Sur le chemin de Bali : les faits que Stephen Harper s’obstine à ignorer sur les changements climatiques

Actualité - 2 décembre, 2007
Selon la croyance chrétienne, St-Paul aurait été converti sur le chemin de Damas lors de sa rencontre avec le Christ réssucité. À moins d’une convertion miraculeuse sur le chemin de Bali, il est fort probable que le gouvernement de Stephen Harper continuera à ignorer la réalité des changements climatiques. Pire, le gouvernement Harper va continuer à lancer des pierres aux « grands emetteurs » de gaz à effet de serre (GES) que seraient d’après lui les chinois et les indiens, et ceci dans le but évident de détourner l’attention de sa propre dérobade.

Exploitation des sables bitumineux en Alberta

La rencontre des Nations-Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Bali en Indonésie du 3 au 14 décembre prochain, sera un moment clé pour l'avenir de cette planète. Malheureusement, le Canada de Stephen Harper va jouer au trouble-fête. En effet, Stephen Harper s'est lancé dans une croisade de désinformation et de sabotage sur Kyoto.

Pourtant, sur le chemin de Bali, on trouve de plus en plus de preuves de l'urgence d'agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. Deux rapports internationaux récents révèlent ces faits : le rapport du GIEC et celui de l'ONU sur le développement humain.

Le rapport du GIEC : catastrophe climatique appréhendée

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC ) fondé en 1988 à la demande du G7, est un groupe des Nations-unies qui rassemble des centaines d'experts du monde entier provenant des universités, des centres de recherche, des entreprises et des ONG. Les travaux du GIEC lui ont valu le Prix Nobel de la paix cette année avec Al Gore. Le 4e rapport du GIEC a été rendu public le 17 novembre dernier à Valencia en Espagne. Encore plus alarmiste que les rapports précédants, le 4e rapport du GIEC prévoit pour ce siècle : une hausse de la température moyenne mondiale comprise entre 1,8 et 6.4° C une nouvelle réduction de la nappe glaciaire de l'hémisphère une élévation du niveau de la mer comprise entre 9 et 88 cm d'autres changements climatiques tels qu'une fréquence accrue de certains phénomènes météorologiques extrêmes (multiplication des canicules, sécheresses et inondations, fonte accélérée des glaces des pôles) plus de précipitations sous forme de pluie dans les régions nordiques du Canada, alors que le sud des Prairies pourrait manquer d'eau diminution des glaciers et des accumulations de neige dans les montagnes fonte et instabilité du pergélisol dans le Grand Nord multiplication des canicules, sécheresses et inondations, fonte accélérée des glaces des pôles et montée du niveau de la mer - et les nations les plus pauvres seront les plus touchées. dès 2020, entre 75 et 250 millions d'africains souffriront de manque d'eau les habitants des grandes villes asiatiques seront menacés par les inondations des rivières et de la hausse du niveau de la mer nombre d'espèces disparaîtront en Europe, et l'Amérique connaîtra des vagues de chaleur torrides.

Le GIEC conclut que les émissions de GES doivent être stabilisées d'ici 2015 et ensuite réduites.

Faute de quoi, les conséquences pourraient être désastreuses.

Le Rapport mondial sur le développement humain : le Canada pointé du doigt

Dans son rapport annuel 2007-2008, l'ONU cite la performance déplorable du Canada concernant les émissions de GES, le présentant comme un cas extrême et l'exemple à ne pas suivre. Cette situation est d'autant plus inexcusable que le Canada est un pays riche et occupe la 4e position dans le classement pour le développement humain.

Ce rapport est la meilleure réponse aux excuses pitoyables de Stephen Harper pour justifier l'inertie du Canada sur les émissions de GES qui ont augmenté, rappelons-le, de 27 % depuis 1990, alors qu'elles devraient diminuer de 6 %. Contairement à ce que dit Stephen Harper, les « grands émetteurs » ne sont pas les habitants des pays du sud. Chaque canadien produit en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, comparativement à 3,84 tonnes per capita pour la Chine et 1,2 tonnes per capita pour l'Inde!

