Emplois, faune et flore réduits en cendre dans une centrale électrique à la biomasse à Toronto

Actualité - 8 novembre, 2011
Des militants de Greenpeace se sont rassemblés aujourd’hui près de Queen’s Park pour dénoncer les intentions du gouvernement ontarien de brûler les forêts pour produire de l’énergie. Munis d’un broyeur et d’une fausse centrale électrique, les militants ont démontré comment le secteur de la bioénergie forestière à grande échelle menace les forêts, les emplois et le climat. Les symboles d’animaux sauvages et d’emplois ont été réduits en copeaux et jetés dans la centrale électrique pour en ressortir en fumée.

 

« Les forêts de l’Ontario ont commencé à être coupées et brûlées pour produire de l’énergie. Ces projets ne sont pas propres, verts et carboneutres comme on le prétend », a déclaré Nicolas Mainville, responsable de la campagne Forêt de Greenpeace. « La quantité de bois que l’on prévoit brûler dans les centrales électriques ou transformer en biocarburants croît de façon exponentielle, sans que le public ne soit mis au courant et sans mécanisme de surveillance ni réglementation environnementale.»

La semaine dernière, Greenpeace a publié un rapport scientifique, intitulé « De biomasse à… biomascarade », qui met en lumière les dangers découlant d’une utilisation massive de bois et de l’extraction de la biomasse à grande échelle pour générer de l’électricité et produire des biocarburants. Selon le rapport, la combustion de forêts pour produire de l’énergie accentuera les changements climatiques durant des décennies et réduira de près de 80 pour cent les emplois du secteur forestier, comparativement aux opérations forestières traditionnelles.

« Les arbres de nos forêts sont beaucoup trop précieux pour être broyés et brûlés pour produire de l’énergie », précise Nicolas Mainville. « Tout comme en Ontario, le Québec a ouvert la porte à la même biomascarade et c’est toute la crédibilité de la filière de la biomasse qui est remise en compte. »

Greenpeace craint que la demande croissante d’arbres en lien avec l’engouement pour la bioénergie inflige à nos forêts une pression extrême et que le secteur traditionnel des produits forestiers ait à faire face à une concurrence écrasante, notamment en ce qui a trait aux stocks de bois disponibles, au développement de nouveaux produits et à la création d’emplois.

L’Ontario a ouvert la porte à la récolte de 11 millions de mètres cubes de bois pour des projets directement ou indirectement liés à la production d’énergie – soit l’équivalent de 177 000 hectares de forêt publique (ou 248 000 terrains de soccer) coupés à blanc chaque année. Au Québec, ce sont 16 millions de mètres cubes de biomasse qui sont disponibles à l’extraction dans nos forêts publiques.

L’organisation urge les gouvernements du Québec et de l’Ontario à suspendre l’attribution de forêts publiques pour produire de l’énergie, et ce, jusqu’à la tenue d’audiences publiques, d’études sur les impacts environnementaux et la réalisation d’une comptabilisation complète des émissions de carbone découlant des projets de bioénergie.

Consulter le rapport De biomasse à… biomascarade

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