition non négligeable des consommateurs et des agriculteurs.
- Même si cela fait dix ans que l’on produit des cultures OGM sur une base industrielle, la plupart d’entre elles se concentre encore dans une poignée de pays. En fait, en 2004 quatre pays concentraient à eux seuls 85 % de toutes les cultures transgéniques, soit les États-Unis, l’Argentine, le Brésil et le Canada.
2006 : une année où la contamination a sévi
Lorsqu’il s’agit de vanter la prétendue popularité des cultures OGM dans le monde, l’ISAAA est intarissable, mais jusqu’ici cet organisme s’est prudemment abstenu de souligner les controverses entourant la contamination par les transgènes. Car 2006 a été l’année de la contamination par les cultures OGM. La double contamination du riz en Chine et aux États-Unis a déclenché les deux principaux scandales ayant retenu l’attention cette année-là. Résultat : du riz contaminé s’est largement répandu sur les marchés européens. L’industrie américaine du riz a été durement éprouvée et les exportations de riz destinées à l’Europe ont presque cessé. En outre, des agriculteurs néo-zélandais se sont aperçus à la fin de 2006 que leurs semences de maïs importées étaient contaminées aux OGM. Cette importante contamination aux OGM, rendue publique à la fin de l’année, a causé un scandale ayant ébranlé le pays. En fait, aucune culture génétiquement modifiée n’est permise à l’échelle industrielle en Nouvelle-Zélande. [Pour plus d’exemples de contamination, visitez le site Web conjoint Greenpeace International/Genewatch UK (en anglais) à l’adresse suivante: www.gmcontaminationregister.org.