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Maïs OGM: une expérience dangereuse

Maïs OGM: une expérience dangereuse

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Montréal, Canada — Greenpeace juge que l'adoption du projet de loi C-33 par la Chambre des communes menace la sécurité alimentaire mondiale et que l’agriculture devrait servir à nourrir les gens plutôt qu’à faire rouler des automobiles et des VUS.

La loi C-33 autorise le gouvernement à réglementer pour que l'essence contienne 5 % d'éthanol et que le diesel comprenne 2 % d’agrocarburant, alors même que les réserves alimentaires mondiales sont à leurs plus bas niveaux depuis les années soixante-dix. De plus, le gouvernement n’a pas démontré que les agrocarburants — tels que l’éthanol-maïs — représentent une bonne solution pour réduire les gaz à effet de serre ou sont produits selon des méthodes agricoles écologiques.

 « La loi C-33, qui n'est rien d'autre qu'une subvention aux grandes firmes de l'agro-industrie comme Monsanto, causera un immense préjudice à l'environnement », soutient Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture durable à Greenpeace. « La loi contribuera à retirer de la nourriture à ceux qui, notamment dans de nombreux pays du sud, ont le plus de difficulté à en acheter. Tout cela afin d’entretenir notre dépendance à l’essence. Il est contradictoire que la même semaine, le Canada offre seulement 50 millions de dollars en aide alimentaire internationale, tout en favorisant la production d'éthanol ce qui va faire gonfler les prix des denrées et aggravera la précarité alimentaire. »

En plus de favoriser l'amenuisement des ressources alimentaires, les agrocarburants contribuent au réchauffement planétaire. En considérant l'utilisation des fertilisants, le transport et l'analyse du cycle de vie complet des végétaux employés, les agrocarburants et l'éthanol-maïs en particulier engendrent plus de gaz à effet de serre que l'essence classique.

« Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, a condamné les agrocarburants », reprend Éric Darier. « Il prétend que leur utilisation est un crime contre l’humanité. Malgré cela, malgré l’accroissement fulgurant des prix des denrées alimentaires, malgré les émeutes de la faim les députés ont appuyé un projet de loi qui, pour la première fois dans l'histoire canadienne, établit des teneurs minimales en biocombustibles pour l'essence et le diesel ».