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Les progrès réalisés depuis les deux dernières semaines laissent espérer des jours meilleurs pour les orques de la Colombie-Britannique. Au moment où deux bébés orques ont été repérés cette semaine au large de l’île de Vancouver, le gouvernement fédéral a décidé d’appliquer un décret afin d’accorder une protection juridique de l’habitat du mammifère marin. Une très bonne nouvelle pour la survie de l’espèce qui nous laisse espérer que nos bélugas du Québec subissent le même traitement.
Ce revirement spectaculaire intervient quelques mois après qu’Ecojustice eut déposé, au nom de Greenpeace et de huit autres groupes environnementaux canadiens, une poursuite devant les tribunaux en justice contre le ministre des Pêches et des Océans du Canada (MPO). Pour la première, le Canada est cohérent avec la Loi sur les espèces en péril du Canada.
Indéniablement, le décret constitue un pas de géant vers la protection des épaulards, mais il est indispensable que de la parole suivent les actes, et rapidement. Concrètement, il s’agira de considérer l’écosystème dans sa globalité; notamment en adaptant les pêches de saumons selon les besoins alimentaires des orques, en empêchant les pétroliers de naviguer au sein de zones clés de l’habitat du mammifère et en évitant sa pollution. Les essais sismiques, l’usage du sonar à des fins militaires, le dragage et les autres types d’activités humaines nuisibles pour l’animal et son environnement sont à proscrire.
Petite ombre au tableau, le décret ne fait pas mention des menaces spécifiques qui pèsent sur l’habitat du cétacé et des mesures appliquées contre la contamination des produits toxiques, la pollution acoustique et le déclin des stocks de saumon. Des experts du milieu avaient pourtant largement documenté le phénomène. Lire l’étude.
Au Québec, cette bonne nouvelle ouvre le pas vers une meilleure protection de l’habitat des bélugas, le fleuve Saint-Laurent. Comme pour les épaulards de la côte ouest, les bélugas du Québec sont exposés à des stress anthropiques croissants : bruits sous-marins, rétrécissement de leur habitat et pollution. Il est urgent d’agir puisque ces désagréments mettent en péril le maintien des populations.
Dans son recours, Ecojustice accuse le MPO d’avoir manqué à ses obligations en s’abstenant de publier un décret afin de protéger l’habitat essentiel des orques pourtant menacées. Le MPO prétendait alors que les lois et les directives en vigueur permettaient de protéger adéquatement les épaulards des menaces présentes et à venir. En réalité, les lois n’étaient pas appliquées et les directives irréalisables. Depuis, le MPO n’adopta plus de stratégies pourtant nécessaires à la protection de l’espèce. Plus largement, Greenpeace demande que le MPO reconnaisse l’importance d’accorder une pleine protection juridique à toutes les espèces marines en péril.