Actualité - 12 août, 2010
En voici un sujet épineux et particulièrement d’actualité. Avec le projet d’exploration du gisement Old Harry (gisement en mer qui pourrait être pétrolier ou gazier, voire les deux) dans le golfe du Saint-Laurent, nous sommes plus que jamais interpellés par cette problématique et un moratoire devient urgent.
Danielle Giroux,
Présidente de l'organisation
environnementale des
Îles-de-la-Madeleine,
Attention FragÎles.
Pour prendre connaissance comme il se doit de cet enjeu majeur, le bureau de Greenpeace de Montréal a reçu, le 12 août 2010, la présidente de l’organisation Attention FragÎles; organisation environnementale basée sur place, aux Îles-de-la-Madeleine. Rappelons que ce dangereux projet de forage se situe à uniquement 80 kilomètres de nos fameuses îles. Voilà une excellente occasion pour les bénévoles et militants de Greenpeace de rencontrer et de s’informer directement auprès de Danielle Giroux (présidente Attention FragÎles).
Forages dans le golfe
Après la catastrophe du golfe du Mexique, où en est-on aujourd’hui de ce projet d’exploiter des hydrocarbures en milieu marin, dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent? Même si cela peut vous paraître particulièrement inapproprié, sachez que Corridor Resources (compagnie d’exploitation d’hydrocarbures) a annoncé son premier forage à Terre-Neuve d’ici 2012 dans le gisement Old Harry. Vous l’avez saisi, les choses s’accélèrent et même chez nous, au Québec, des évaluations environnementales stratégiques seront bientôt réalisées pour permettre une éventuelle exploitation d’hydrocarbures dans notre fleuve. Sachez, pour la petite anecdote, que ces évaluations environnementales (plus communément appelés EES) sont réalisées non pas par une firme indépendante, mais par le promoteur lui-même. Y voyez-vous un conflit d’intérêts quelconque?
Un sondage démontre que l’exploitation pétrolière en mer inquiète de nombreux citoyens à travers le Canada. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 77 % des Canadiens réclament soit la suspension des activités de forage tant que la sécurité des projets n’aura pas été revue (54 %), soit l’interdiction pure et simple de ces activités (23 %). La population est en droit de connaître les risques de marée noire. Nous devons tirer leçon de la catastrophe du golfe du Mexique. Une catastrophe de cette ampleur rend impératif un réexamen complet des activités de forage afin de protéger l’avenir de nos milieux marins et de l’ensemble des communautés qui en dépendent. Pour ce faire, un arrêt complet des nouveaux projets doit être décrété (c’est ce que l’on appelle un moratoire). C’est d’ailleurs ce qui est en train de se produire aux États-Unis où des moratoires ont été annoncés et prolongés.
Moratoire sur la côte ouest et pas ici?
Ottawa vient d’annoncer son désir de réviser les politiques et règles liées au forage en haute mer afin qu'elles deviennent les plus rigoureuses au monde. Incongru quand on sait que le gouvernement Harper n’a nullement l’intention de freiner le forage sur la Côte Est ou dans l’Arctique. La Côte Ouest jouit, quant à elle, d’un moratoire depuis 1972.
Dans le golfe du Saint-Laurent, le gouvernement du Québec, après avoir lui-même adopté un moratoire, a récemment suggéré à Terre-Neuve d’en faire de même. Un tel moratoire, soutenu par Ottawa, Québec et les provinces de l’Atlantique est essentiel afin de permettre une analyse complète, ouverte et transparente des risques et impacts du déploiement potentiel de cette activité industrielle dans un milieu riche en biodiversité marine. L’estuaire du Saint-Laurent et son golfe ne doivent pas devenir le laboratoire d’expériences risquées et dangereuses pour les écosystèmes et les populations riveraines.
Pour en savoir plus
Marée noire sur les contribuables québécois
Fondation David Suzuki
Voir la présentation Powerpoint de Danielle Giroux (attention, fichier de 10mo)