Le Canada joue les méchants à la conférence de l’ONU sur le climat à Poznan

Actualité - 16 décembre, 2008
Greenpeace a établi que le Canada était l'un des principaux « méchants » à la décevante conférence de l'ONU sur les changements climatiques qui s’est tenue du 1er au 12 décembre à Poznan, en Pologne.

Le gouvernement Harper a joué un rôle déterminant pour faire en sorte que la conférence esquive l'urgence d'agir contre le réchauffement planétaire à Poznan.

À Poznan 2008, le Canada s’est vu décerner le prix Fossile colossal, remis au pays ayant reçu le plus de prix Fossile du jour pour son un recul indéniable par rapport à des engagements pris pour combattre le réchauffement planétaire.

Les groupes environnementaux présents à la conférence de Poznan se sont tous entendus pour affirmer que l'absence de progrès constitue une occasion importante ratée.

Greenpeace et d'autres organismes souhaitaient que les pays industrialisés, comme le Canada, acceptent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 pour cent sous le niveau de 1990 d'ici 2020, comme le recommandent les experts en matière de climat sur la base d'études scientifiques.

Le Canada fait de l'obstruction :

À Poznan, les groupes environnementaux et plusieurs pays en voie de développement ont établi que le Canada constituait l'un des plus grands obstacles.

À cause du Canada, aucun accord n'est survenu quant aux objectifs de réduction de 25 à 40 pour cent recommandés par la communauté scientifique. Dorénavant, ce niveau minimal de réduction constitue un objectif « intéressant » que les pays peuvent considérer s'ils le veulent.

Encore des objectifs réduits pour le Canada

Le Canada a adhéré à l'objectif de réduction actuel du gouvernement Harper, c'est-à-dire de réduire les émissions de 20 pour cent sous le niveau de 2006 d'ici 2020. Cela peut sembler adéquat, mais c'est loin de l'être. Ce que cela signifie vraiment, c'est que le Canada s'engage à réduire ses émissions de seulement 3 pour cent par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020.

Le Canada s'engage à réduire ses émissions de seulement 3 pour cent par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020.

Cela n'atteint même pas les objectifs de réduction du protocole de Kyoto, dans lequel le Canada s'était engagé à réduire ses émissions de 6 pour cent sous le niveau de 1990 d'ici 2012.

Le Canada devait être à Poznan pour contribuer à développer un plan afin de renforcer et de prolonger le protocole de Kyoto, et non pour l'édulcorer.

La conférence sur les changements climatiques de Poznan était une étape cruciale en vue de celle que l'ONU tiendra à Copenhague en décembre 2009, dont le but est d'entériner un accord historique qui prendra le relais du protocole de Kyoto.

Le Canada, plus grand fossile

Le Canada s'est vu décerner le prix Fossile colossal, remis au pays ayant reçu le plus de prix Fossile du jour. Le Canada avait déjà reçu 10 prix Fossile du jour des mains de représentants de Greenpeace et d'autres groupes environnementaux.

Ces « récompenses » soulignent la vraie tragédie qu'est la position du gouvernement Harper à Poznan : un recul indéniable par rapport à des engagements pris pour combattre le réchauffement planétaire.

Deux des positions « fossiles » du Canada se démarquent.

Un prix a été décerné au Canada parce que ses délégués ont affirmé qu'il avait été impossible de réduire les émissions de gaz à effet de serre parce que notre pays est vaste et froid. Le Canada n'est ni plus vaste ni plus froid qu'au moment de signer le protocole de Kyoto.

Les émissions du Canada sont plus élevées de 30 pour cent que l'objectif fixé à Kyoto. Le Canada a refusé de respecter le protocole.

Une autre récompense a été remise au Canada pour avoir plaidé pour un objectif de réduction moins élevé, et ce, parce que le pays doit produire du pétrole et de l'essence pour l'exportation. Aussi bien dire que le pays ne fait rien pour réduire les émissions générées par l'exploitation des sables bitumineux et se moque de tous les efforts pour contrer le réchauffement de la planète.

Des incidents impliquant le gouvernement canadien

Des environnementalistes ont accusé le Canada d'avoir forcé des responsables à retirer une présentation d'étudiants qui pointaient du doigt le pétrole sale extrait des sables bitumineux de l'Alberta.

Le Canada a également annulé à la dernière minute l'exposé d'un scientifique de pointe, spécialiste du climat au gouvernement fédéral. Selon les sources, il a été averti de l'annulation alors qu'il était en chemin vers l'aéroport.

Et maintenant ?

La lutte pour que des actions contre le réchauffement climatique soient entreprises n'est pas terminée. Les acteurs de la conférence de Poznan se sont entendus pour qu'il y ait davantage de rencontres préparatoires aux discussions cruciales sur le climat qui auront lieu à Copenhague.

Les Canadiens veulent voir des gestes concrets. Un sondage commandé récemment par des groupes environnementaux canadiens a démontré que 78 pour cent de la population souhaite que le Canada adopte les objectifs de réduction recommandés par les scientifiques, et que 83 pour cent espère que le Canada entreprendra des actions importantes pour contrer le réchauffement planétaire sans attendre les autres pays.

Nous n'avons plus qu'une année pour convaincre le Canada de jouer un rôle de leader dans la lutte contre le réchauffement planétaire à la conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Copenhague.

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