La position de Canon sur la chasse à la baleine mise à rude épreuve par Greenpeace

Canon doit exiger des baleiniers japonais l’abandon de leurs activités de chasse

Actualité - 23 janvier, 2008
Greenpeace est d’accord qu’on puisse capturer des baleines... sur pellicule photo ou support numérique! Or, Greenpeace a appris que le plus grand fabricant d'appareils-photos numériques au monde, Canon, n'est pas disposé à condamner l'utilisation des harpons, et ce, en dépit de campagnes publicitaires et de programmes de subventions très médiatisés par cette entreprise en faveur de laprotection des espèces menacées et de l'environnement en général.

Vous voulez capturer une baleine - utilisez un appareil CANON.
…seulement si Canon est prête à s'opposer à la chasse à la baleine!

Greenpeace a officiellement demandé au P.D.G. de Canon, au Japon, de dénoncer la chasse baleinière japonaise. Mais dans une réponse que Canon a fait parvenir à Greenpeace, ce fleuron de l'industrie japonaise a refusé de prendre position contre le massacre de milliers de baleines situées dans le Sanctuaire baleinier de l'Océan Antarctique.

Partout dans le monde, des photographes professionnels et des amateurs, à l'aide de leurs d'appareils-photos Canon, immortalisent à jamais les baleines lors d'expéditions d'observation. Quel contraste avec les baleiniers japonais qui tirent avec des harpons explosifs sur les cétacés venus se nourrir autour de l'Antarctique. Des milliers de baleines, comprenant les baleinoptères, une espèce en péril, ont été tuées dans le Sanctuaire baleinier de l'Océan Austral depuis l'instauration d'un embargo mondial sur la chasse à la baleine en 1986, sous le fallacieux prétexte de « recherches scientifiques. » Une toute petite minorité de Japonais achète et consomme de la viande de baleine, le reste est transformé en viande pour animaux domestiques ou s'ajoute à la réserve de viande de baleine invendue, laquelle est aujourd'hui d'environ 4 000 tonnes. En fait, il est possible d'étudier les baleines sans les mettre à mort : la chasse menée sous le couvert de prétendues activités « scientifiques » permet à quelques bureaucrates du Japon de maintenir en vie l'industrie de la viande de baleine, pourtant non rentable, aux dépens des contribuables du Japon.

Pourquoi le P.D.G. de Canon Japon, monsieur Fujio Mitarai, ne dénonce-t-il pas la chasse à la baleine? Il s'agit pourtant d'un homme d'affaires, d'un contribuable, du chef de la Fédération japonaise des gens d'affaires, en plus d'être le dirigeant d'une compagnie qui promeut vigoureusement la conservation de la nature. S'il s'opposait publiquement à la chasse à la baleine, ses propos pourraient contribuer à mettre fin à une farce « scientifique » et à des subventions scandaleuses à l'industrie baleinière, en place depuis des décennies. Les baleines prises en photos par des appareils Canon servent bien les intérêts publicitaires de la compagnie. Pourquoi alors Canon ne chercherait-elle pas à faire quelque chose pour sauver les baleines? Un geste de sa part donnerait plus de crédibilité à ses prétentions concernant la protection de ces mammifères.

C'est pourquoi nous demandons à nos membres et à ceux qui nous appuient (et plus particulièrement aux clients de Canon) de le presser de revoir sa position et d'exprimer son opposition à la recherche sur les baleines lorsqu'elle se traduit par la mort de celles-ci. Si le Japon veut mener des recherches, il peut le faire grâce à des appareils-photos et d'autres moyens inoffensifs. Nous cherchons d'ailleurs à montrer l'exemple, en collaboration avec le Fonds international pour la protection des animaux, nous étudions les mouvements migratoires des baleines dans le cadre de notre projet Sur la piste des baleines grâce à diverses méthodes : identification photographique, biopsies épidermiques, repérage par satellite et autres moyens inoffensifs pour les baleines.

Pourquoi Canon?

Dans une large mesure, Canon est parvenue à asseoir sa réputation de défenseur de l'environnement en commanditant diverses causes écologiques, comprenant notamment la préservation d'espèces menacées d'extinction. Canon publie régulièrement dans les pages du magazine National Geographic des publicités où l'entreprise exprime son « respect de l'environnement », en plus d'apporter son soutien à des groupes-conseils du monde entier voués à la conservation grâce à des dons, du matériel et de l'expertise.

Nous croyons que lorsqu'une entreprise retire des bénéfices et améliore son image de marque en se liant à des causes environnementales, elle a la responsabilité morale de prendre publiquement position sur ces enjeux. Nous osons croire que la plupart des membres du personnel dévoué de Canon, la première compagnie au monde parmi celles qui associent leurs noms à la sauvegarde des espèces, partage notre conviction, à savoir que les baleines ne devraient pas se faire tuer sans raison au nom d'activités prétendument « scientifiques ».

Parce que nous voulons conserver notre indépendance, nous n'acceptons pas de dons des grandes entreprises. Greenpeace n'est pas commanditée par Canon, elle ne l'a jamais été et ne le sera jamais. Nous nous servons cependant des appareils-photos de marque Canon : il s'en trouve présentement neuf à bord d'un de nos navires, l'Esperanza. L'un d'entre eux est entre les mains de Leandra, une de nos scientifiques menant à bord des recherches non létales. Tous ces appareils ont été achetés à des fins professionnelles ou personnelles. Nous n'en appelons pas à boycotter les produits Canon : cette société n'est pas directement impliquée dans la chasse à la baleine. Nous mettons cependant Canon au défi de militer en faveur des baleines, de la même façon dont nous cherchons à motiver les gens pour qu'ils construisent un monde meilleur.

