Journée mondiale des océans :

Déclaration de Greenpeace sur les baleines et le traitement injuste des militants

Actualité - 8 juin, 2010
En cette Journée mondiale des océans, Greenpeace s’est mobilisée un peu partout à travers le monde, notamment à Hong Kong, à New Delhi, à Montréal et à Vancouver, pour attirer l’attention sur le sort des baleines de la planète et réclamer une justice pour ceux qui les défendent.

Toru et Junichi, les « Deux de Tokyo »

Au Japon, deux activistes, communément appelés les « Deux de Tokyo », risquent une peine d’emprisonnement de 18 mois pour avoir dévoilé la corruption à grande échelle et le détournement de fonds dans le programme de recherche sur la chasse à la baleine dans leur pays. Si cette sentence était adoptée, il s’agirait de la plus longue condamnation attribuée à des militants de Greenpeace dans l’histoire de l’organisation.

À Montréal, une cinquantaine de militants de Greenpeace se sont réunis à la Place du Canada et ont déployé une bannière géante sur laquelle on pouvait lire : « Défendre les baleines : un crime? » Des photos de Junichi Sato et Toru Suzuki, les « Deux de Tokyo », ont été affichées et le public était invité à signer une bannière qui sera envoyée au Japon en guise de soutien.

Beth Hunter, coordonnatrice de la campagne Océans chez Greenpeace, a retracé l’histoire de la campagne « Sauvons les baleines ». Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec, a lu la lettre de l’un des deux militants japonais et a souligné l’importance du droit de militer contre les crimes environnementaux dans une société libre et démocratique.

Dans le cadre d’une manifestation à Vancouver, Barbara Stowe, fille du cofondateur de Greenpeace Irving Stowe, et le fondateur Rex Weyler, se sont joints à la militante et responsable de la campagne Océans Sarah King et à des partisans de Greenpeace.


Voici la déclaration de Greenpeace sur la condamnation des « Deux de Tokyo » :

« Les baleines du monde sont menacées. Les océans sont surexploités et pas assez réglementés. Les baleines ont peu de refuges sécuritaires.

Les pratiques destructrices de pêche demeurent la plus grande cause de mortalité des baleines dans le monde. Les collisions avec les navires, la pollution et la diminution de nourriture sont aussi des menaces pour les baleines.

Même le Sanctuaire des baleines des océans Australe n’est pas protégé. Le sanctuaire a été créé pour protéger 80 pour cent des baleines du monde après des années de chasse commerciale eurent décimé les populations.

Le gouvernement japonais est le plus grand responsable des menaces qui pèsent sur les baleines. Le Japon exploite actuellement une faille dans la convention internationale sur la chasse à la baleine pour faire ce qu’il appelle de la ‘’recherche scientifique’’ mais qui, en réalité, n’est que de la pêche commerciale déguisée. Chaque année, les chasseurs de baleines japonais prennent des centaines de petits rorquals et de rorquals communs en voie de disparition. L’Islande et la Norvège continuent également de pratiquer la chasse à la baleine commerciale, malgré une interdiction mondiale qui est entrée en vigueur voilà plus de 20 ans.

Greenpeace se bat depuis des années pour mettre fin à la chasse à la baleine dans l’océan Austral. Les activistes de Greenpeace, Junichi Sato et Toru Suzuki, ont également dévoilé la corruption à grande échelle et le détournement de fonds dans le faux programme de recherche sur la chasse à la baleine financé par les contribuables. Greenpeace a dévoilé le scandale de détournement de fonds et a demandé une enquête sur les pratiques frauduleuses de la fausse recherche sur la chasse à la baleine du Japon.

Junichi et Toru, connus sous le nom des « Deux de Tokyo», ont découvert que les baleiniers japonais vendaient, contrairement à la règle, des morceaux de choix de viande de baleine, à des fins personnelles. Greenpeace a demandé une enquête approfondie sur cette corruption. Le Japon, plutôt que de faire le procès de la pêche à la baleine, a arrêté les « Deux de Tokyo», les a gardés en prison pendant 23 jours sans chef d’accusation, puis leur a fait subir un procès.

Actuellement, en cette Journée mondiale des océans, ils attendent leur verdict sous la menace bien réelle d’une peine d’emprisonnement. Ce châtiment assez sévère a des motivations politiques et révèle une tendance inquiétante à laquelle font face les activistes partout dans le monde lorsqu’ils s’élèvent contre les injustices qui menacent l’environnement planétaire.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a statué que le Japon avait violé les droits de la personne par cette poursuite judiciaire contre Junichi et Toru. »

Joignez-vous à Greenpeace dans la défense contre le traitement injuste des activistes et appuyez les « Deux de Tokyo » en envoyant une lettre au ministre des Affaires étrangères du Japon.