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En disant oui sur toute la ligne à Hydro-Québec pour sa centrale Gentilly-2, la CCSN se place selon Greenpeace dans une situation compromettante. « Par cette décision, la CCSN montre qu’elle est moins un chien de garde de la sûreté nucléaire qu’une vulgaire chambre d’enregistrement pour l’industrie », dénonce Shawn Patrick Stensil, responsable de la campagne Climat chez Greenpeace. « Gentilly-2 approche de la fin de sa vie utile et de plus, vieillit prématurément. La CCSN devrait faire des examens plus approfondis à mesure que vieillit le seul réacteur nucléaire du Québec » , affirme Shawn-Patrick Stensil.
2 ans de trop
Gentilly-2 vieillit mal, et d’après Greenpeace, il devient de plus en plus dangereux. Hydro-Québec a elle-même reconnu qu’au-delà de 2010, le réacteur devra être fermé ou reconstruit à grands frais, sinon elle ne pourra pas le faire fonctionner dans des conditions sécuritaires.
Greenpeace a également découvert qu’Hydro-Québec ne dispose d’aucune stratégie qui lui permettrait d’entreposer ses déchets radioactifs non combustibles durant des milliers d’années. En conséquence, Greenpeace a exigé de la CCSN que celle-ci ordonne à Hydro-Québec de présenter un plan de gestion de ses déchets avant qu’Hydro prenne une quelconque décision quant à l’avenir du réacteur. Or, dans la décision qui a été rendue aujourd’hui, la CCSN permet à Hydro-Québec de continuer à opérer sa centrale sans avoir de plan à long terme de gestion de ses déchets nucléaires.
« On a permis à Hydro-Québec de faire fonctionner Gentilly-2 pendant 24 ans sans qu’elle dispose d’une stratégie de gestion des déchets nucléaires, dont la radioactivité va se maintenir durant des milliers d’années », explique Shawn-Patrick Stensil. « Maintenant, avec cette décision, la CCSN continue à le permettre. C’est tout simplement scandaleux! Hydro-Québec doit mettre cartes sur tables et expliquer clairement comment et à quel endroit elle compte entreposer dans des conditions sécuritaires les déchets de Gentilly-2 » , fait valoir Shawn-Patrick Stensil, de Greenpeace.
À Jean Charest de protéger les Québécois.
L’organisme environnemental souligne toutefois qu’au bout du compte, la responsabilité de protéger les Québécois des dangers de l’énergie nucléaire appartient désormais au gouvernement Charest. Greenpeace demande que le gouvernement donne suite aux recommandations du BAPE de 2005 sur Gentilly-2. Le BAPE avait affirmé que l’avenir de l’énergie nucléaire dépendait d’un « choix de société ». On pouvait aussi lire que « le gouvernement du Québec et Hydro-Québec devraient faire connaître les critères et les mécanismes sur lesquels ils s’appuient pour prendre une décision quant à la réfection éventuelle de la centrale Gentilly-2 ».
Depuis, le gouvernement Charest a fait la sourde oreille au rapport du BAPE. Dans l’intervalle, plutôt que d’investir dans des énergies vertes, Hydro-Québec a dépensé au moins 60 millions de dollars en études diverses pour savoir s’il valait la peine de reconstruire la centrale vieillissante à un coût variant de 1,2 à 2,3 milliards. Soulignons que le conseil d’administration de la société d’État a la ferme intention de prendre une décision en 2008 concernant l’avenir de Gentilly-2.
« Le Québec n’a aucunement besoin de courir le risque du nucléaire », lance Shawn-Patrick Stensil, de la campagne Climat et énergie de Greenpeace. C’est pourquoi Greenpeace en appelle au premier ministre Jean Charest pour qu’il ordonne à Hydro-Québec d’abandonner l’idée de prolonger la vie de Gentilly-2. « La société doit considérer l’arrêt définitif du réacteur comme une occasion d’investir dans des formes d’énergies moins polluantes et plus sécuritaires » affirme Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne Énergie à Greenpeace. D’autant plus que la production de Gentilly-2 représente moins de 3 % de l’énergie électrique produite au Québec.
Renseignements :
Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne Énergie – Greenpeace : 416-884-7053
Jocelyn Desjardins, Communications – Greenpeace : 514-212-5749