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M. Dubuc garantit avoir lu ce rapport. Mais il semble surtout s’en tenir au titre de la nouvelle publiée dans le quotidien La Presse (Greenpeace vous encourage à devenir végétarien, mardi 8 janvier 2008).
Voilà qui est navrant. Ce rapport de Greenpeace est l’œuvre de Pete Smith, de l’Université d’Aberdeen, en Écosse. M. Smith est l’un des principaux auteurs du GIEC. Lauréat du Prix Nobel avec Al Gore, ce scientifique observe dans les conclusions de ce rapport que l’agriculture pourrait au contraire contribuer à la lutte aux changements climatiques si les méthodes agricoles étaient modifiées.
Une longue liste de solutions aux méthodes actuelles y est proposée. Il est notamment recommandé :
Puisque ce rapport a mis à jour d’importants obstacles systémiques aux capacités de réduction de GES des élevages (p. 33-34), la réduction de la consommation de viande doit donc faire partie des solutions, puisque près de 37 % de l’ensemble des émissions de GES du secteur agricole mondial proviennent directement des élevages.
M. Dubuc accuse Greenpeace de prôner le « végétarisme » au lieu de simplement recommander de manger du cochon ou du poulet à la place du bœuf. La raison est simple et se trouve dans le rapport de Greenpeace : même si le cochon ou le poulet produit moins de GES que le bœuf, ils produisent tout de même beaucoup plus de GES que les alternatives. Par exemple, un kilo de blé produit environ 87 % moins de GES qu’un kilo de viande de cochon (p.36). Voilà pourquoi nous concluons que, pour les « personnes souhaitant réduire leur empreinte de GES, l’adoption d’un régime végétarien ou au moins une réduction de la consommation de viande aurait un impact positif sur les GES » (p. 36).
M. Dubuc accuse Greenpeace d’être « les maoïstes des Temps modernes », de suivre un « cadre idéologique », et d’avoir un « but caché ». Rien de moins! Voilà un réquisitoire qui se rapproche des accusations creuses autrefois formulées lors des procès staliniens ou au cours de la révolution culturelle en Chine !
Quel est le prétendu « but caché » de Greenpeace? M. Dubuc n’en dit pas plus. Il demeure vague, sans doute parce qu’il n’a rien à offrir à ses lecteurs. Il commet également une vérité de La Palice lorsqu’il écrit que Greenpeace est une « organisation militante qui, dans sa bataille pour protéger la planète, défend une conception de l’économie, de l’habitat, du mode de vie ». Il faut bien admettre qu’il ne s’agit pas là de la révélation la plus fracassante de notre jeune siècle! C’est aussi évident que d’affirmer qu’Alain Dubuc est chroniqueur dans les médias.
Peu importe. Ce qui compte vraiment est que les gouvernements agissent fermement et rapidement pour lutter contre les changements climatiques. Il y a urgence et cette urgence est aussi économique qu’écologique, comme l’a révélé dans un rapport l’ancien vice-président de la Banque mondiale, sir Nicholas Stern. Les changements climatiques sont la responsabilité de tous, y compris du secteur agricole québécois.
-Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture, Greenpeace.