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Un militant de Greenpeace, suspendu à une passerelle surplombant 
l’assemblée des convives, oscille doucement dans le vide, tandis qu’Ed 
Stelmach prononce son discours à l’occasion de la soirée-bénéfice 
annuelle du Parti conservateur au Centre de conférences Shaw 
d’Edmonton.

Un militant de Greenpeace, suspendu à une passerelle surplombant l’assemblée des convives, oscille doucement dans le vide, tandis qu’Ed Stelmach prononce son discours à l’occasion de la soirée-bénéfice annuelle du Parti conservateur au Centre de conférences Shaw d’Edmonton.

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Edmonton, Canada — C’était une soirée politique comme on en voit beaucoup. Le 24 avril 2008, Ed Stelmach tenait au centre de conférences Shaw, à Edmonton, son dîner annuel du premier ministre. À 450 $ le couvert, il va sans dire que l’événement devait servir à amasser des fonds pour le Parti conservateur de l’Alberta.

Ed Stelmach s’est avancé sur la scène et a commencé son discours devant une foule conquise d’avance. Le scénario conservateur allait bon train. La soirée promettait d’être belle et remplie d’espèces sonnantes. Tout à coup, des hommes-araignées, retenus par des câbles fixés à une passerelle, se sont laissés descendre doucement et tendrement du plafond de la salle, juste à côté de la tribune depuis laquelle Ed Stelmach jouait les rhéteurs. Puis, ils ont déroulé lentement une banderole sur laquelle était inscrit un message percutant. « Ed $telmach : le meilleur Premier ministre que les pétrodollars puissent acheter. »

C’était bien sûr des activistes de Greenpeace. Ils se sont ensuite laissés osciller doucement, sous le regard médusé d’Ed Stelmach et de ses 1000 généreux convives. Ce geste spectaculaire de Greenpeace a eu pour effet de perturber le déroulement prévu du dîner. L’auditoire n’avait d’attention que pour les militants et la banderole qui pendaient dans le vide. Livides et surpris, les employés du Parti conservateur se sont efforcés de contrer le message de Greenpeace. Mais c’était peine perdue…

« Non seulement ce gouvernement a-t-il donné son aval à tous les projets d’exploitation des sables bitumineux qui lui ont été soumis, mais le Premier ministre a nommé l’année dernière la vice-présidente de Suncor, Heather Kennedy, au poste de sous-ministre au développement des sables bitumineux, et la société d’énergie nucléaire Bruce Power a embauché comme lobbyiste Randy Dawson, le directeur de campagne d’Ed Stelmach », lance Mike Hudema, responsable de la campagne Sables bitumineux à Greenpeace. « Selon moi, ces nominations prouvent on ne peut plus clairement la soumission des autorités politiques albertaines à l’industrie pétrolière. Pas un seul projet d’exploitation des sables bitumineux n’a été écarté. Il semble que le Premier ministre ne veut pas ou n’ose pas contrarier les desseins de la puissante industrie pétrolière, même si pour les Albertains la note à régler est colossale. »

Les résultats de sondages récemment commandés par Greenpeace font ressortir l’inquiétude particulière que ressentent les Albertains vis-à-vis l’ampleur des volumes d’eau nécessaires au traitement des sables bitumineux. Si les opérations devaient se poursuivre comme prévu, le procédé d’extraction siphonnerait plus d’eau que toute la ville de Toronto n’en utilise en un an.

« Les rivières Athabaska, de la Paix et de l’Esclave ayant perdu près de la moitié de leur eau, l’Ouest canadien va devoir composer avec des approvisionnements réduits d’ici les 50 prochaines années », ajoute Hudema. « Pendant que l’industrie exporte ses profits à travers la frontière canado-américaine, les Albertains restent sur place pour nettoyer tout ce gâchis. »

La police a procédé à l’arrestation des deux grimpeurs de Greenpeace, Denise Ogonoski et Steve Anderson, tous deux originaires d’Edmonton, et du responsable de la campagne Sables bitumineux de Greenpeace, Mike Hudema. Motifs : ils étaient entrés sans autorisations au Centre de conférences. Ils ont été relâchés quelques minutes plus tard sur les lieux mêmes du Centre de conférences.