Sur le chemin de Bali : l'espoir

Par conséquent, c'est au Canada et aux autres pays les plus riches de réduire leurs émissions de GES afin d'avoir une chance de convaincre le reste du monde d'agir. La réunion de Bali aura un double défi : celui de vraiment mettre en place le protocole de Kyoto et de celui d'amplifier les efforts vers l'après Kyoto.

Stephen Harper ne sera peut-être pas sur le chemin de Bali et risque de rater sa conversion verte, mais cela ne doit pas nous empêcher de continuer à nous battre pour l'avenir de la planète et d'enclencher la [R]évolution énergétique et éviter les fausses solutions comme les biodiesels ou l'éthanol-maïs.

À l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire en Alberta, des militants de Greenpeace ont installé des banderoles pour sensibiliser les politiciens et protester contre l’exploitation des sables bitumineux.

Afin de protester contre l'exploitation des sables bitumineux, quatre militants de Greenpeace sont suspendus au pont High Level d'Edmonton à plus de 40 mètres au-dessus de la rivière Saskatchewan nord. Ils ont accroché au pont deux bannières géantes de 7 mètres par 15 mètres qui sont visibles depuis le Parlement de l'Alberta. Les membres du gouvernement et les députés peuvent donc observer sur ces bannières une carte des projets d'exploitation de sables bitumineux ainsi que l'inscription « Stop the Tar Sands ». Ce nouveau coup d'éclat de Greenpeace marque donc l'ouverture de la session parlementaire en Alberta.

« Le gouvernement albertain continue à soutenir la destruction de l'environnement. Il faut que ça cesse », explique Mike Hudema, de Greenpeace. « Si nous n'agissons pas rapidement, l'exploitation des sables bitumineux va complètement dévaster les ressources d'eau potable de la région, détruire le quart du paysage de la province et nous enlever toute chance de combattre les changements climatiques. » Greenpeace demande que l'on impose immédiatement un moratoire sur tout nouveau projet d'exploitation des sables bitumineux, que l'on abandonne progressivement les sites actuels, et que l'on investisse massivement dans le développement des énergies renouvelables.

« L'enjeu est extrêmement important, ajoute Mike Hudema. « Voilà pourquoi nos militants ont accepté de prendre le risque d'être arrêtés et sanctionnés en gravissant ce pont. Il faut alerter les politiciens et faire cesser ce crime contre l'environnement. »

Le coût environnemental de l'exploitation des sables bitumineux est extrêmement élevé. Pour chaque litre de pétrole produit, il faut compter de trois à cinq litres d'eau. Ces eaux usées sont ensuite accumulées dans d'immenses bassins, visibles depuis l'espace. L'eau de ces bassins est si toxique qu'il faut éloigner les oiseaux avec des canons pneumatiques. Pour atteindre le sol et permettre le passage des excavatrices géantes, les industriels détruisent des forêts anciennes qui constituent d'importants habitats pour les animaux sauvages. Si tous les permis d'exploitation demandés étaient accordés, l'exploitation des sables bitumineux couvrirait un territoire aussi vaste que celui de la Floride…

Pour produire du pétrole à partir des sables bitumineux, il faut de deux à cinq fois plus d'énergie que pour tout autre mode de production. Or, les combustibles fossiles utilisés pour obtenir cette énergie émettent d'importantes quantités de gaz à effet de serre (GES), ce qui contribue au réchauffement climatique. En fait, si on réalisait tous les projets qui sont envisagés à l'heure actuelle, on estime que l'exploitation des sables bitumineux produirait 140 millions de tonnes de GES, soit deux fois plus que l'ensemble des émissions annuelles produites au Canada par les automobiles et les camions en circulation.

Comment sauver le climat

Download document

Num. pages: 32