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L'incapacité de l'entreprise de se verdir est au nombre des facteurs 
expliquant les difficultés financières d'AbitibiBowater. Malgré les 
demandes de certains de ses clients et fournisseurs, AbitbiBowater 
refuse d'opter pour le changement.

L'incapacité de l'entreprise de se verdir est au nombre des facteurs expliquant les difficultés financières d'AbitibiBowater. Malgré les demandes de certains de ses clients et fournisseurs, AbitbiBowater refuse d'opter pour le changement.

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Montréal, Canada — Le refus de l'entreprise de se verdir est au nombre des facteurs expliquant les difficultés financières qu’éprouve aujourd’hui AbitibiBowater. Un plan de relance vert demeure la meilleure chance de l’entreprise pour assurer sa survie à long terme.

AbitibiBowater, la plus grande compagnie forestière au Canada et le plus grand fabricant de papier journal au monde, est au bord de la faillite depuis des semaines. Elle a aujourd'hui fait une demande en vertu de la Loi sur les arrangements avec ses créanciers.

AbitibiBowater doit adopter de nouvelles pratiques forestières durables de façon à protéger l'environnement. L'adoption d'un plan de relance intégrant des critères de durabilité stricts permettrait la sauvegarde de la compagnie et le maintien de milliers d'emplois au Québec.

Signes d’une crise annoncée

Jusqu'ici, l'entreprise n’a pas voulu écouter les signaux que lui envoyait le marché: de plus en plus de clients exigent des produits fabriqués dans le respect de l'environnement. Le climat d'affaires a changé, l'entreprise ne peut plus l'ignorer.

De gros clients quittent le navire

Les clients actuels ou potentiels d'AbitibiBowater sont de plus en plus nombreux à adopter des politiques d'achats écologiques. Ils exigent des produits forestiers obtenus selon des méthodes de foresterie durable. 

Plusieurs gros clients d'AbitibiBowater ont mis fin à leurs contrats, et plusieurs autres réduisent leurs achats auprès de la forestière. Certaines de ces sociétés sont en train d'adopter des politiques d'achats respectueuses de l'environnement. Elles veulent des produits certifiés FSC provenant de zones exemptes de controverses. AbitbiBowater est incapable d'offrir ce genre de produits.

Lors de la dernière année, des poids lourds de l'industrie comme RONA, Transcontinental, Hachette R.-U. et Rogers ont mis en place des politiques  d'achats de produits forestiers durables.  Dumont et Holtzbrink, des groupes d'imprimeurs de journaux, tous basés en Allemagne, ont diminué leurs approvisionnements auprès d'AbitibiBowater.  On peut en dire autant du géant Office Depot, installé aux É.-U., ou de la société québécoise FSK Pâte.

Verdir pour survivre

Si elle veut conserver sa clientèle et prendre sa part des nouveaux marchés écologiques émergents, AbitibiBowater doit se réorganiser en faisant de la foresterie durable et de la protection des forêts intactes ses priorités.

  1. Mettre en place la certification FSC pour toutes ses unités d'aménagements forestiers;
  2. Suspendre la coupe forestière dans l'habitat critique du Caribou forestier, une espèce menacée;
  3. Modifier la gamme de ses produits pour augmenter sa fabrication de papier fait à partir de fibres recyclées post-consommation.

AbitibiBowater doit instaurer des méthodes qui mettront un terme aux coupes forestières destructrices, et adopter des mesures immédiates pour conserver la forêt boréale.

Il s’agit de la seule façon responsable pour AbitibiBowater de survivre.

Le rôle de Greenpeace

Depuis six ans, Greenpeace entretient des contacts avec des représentants d'AbitibiBowater afin que la société cesse de massacrer les dernières forêts intactes du Québec et de l'Ontario.

Nous avons vivement conseillé à ces représentants de recourir à la certification FSC. Malgré cela, l'entreprise ne s'est guère efforcée d'obtenir cette certification pour tous ces territoires et a fait peu ou pas de progrès vers la conservation des forêts intactes.

AbitibiBowater contrôle les plus vastes superficies de forêts publiques au Québec et en Ontario. Sa responsabilité pour la préservation des derniers peuplements intacts est particulièrement grande.

AbitibiBowater en un coup d'oeil

  • Une des pires sociétés forestières en matière de protection des forêts.
  • Moins de 3 % des terrains forestiers québécois pour lesquels AbitibiBowater détient un permis font l'objet d'une protection, le pourcentage étant de 6 % en Ontario.
  • Plus de 70 % des territoires de coupe que détient l'entreprise au Québec et en Ontario sont fragmentés.
  • Elle exploite des zones particulièrement importantes pour la survie d'espèces dont l'habitat est très étendu, comme le caribou forestier, une espèce considérée comme vulnérable au Québec et menacée au Canada.
  • Elle vend chaque année près de 10,1 millions de tonnes de papier journal, de papier couché et non couché, et de pâte à papier.

Quelques récents résultats d'un sondage*

  • Plus des trois quarts des Canadiens sont d'accord pour dire que l'environnement a autant d'importance que l'économie, malgré l'actuelle baisse de l'activité économique.
  • Sept Canadiens sur dix pensent que l'entreprise privée doit faire preuve de leadership en ce qui concerne non seulement la santé de l'économie, mais aussi celle de l'environnement.
  • 76 % des Canadiens sont d'avis que l'industrie des pâtes et papiers n'est pas viable.

* Source : ÉcoInitiatives Rapport sur les tendances 2009
Environmental leadership in the paper supply chain, Markets Initiative, 2009.