Skip navigation.
La centrale au charbon de Nanticoke, qui donne sur le lac Érié en 
Ontario, est la plus grande émettrice de gaz à effet de serre (GES) au 
Canada. En 2005, elle a produit à elle seule plus de 17 millions de 
tonnes de GES.

La centrale au charbon de Nanticoke, qui donne sur le lac Érié en Ontario, est la plus grande émettrice de gaz à effet de serre (GES) au Canada. En 2005, elle a produit à elle seule plus de 17 millions de tonnes de GES.

Agrandir

La centrale électrique de Nanticoke est la plus grosse centrale au charbon en Amérique du Nord et le plus important émetteur de gaz à effet de serre (GES)au Canada. Elle est aussi le plus grand émetteur de polluants générateurs de smog en Ontario. Greenpeace estime que cette centrale doit être fermée. Voici pourquoi.

Les centrales électriques alimentées au charbon de l’Ontario font peser une lourde menace sur la santé des individus et sur l’environnement. La centrale de Nanticoke est le plus important émetteur de gaz à effet de serre (GES) du Canada. Elle émet aussi des grandes quantités de polluants mortels qui produisent du smog et elle est le plus grand émetteur d’oxyde d’azote et de mercure de la province. Cette centrale a, par le fait même, une incidence importante sur la quantitié de smog généré au Québec puisque d’énormes quantités de polluants sont transportés par les vents dominants de l’ouest. Selon la direction de la santé publique de Montréal, 30 % des émissions polluantes du smog photochimique à Montréal proviennent de l’Ontario. L’Association médicale ontarienne estime que la pollution de l’air est responsable de la mort de plus de 5900 personnes par année et qu’elle constitue une importante “crise de santé publique”. L’Institut national de santé publique du Québec estime que le smog engendre presque 2000 décès prématurés au Québec1. Tous les partis politiques ont promis de d’éliminer progressivement le charbon en Ontario, mais personne ne peut dire quand cela risque de se produire réellement.

Le problème

La pollution engendrée par la combustion du charbon a un impact grave sur la santé, sur l’environnement et sur le réchauffement climatique. C’est pourquoi il faut fermer les centrales au charbon le plus rapidement possible.

Selon une étude récente, le plan énergétique actuel de l’Ontario ne permettra pas de fermer les centrales au charbon d’ici 2014 comme prévu. En fait, la centrale de Nanticoke risque de continuer à polluer l’air jusqu’en 2017 parce que les centrales nucléaires qui devaient fournir l’énergie de remplacement ne sont pas fiables. Cet été, des réacteurs sont tombés en panne aux centrales de Pickering et Bruce, ce qui a entraîné une hausse marquée de la combustion de charbon et des émissions polluantes en Ontario.

Pour freiner le réchauffement climatique, il faut réduire radicalement nos émissions de gaz à effet de serre au cours des 10 prochaines années et il faut éliminer le charbon rapidement à bien plus court terme encore. Or, il faut compter de 10 à 15 ans pour construire une centrale. C’est trop long. Il faut des solutions plus rapides et moins dangereuses.

Les solutions

Pour éliminer le charbon à court terme, il faut que le gouvernement adopte un nouveau plan énergétique plus moderne qui prévoirait notamment l’élimination complète et permanente du charbon et de l’énergie nucléaire. Selon une étude récente [link to renewableisdoable.ca], il serait possible d’éliminer le charbon dès 2011 en implantant des politiques de conservation de l’énergie plus musclées, en augmentant l’apport des énergies renouvelables et en prévoyant des usines qui produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur. Les principales assises d’un plan énergétique moderne et efficace sont les suivantes : 

  • Conservation – En Ontario il y a d’énormes gains à réaliser par le biais de la conservation et de l’efficacité énergétique. Même les données provenant du gouvernement indiquent clairement qu’à cet égard le potentiel d’économies d’énergie de la province est encore pratiquement intact. La conservation de l’énergie doit être à la base de toute stratégie énergétique écologique.
  • Énergies renouvelables – Dans certains pays comme l’Allemagne et l’Espagne, on ajoute chaque année plus de 1000 MW d’électricité provenant de sources renouvelables. Rien n’empêche l’Ontario de faire de même et d’adopter des objectifs d’énergie renouvelables plus ambitieux. En Allemagne, par exemple, on produit plus de 18 000 MW de source éolienne, contre seulement 300 pour Ontario.
  • Production électrique décentralisée.

 

En plus de leurs avantages au point de vue environnemental, ces énergies vertes sont plus sécuritaires, moins chères et plus rapidement disponibles que l’énergie nucléaire ou le charbon. Elles permettraient aussi de :

  • Répondre à la demande d’électricité de la province
  • Réduire la facture d’électricité des consommateurs de 11 % par rapport au plan du gouvernement
  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % par rapport au plan du gouvernement au cours des 20 prochaines années
  • Éliminer le recours au charbon d’ici 2012 au plus tard (alors qu’il faudrait attendre au moins jusqu’en 2017 avec un plan basé sur l’énergie nucléaire).

1 Source: Institut national de santé publique du Québec, 2007 (communication personnelle)