Chaque jour, nos membres et sympathisants posent la même question : pourquoi ne pas boycotter?

Greenpeace n'est pas en faveur d'un boycott généralisé des produits japonais. Nous savons que la majorité des citoyens de ce pays n'appuie pas vraiment la chasse à la baleine; nous sommes contre cette chasse, pas contre les Japonais.

Mais nous savons aussi que beaucoup de nos membres croient fermement que nous devrions organiser un tel boycott : ils nous écrivent littéralement tous les jours durant la saison de la chasse, soit pour nous annoncer qu'ils ont mis sur pied leur propre boycott, soit parce qu'ils veulent savoir pourquoi Greenpeace ne fait pas comme eux.

En voici un exemple : nous avons appris il y a quelques mois qu'une citoyenne néo-zélandaise avait écrit à la division Toyota de son pays qu'elle n'avait nullement l'intention de remplacer sa Prius par une neuve parce que Toyota, un fabricant japonais, était implicitement lié au programme de chasse du Japon.

Toyota Nouvelle-Zélande lui a alors écrit ceci : « Soyez assurée que Toyota Nouvelle-Zélande et la compagnie automobile Toyota du Japon n'endossent pas la chasse à la baleine à des fins commerciales, scientifiques ou de recherche. » Bien que Toyota Japon ait pris par la suite ses distances par rapport à cette position, cet exemple montre bien jusqu'à quel point la chasse à la baleine représente un boulet pour les compagnies japonaises oeuvrant en Occident.

Après avoir cherché à savoir quelles autres compagnies japonaises devraient être mobilisées afin de défendre la cause des baleines au Japon, le choix de Canon nous a sautés aux yeux.

Chasse à la baleine : le jeu n'en vaut pas la chandelle

Certains dignitaires japonais affirment déjà en public que la chasse aux cétacés nuit à l'image diplomatique du Japon dans le monde. De nombreux alliés du Japon ont officiellement protesté auprès de ce pays lorsqu'ils apprirent que les autorités japonaises avaient décidé d'ajouter les baleines à bosses à la liste des espèces visées. Le gouvernement japonais est depuis revenu sur sa décision. Le Los Angeles Times a cité un responsable japonais qui, sous le couvert de l'anonymat, a affirmé que « [la chasse] porte un préjudice à la diplomatie japonaise. Bien des gens pensent que le Japon favorise indûment certains intérêts, en accordant trop d'importance à une minorité tapageuse se faisant fort de dicter une politique qui risque de compromettre certaines de nos relations les plus précieuses. »

Le moment est également venu pour le milieu des affaires du Japon de commencer à s'interroger, et nous souhaitons voir M. Mitarai faire preuve de leardership en la matière.

Non seulement M. Mitarai est-il le P.D.G. de Canon Japon, c'est aussi le président de la Fédération japonaise des affaires (Nippon Keidanren). Il s'agit du poste le plus élevé auquel un P.D.G. japonais puisse accéder. En plus d'avoir l'oreille attentive du premier ministre, le titulaire de ce poste a des responsabilités vis-à-vis non seulement sa propre entreprise, mais aussi envers les entreprises japonaises dans leur ensemble, dont il doit favoriser leur harmonieux développement. Étant donné son influence exceptionnelle au sein des chefs de file des sociétés japonaises, il est le mieux placé pour défendre les intérêts des entreprises japonaises à l'étranger, menacées par une chasse nationale qui risque de compromettre la renommée et la rentabilité des marques de ce pays. Là est son devoir.

C'est pourquoi nous demandons à M. Mitarai de prendre publiquement position contre la pratique de la chasse à la baleine telle que pratiquée par le Japon en paraphant le document suivant, dont le but est d'éclaircir la position de Canon :

« Canon s'engage à construire un monde meilleur pour les générations à venir, c'est pourquoi elle s'oppose à la prise d'espèces menacées ou en danger de disparition, la seule capture acceptable pour ces espèces étant celle d'images. Canon croit à la nécessité d'abolir le programme de recherche sur les baleines, en raison de son caractère létal, et de le remplacer par un programme qui ne ferait pas de mal aux baleines. »

Malheureusement, Canon a jusqu'ici refusé d'accéder à notre requête.

Il est grand temps qu'un chef de file influent japonais fasse quelque chose pour les baleines. Fort de sa position de conseiller le plus influent auprès du gouvernement nippon en ce qui concerne le milieu des affaires, M. Mitarai est en mesure de rendre les industriels japonais plus sensibles aux coûts liés au maintien du programme de chasse à la baleine de ce pays, et d'exercer des pressions politiques internes pour faire cesser le massacre.

Les valeurs que Canon véhicule dans sa publicité, il peut veiller à ce qu'elles s'expriment vraiment dans la réalité de tous les jours, instaurant ainsi un nouveau standard en matière de responsabilité sociale pour une entreprise chargée de promouvoir la sauvegarde de la nature. Une société qui se targue de défendre la faune et la flore, les espèces en voie d'extinction et le monde dans son état naturel devrait faire plus que de traduire ces valeurs en des images, des publicités et des commandites : une telle entreprise devrait mobiliser ses ressources pour clamer la nécessité de poser des gestes concrets pour améliorer le sort de notre planète.

Canon affirme sur son site vouloir léguer une planète magnifique aux générations à venir. Nous pensons que la Terre serait beaucoup moins jolie sans les baleines. Si vous êtes de cet avis, écrivez une lettre à M. Mitarai en remplissant ce formulaire : 

Passez à l'action : demandez au président de Canon Japon de défendre les baleines

Canon affirme sur son site vouloir léguer une planète magnifique aux générations à venir. Nous pensons que la Terre serait beaucoup moins jolie sans les baleines. Si vous êtes de cet avis, écrivez une lettre à M. Mitarai.

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