Greenpeace et les Cris s’unissent pour sauver la forêt Broadback

Une barricade érigée pour bloquer une route controversée

Actualité - 3 novembre, 2010
Greenpeace et les Cris de Waswanipi ont érigé une barricade symbolique au cœur de la forêt boréale du Québec pour contester la construction de chemins forestiers qui entraîneront la destruction de la Vallée de la Broadback.

EACOM trouvera Greenpeace et les Cris de Waswanipi sur sa route si la protection de la forêt Brodback n’est pas dans ses plans d’affaires.

Ce matin, Greenpeace et le Chef de la Nation Crie de Waswanipi ont dévoilé une grande photo de cette barricade au siège social de l’entreprise impliquée dans ce projet, EACOM Timber Corporation. Ils poursuivront leur tournée cet après-midi aux bureaux de Jean Charest pour sommer le gouvernement d’agir.

La barricade, construite et cimentée dans le sol il y a quelques jours pour bloquer le chemin forestier en construction, est formée d’un imposant panneau de 6’ X 12’. Situé à plus de 200 km au nord de l’usine de Matagami d’EACOM dans le Nord du Québec, le panneau est porteur du message « Le chemin de la destruction s’arrête ici ». Il se lit également en Cri.

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« Nous exigeons qu’EACOM abandonne immédiatement et publiquement ses projets d’exploitation dans la Vallée de la Broadback, l’une des dernières grandes forêts intactes du Québec. C’est à M. Arcand, ministre de l’Environnement, qu’incombe la responsabilité finale de sauver la Vallée de la Broadback. Nous faisons aujourd’hui appel à son leadership pour se saisir immédiatement du dossier. »

- Nicolas Mainville, Co-responsable de la campagne Forêt boréale de Greenpeace


Par ce geste, Greenpeace et les Cris témoignent leur opposition au projet d’EACOM, une forestière de l’Ouest canadien qui a acheté l’été dernier les opérations forestières québécoises de Domtar. EACOM a très récemment démontré une ouverture envers la création d’une grande aire protégée dans la Vallée de la Broadback. Somme toute, Greenpeace et les Cris veulent assurer l’émergence d’une solution permanente.


«Cinquante-neuf des soixante-deux lignes de trappe que nous gérons ont déjà été exploitées et morcelées. Aux yeux de notre communauté, ces dernières régions sauvages sont ce que nous avons de plus précieux et le temps est venu de les protéger de toute activité industrielle »

- Allan Saganash, directeur du groupe de travail conjoint sur la foresterie de la communauté de Waswanipi


L’opposition contre l’exploitation de la Vallée de la Broadback ne cesse de prendre de l’ampleur. Le Grand Conseil des Cris, les Nations de Waswanipi, Nemaska et Ouje-Bougoumou et plusieurs groupes écologistes incluant Greenpeace ont demandé à maintes reprises au gouvernement du Québec et aux entreprises opérant dans le secteur de reconnaître la valeur écologique et culturelle de la Vallée de la Broadback et de garantir la protection permanente de la biodiversité qu’elle contient.


« Nous avons besoin d'une forêt en santé pour continuer de pêcher, de trapper et de chasser sur notre territoire. Nous sommes ici aujourd’hui pour dire que toute activité industrielle dans la Vallée de la Broadback fera l'opposé. »

- Paul Gull, Chef de la Nation Cri de Waswanipi


Greenpeace a documenté l’importance de la vallée de la Broadback dans son récent rapport scientifique Refuge Boréal. À l’aide d’outils cartographiques inédits, l’étude publiée en mai dernier met en évidence la richesse de ce secteur de plus de 22 000 km², dû à la présence de caribou forestier, à de grandes proportions de vieilles forêts, à la haute densité en carbone du secteur en plus de l’importance culturelle que revêt ce territoire pour les Premières Nations.

Nicolas Mainville rappelle que malgré l’importance écologique et culturelle de la Vallée de la Broadback, moins de 5% de ce secteur est actuellement protégé. Si le ministre M. Pierre Arcand accorde les permis à quelconque entreprise qui souhaiterait ouvrir ce territoire, ce sera un important pas en arrière dans le dossier des aires protégées et celui du respect des volontés et droits des Premières Nations au Québec.

Aidez-nous ! Dites à EACOM que le chemin de la destruction s’arrête ici
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