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La rencontre des Nations-Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Bali en Indonésie du 3 au 14 décembre prochain, sera un moment clé pour l’avenir de cette planète. Malheureusement, le Canada de Stephen Harper va jouer au trouble-fête. En effet, Stephen Harper s’est lancé dans une croisade de désinformation et de sabotage sur Kyoto.
Pourtant, sur le chemin de Bali, on trouve de plus en plus de preuves de l’urgence d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. Deux rapports internationaux récents révèlent ces faits : le rapport du GIEC et celui de l’ONU sur le développement humain.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ) fondé en 1988 à la demande du G7, est un groupe des Nations-unies qui rassemble des centaines d’experts du monde entier provenant des universités, des centres de recherche, des entreprises et des ONG. Les travaux du GIEC lui ont valu le Prix Nobel de la paix cette année avec Al Gore. Le 4e rapport du GIEC a été rendu public le 17 novembre dernier à Valencia en Espagne. Encore plus alarmiste que les rapports précédants, le 4e rapport du GIEC prévoit pour ce siècle : une hausse de la température moyenne mondiale comprise entre 1,8 et 6.4° C une nouvelle réduction de la nappe glaciaire de l’hémisphère une élévation du niveau de la mer comprise entre 9 et 88 cm d’autres changements climatiques tels qu’une fréquence accrue de certains phénomènes météorologiques extrêmes (multiplication des canicules, sécheresses et inondations, fonte accélérée des glaces des pôles) plus de précipitations sous forme de pluie dans les régions nordiques du Canada, alors que le sud des Prairies pourrait manquer d’eau diminution des glaciers et des accumulations de neige dans les montagnes fonte et instabilité du pergélisol dans le Grand Nord multiplication des canicules, sécheresses et inondations, fonte accélérée des glaces des pôles et montée du niveau de la mer - et les nations les plus pauvres seront les plus touchées. dès 2020, entre 75 et 250 millions d’africains souffriront de manque d’eau les habitants des grandes villes asiatiques seront menacés par les inondations des rivières et de la hausse du niveau de la mer nombre d'espèces disparaîtront en Europe, et l'Amérique connaîtra des vagues de chaleur torrides.
Le GIEC conclut que les émissions de GES doivent être stabilisées d’ici 2015 et ensuite réduites.
Faute de quoi, les conséquences pourraient être désastreuses.
Dans son rapport annuel 2007-2008, l’ONU cite la performance déplorable du Canada concernant les émissions de GES, le présentant comme un cas extrême et l’exemple à ne pas suivre. Cette situation est d’autant plus inexcusable que le Canada est un pays riche et occupe la 4e position dans le classement pour le développement humain.
Ce rapport est la meilleure réponse aux excuses pitoyables de Stephen Harper pour justifier l’inertie du Canada sur les émissions de GES qui ont augmenté, rappelons-le, de 27 % depuis 1990, alors qu’elles devraient diminuer de 6 %. Contairement à ce que dit Stephen Harper, les « grands émetteurs » ne sont pas les habitants des pays du sud. Chaque canadien produit en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, comparativement à 3,84 tonnes per capita pour la Chine et 1,2 tonnes per capita pour l’Inde!
Par conséquent, c’est au Canada et aux autres pays les plus riches de réduire leurs émissions de GES afin d’avoir une chance de convaincre le reste du monde d’agir. La réunion de Bali aura un double défi : celui de vraiment mettre en place le protocole de Kyoto et de celui d’amplifier les efforts vers l’après Kyoto.
Stephen Harper ne sera peut-être pas sur le chemin de Bali et risque de rater sa conversion verte, mais cela ne doit pas nous empêcher de continuer à nous battre pour l’avenir de la planète et d’enclencher la [R]évolution énergétique et éviter les fausses solutions comme les biodiesels ou l’éthanol-maïs.