Produits forestiers d'AbitibiBowater.
L'annonce d'AbitibiBowater ne vise que trois unités d'aménagement au Saguenay / Lac-Saint-Jean, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. « La certification FSC pour une seule des 23 unités forestières en opération au Québec est sans doute une avancée, mais c'est loin de suffire à changer les choses », juge Mélissa Filion.
« La décision d'AbitibiBowater relève davantage du maquillage vert (ou greenwashing) que d'un changement véritable de culture au sein de l'entreprise », affirme Mélissa Filion, de la campagne Forêt boréale de Greenpeace. Greenpeace déplore en outre qu'AbitibiBowater omette de prendre en considération la protection des forêts intactes.
De l'avis de Greenpeace, AbitibiBowater utilise la certification FSC pour redorer son image. La compagnie forestière possède des droits d'exploitation sur plus de 15 millions d'hectares de forêt québécoise. En revanche, c'est moins de 10% de l'ensemble des forêts aménagées par AbitibiBowater au Canada qui pourraient obtenir le logo FSC une fois le processus de certification complété. De surcroît, c'est moins de 35 % des forêts exploitées par AbitibiBowater au Québec et en Ontario qui demeurent encore intactes.
« La dégradation des écosystèmes, la destruction de l'habitat du Caribou forestier et les coupes en territoires intacts de hautes valeurs de conservation se poursuivront dans la majorité des unités forestières d'AbitibiBowater », estime Mélissa Filion. « Pour réduire son empreinte sur la forêt boréale, AbitibiBowater n'a toujours pas de plan à long terme, ni aucun objectif ou échéancier ».
La décision d'AbitibiBowater survient après que de nombreux clients sur les marchés nationaux et internationaux eurent exprimé leur désapprobation envers les opérations forestières de la compagnie. Néanmoins, Greenpeace juge que l'annonce d'AbitibiBowater ne répond ni aux attentes des consommateurs, ni aux préférences de grands clients corporatifs qui sont de plus en plus enclins à choisir des fournisseurs qui entreprennent des démarches crédibles pour une plus grande protection de l'environnement.
Depuis plus d'un an maintenant, Greenpeace demande à la forestière de mettre en réserve ses droits de coupe en forêt intacte pour la création d'aires protégées et de certifier l'ensemble de ses unités d'aménagement forestier selon la norme du Forest Stewardship Council ou FSC. Cette dernière tentative d'AbitibiBowater de sauver son image plutôt que de se concentrer sur des solutions progressives et fermes confirment la nécessité de poursuivre la mobilisation de ses clients et actionnaires.
« La vérité est que les négociations sont rompues parce que le
médiateur indépendant qui a été embauché conjointement par les deux
parties a lui-même ajourné le dialogue, jugeant que les parties
étaient prises devant une impasse » estime Mélissa Filion de
Greenpeace. « L'impasse, c'est l'inaction d'AbitibiBowater quant à
la protection des forêts intactes. »
Contrairement à ce qu'Abitibowater laisse entendre, Greenpeace
avait volontairement cessé ces pressions dans les derniers mois
pour laisser place aux discussions. De son côté, pendant plus de
dix mois, AbitibiBowater n'a démontré aucune flexibilité à différer
les coupes en forêt intacte, ne serait-ce que sur un seul hectare
de forêt publique où elle possède des droits de coupe » soutien
Mélissa Filion.
Greenpeace tient également à faire le point sur des propos
lourds de conséquences de Monsieur Denis Leclerc, Vice-président au
développement durable, qui affirme que Greenpeace a demandé à
AbitibiBowater de procéder sans se rapporter aux gouvernements.
« Une fois les territoires de forêts intactes identifiées, nous
aurions pu nous adresser conjointement au gouvernement pour
demander une dérogation et protéger temporairement et légalement
ces territoires
Quant aux discussions, Greenpeace juge qu'elles pourront
reprendre quand AbitibiBowater sera prête à avoir des discussions
fructueuses et que la forestière mettra plus d'efforts à chercher
des solutions et moins d'énergie à désigner des coupables et à
trouver des excuses pour son bilan et son inaction.
« Il est visible qu'AbitibiBowater cherche à régler ses
problèmes de relations publiques plutôt que d'agir concrètement en
forêt », a pour sa part indiqué Bruce Cox, directeur général de
Greenpeace Canada. « Malheureusement, l'inaction lui fera perdre
d'autres contrats importants avec des acheteurs de papier et de
bois. »
Forte de l'appui d'importants clients d'AbitibiBowater,
Greenpeace a entamé des pourparlers avec la forestière pour trouver
des mesures raisonnables et justes afin de protéger certaines
parties de la forêt boréale gérées par AbitibiBowater. « Bien que
Greenpeace préfère le dialogue, nous savons bien que certaines
entreprises peuvent intentionnellement traîner les négociations
pendant qu'elles poursuivent leurs activités comme si de rien
n'était. Le temps est donc venu de reprendre la
confrontation ».
Moins de 35 % des territoires forestiers d'AbitibiBowater sont
encore intacts. Les forêts intactes constituent des habitats
essentiels à la survie d'espèces menacées, comme le caribou
forestier, et elles contribuent à atténuer les effets des
changements climatiques, car elles stockent plus de carbone que les
forêts fragmentées.
Greenpeace continue de faire connaître à d'importants clients
européens et nord-américains les craintes que lui inspirent les
activités d'exploitation d'AbitibiBowater dans les forêts intactes
et l'habitat du caribou des bois qui est une espèce menacée.
Pour plus de renseignements :
Mélissa Filion, responsable de campagne forêt boréale (514)
581-8216