Skip navigation.
Selon Bayer, si le riz OGM de sa fabrication a contaminé les cultures 
et stocks de riz, il ne peut s'agir que d'un caprice fortuit de la 
nature dont ils ne sauraient être responsables.

Selon Bayer, si le riz OGM de sa fabrication a contaminé les cultures et stocks de riz, il ne peut s'agir que d'un caprice fortuit de la nature dont ils ne sauraient être responsables.

Agrandir

Vous pouvez toujours essayer d’accuser votre chien d'avoir dévoré le devoir que vous deviez faire à la maison, ou encore excuser votre retard au travail en alléguant avoir été victime d’un terrible embouteillage.

Mais si jamais il vous arrive d'être poursuivi pour des millions de dollars pour avoir contaminé la plus grande culture vivrière au monde avec une variété de riz génétiquement modifié, pas de panique, suivez l’exemple de la compagnie Bayer. Dites simplement qu’il s’agit d’une sorte de punition divine, d’un caprice de la nature, d’un phénomène fortuit pour lequel nul ne saurait être tenu responsable.

D'après la documentation que Bayer a récemment communiquée aux tribunaux, la contamination massive du riz américain avec une variété expérimentale de riz, le LL601, résulterait soit de cas fortuits, soit de l'action des producteurs de riz eux-mêmes.

Lorsqu'on songe que des riziculteurs traînent Bayer devant les tribunaux parce qu'ils allèguent avoir perdu des millions de dollars en revenus à cause de la firme, il n'est pas surprenant de voir la multinationale de la biotechnologie contre-attaquer en leur faisant porter le blâme. Dès que la présence d'OGM dans du riz américain destiné à l'Europe et au Japon a été signalée l’année dernière, le prix de cette denrée a beaucoup diminué. C'est qu'aux yeux des Européens et des Japonais, fermement opposés au riz transgénique, les manipulations génétiques de Bayer ne sont en rien miraculeuses et ne sauraient aucunement mériter une absolution.

À l'origine, c'est-à-dire pendant la période s'étendant de 1999 à 2001, le LL601 était une culture expérimentale faisant l'objet d'essais en plein champ. Puis Bayer mit fin aux expériences sans avoir obtenu l'autorisation de cultiver la lignée à des fins commerciales.

Normalement le LL601 aurait dû être mort et enterré. Mais étonnamment, des tests effectués sur du riz importé des États-Unis au Japon et dans toute l'Europe ont prouvé que la lignée expérimentale était bien vivante et tout à fait capable de contaminer le riz non transgénique.

« Bayer joue des coudes pour obtenir des autorisations qui lui permettraient de cultiver son riz OGM sur toute la planète, Europe et Brésil compris, tout en déclinant toute  responsabilité pour les préjudices financiers que son riz non autorisé a causés aux EU et ailleurs.En fait, Bayer rejette la responsabilité de la contamination sur des agriculteurs travaillant dur pour gagner leur vie, quand elle n'invoque pas l'apparition de cas fortuits, alors que toutes les données indiquent que Bayer a tort » affirme Adam Levitt, un associé du cabinet d'avocats Wolf Haldenstein Alder Freeman et Hertz, un des cabinets juridiques chargés de coordonner les diverses poursuites intentées contre Bayer.

Reporter le blâme sur autrui est une vieille tactique dont use la grande entreprise, lorsqu'elle cherche à éviter d’avoir à payer pour ses erreurs. Mais se servir de Dame Nature ou du Créateur en personne comme d’un bouc émissaire, cela dépasse tout. L'industrie de la biotechnologie, pour qui la recherche du profit passe avant tout, ne s'était sans doute jamais abaissée à ce point.