Actualité - 13 février, 2008
Pour souligner le troisième anniversaire de l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, Greenpeace a projeté ce jeudi soir un message géant sur le Parlement canadien. De plus, des militants ont manifesté à la lueur des chandelles pour protester contre la lenteur du Canada à agir dans le dossier des changements climatiques.
"Changements climatiques : leaders recherchés". Quatre mots. Quatre petits mots qui disent tout sur l'urgence d'agir dans la lutte aux changements climatiques et sur le besoin viscéral, au Canada, de véritables leaders en cette matière. Ces quatre mots ont été projetés par Greenpeace sur la Tour de la Paix, à Ottawa, à l'occasion du 3ième anniversaire de l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto. Par cette photo qui a été reprise dans le monde entier, Greenpeace dénonce la lenteur du gouvernement de Stephen Harper dans ce dossier. En effet, le Canada n'a toujours pas pris de mesures concrètes pour atteindre les cibles de réduction de GES telles que stipulées dans le Protocole de Kyoto.
Le texte, projeté sur l'édifice du Centre, couvrait environ 15 mètres par 15 et disait « Changements climatiques : Leaders recherchés ». La projection a débuté vers 19 h et a été interrompue 30 minutes plus tard. Leur message ayant été clairement transmis, les militants ont ensuite accepté de démonter leur matériel et de quitter le site. Les images ont peu de temps après été envoyée aux journaux du monde entier.
« Ce message s'adresse à tous les parlementaires », expliquait Arthur Sandborn, responsable de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace. « Les changements climatiques sont à nos portes et il faut faire preuve de plus de leadership pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Cet anniversaire est un jour triste parce qu'il rappelle qu'au Parlement, on a beaucoup parlé, mais très peu agi dans ce dossier. »
En ratifiant le Protocole de Kyoto en décembre 2002, le Parlement a accepté que le Canada réduise, d'ici 2008 à 2012, ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport à leur niveau de 1990. Le Protocole est entré en vigueur le 16 février 2005. Or, à la fin de 2005, les émissions du Canada étaient 33 % au-dessus de notre cible de Kyoto, ce qui fait du Canada un des pires pays en cette matière.
« Avec les élections fédérales en vue », ajoute Arthur Sandborn, « les politiciens doivent agir sur le front des changements climatiques. Mais les électeurs ont aussi leur part de responsabilité parce que ce sera à eux de choisir les leaders les plus efficaces. »
Greenpeace demande au Canada de respecter ses engagements de Kyoto. Par la suite, le pays doit s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de façon radicale par rapport à leur niveau de 1990, soit d'au moins 25 % d'ici 2020, puis de 80 % d'ici 2050.