Un réacteur nucléaire de conception canadienne est trop dangereux pour être construit

Actualité - 21 mars, 2011
Après la catastrophe nucléaire à Fukushima, il est grand temps de s'interroger sur l'avenir du nucléaire au Canada et en particulier à Gentilly. Dans un rapport écrit en 2008, Greenpeace montrait que le réacteur nucléaire canadien CANDU-6, conçu par Énergie atomique du Canada limitée (EACL) dans les années 1970, n’est pas sécuritaire, et il serait trop dangereux d’en construire, en regard des normes de réglementation actuelles.

Risques liés à l'exploitation des centrales nucléaires CANDU 6

Dans le rapport, intitulé « Risques liés à l'exploitation des centrales nucléaires CANDU 6 », on prévient que les pays qui espèrent acheter de nouveaux réacteurs, comme la Roumanie, la Turquie, l'Argentine et la Jordanie, feront face à des examens approfondis de sûreté s'ils souhaitent faire construire un CANDU-6, entre autres en ce qui a trait à la prévention d'un accident nucléaire due à des attaques terroristes ou à des accidents.

En 2006, le gouvernement ontarien a du cesser de construire un nouveau CANDU-6 à cause des modifications nécessaires pour que le CANDU-6 se plie aux exigences règlementaires modernes. Quoi qu'il en soit, la Commission canadienne de sûreté nucléaire permet que des réacteurs CANDU-6 soient reconstruits sans être améliorés pour rencontrer les normes internationales.

Alors que le gouvernement québécois mené par Charest a décidé de prolonger la vie de la centrale Gentilly-2 cet été, Hydro-Québec n'a pas encore procédé aux examens de sûreté requis pour la réfection. Le rapport démontre que les organismes de réglementation fédéraux ont rendu plus souples leurs exigences afin d'accommoder les défauts des CANDU. « Les Québécois devraient se soucier du fait que leur gouvernement dépense des milliards de dollars pour un réacteur jugé trop dangereux pour être construit en Ontario. Gentilly-2 devrait être fermée », a affirmé Stensil.

Le rapport met en lumière de nombreux problèmes du design CANDU-6 :

  • Un défaut qui a contribué à l'explosion de Tchernobyl et qui ne correspond pas aux nouvelles normes de sécurité. Ce même défaut a aussi contribué au premier accident nucléaire du monde, en 1952, au site de Chalk River d'EACL.
  • Le réacteur CANDU-6 ne pourrait pas résister à une attaque terroriste et ne rencontre pas les normes de sécurité post-11-Septembre.
  • Les systèmes d'arrêts d'urgence n'ont pas été testés et leur efficacité n'a pas été démontrée. Le niveau de confiance quant à la capacité de ces systèmes de fonctionner en cas d'accident est faible.
  • L'utilisation d'uranium naturel et le rechargement de combustible en marche rendent le réacteur attirant pour les pays qui espèrent détourner du plutonium, à partir du carburant usé, pour construire des armes nucléaires. L'Inde a utilisé un réacteur canadien pour concevoir une bombe atomique. EACL a mentionné la semaine dernière qu'elle voulait vendre d'autres réacteurs à l'Inde.

Malgré qu'EACL mette l'accent publiquement sur le prototype de réacteur CANDU avancé, le design CANDU-6 reste central à son plan d'affaires. Le gouvernement Harper songe à privatiser EACL.

Le rapport a été rédigé par Gordon Thompson, expert en risque nucléaire et professeur à l'université Clark à Worcester, au Massachusetts. Il a été formé en Australie et aux États-Unis, en science et en ingénierie, et a obtenu son doctorat de l'université Oxford en 1973.