Les causes de l’accident nucléaire de Fukushima existent au Québec

Actualité - 28 février, 2012
Selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par Greenpeace International, la catastrophe nucléaire de Fukushima n’a pas été causée par une catastrophe naturelle, mais bien par les échecs des institutions nippones, de son organisme de surveillance de la sûreté nucléaire et de l’industrie. Les mêmes erreurs humaines pourraient se reproduire à Gentilly-2, au Québec.

 

« Le désastre de Fukushima est attribuable à la décision des autorités japonaises de fermer les yeux sur les risques des accidents, des erreurs de jugement qui pourraient se produire au Québec », a déclaré Shawn-Patrick Stensil, analyste nucléaire chez Greenpeace.

La semaine dernière, Jean Charest a affirmé qu’il avait un « préjugé favorable » envers la reconstruction de Gentilly-2, mais qu’il attendait une étude de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) sur les causes de Fukushima. Or, les études de la CCSN se penchent sur la nature technique de l’accident plutôt que sur les failles des institutions politiques. Selon Greenpeace, ces études sont incomplètes et leur affirmation voulant que les centrales nucléaires au pays soient « sécuritaires » doit être remise en question.

Greenpeace a demandé à plusieurs experts internationaux d'étudier les causes de l'accident à Fukushima et de déterminer si la réaction du Japon était adéquate face à cette catastrophe humaine et environnementale. Intitulé Lessons from Fukushima (Les leçons de Fukushima, en anglais seulement), le rapport tire deux conclusions principales :

  • La catastrophe de Fukushima remet en question la crédibilité de l'industrie nucléaire et remet en doute l’affirmation de la CCSN selon laquelle la probabilité d'un accident nucléaire grave est très faible au pays. L’industrie soutient que le risque d’accident nucléaire se limite à 1 fois pour 1 million (ou moins) d’années d’opération d’un réacteur. L’expérience montre toutefois qu’un accident significatif est à prévoir quelque part dans monde à chaque décennie.
  • L’influence politique exercée par l’industrie nucléaire sur les autorités japonaises de réglementation de la sûreté nucléaire est l’une des causes principales de l’accident à Fukushima.

Le contexte politique au Québec et au Canada est similaire à celui qui prévalait à Fukushima avant l’accident. En 2008, le gouvernement Harper remerciait de ses fonctions Mme Keen, alors présidente de la CCSN et reconnue pour sa volonté de faire respecter les normes actuelles en matière de sûreté nucléaire. Selon Greenpeace, le licenciement de Mme Keen est un risque que le gouvernement Harper fait prendre à la population et envoie le message à l’industrie et aux responsables de la réglementation que la sécurité nucléaire importe peu.

Ce rapport est dévoilé alors que onze militants de Greenpeace ont aujourd’hui fait l’ascension du mont Fuji, au Japon, en mémoire des nombreuses victimes du séisme et du tsunami ayant causé l’accident nucléaire de Fukushima. Du sommet, à plus de 3700 mètres d’altitude, l’alpiniste québécois François-Xavier Bleau a fait parvenir le message suivant au premier ministre Jean Charest : « M. Charest, souvenez-vous du drame humain de Fukushima. Fermez Gentilly-2 ».

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