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Groupe d'épaulards dans les eaux du Groënland

Groupe d'épaulards dans les eaux du Groënland

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Vancouver, Canada — C’est l’impasse : le gouvernement fédéral et celui de la C.-B. ne s’entendent pas sur l’opportunité de fouiller une épave afin de pouvoir mener une enquête sur un nauvrage survenu dans la réserve écologique de Robson Bight.

Pendant que le ministre provincial de l’Environnement déclarait qu’une inspection sous-marine des lieux s’imposait et que la surveillance des espèces vivant dans la zone devait être maintenue, la Garde côtière canadienne refusait de s’engager à évaluer l’état du camion-citerne et de l’équipement d’exploitation forestière, malgré l’existence de rapports mentionnant que le combustible de l’épave continuait de remonter peu à peu vers la surface. C’est pourquoi nous nous apprêtons à vérifier sur place, au fond de la mer, dans quel état l’épave se trouve.

Greenpeace, la Living Oceans Society et les groupes d’observation et d’étude des baleines pressent le gouvernement de s’engager à mener l’enquête sous-marine; ces organismes ont affirmé qu’il incombait au gouvernement de faire en sorte que la population d’épaulards résidente du nord et les autres espèces marines de la zone ne risquent pas d’être encore plus exposés à la contamination. Toutefois, comme les autorités fédérales ont refusé de faire évaluer les dégâts en envoyant des enquêteurs sous l’eau, nous considérons qu’il est de notre devoir de procéder, en coopération avec nos partenaires, à une évaluation de l’épave d’ici la fin du mois.

Grâce à la générosité de nos membres et de ceux des organismes partenaires, nous sommes parvenus à amasser les 35 000$ nécessaires à la location de l’équipement devant servir à repérer et photographier l’épave. Nous en sommes présentement à régler les derniers détails. Nous vous tiendrons au courant des derniers développements au fur et à mesure.

Durant la soirée du lundi 20 août une barge transportant de l’équipement d’exploitation du bois, un camion-citerne d’une capacité approximative de 10 000 litres contenant du diesel, et treize barils de pétrole s’est renversée, répandant sa cargaison dans les limites de la Réserve écologique Robson Bight (Michael Bigg) située dans le détroit de Johnstone, au nord-est de l’île de Vancouver. Le naufrage est survenu non loin d’une aire de conservation appelée Boat Bay dont les autorités ont récemment annoncé la création dans la forêt pluviale du Grand Ours; nous avions d’ailleurs déployé beaucoup d’efforts pour obtenir la réalisation de cette zone de protection.

Jusqu’ici, personne ne sait encore exactement quelle quantité de combustible est parvenue à s’échapper du camion-citerne, lequel est peut-être devenu une bombe à retardement au beau milieu d’une région écologiquement fragile. Nous sommes particulièrement inquiets pour la population d’épaulards qui réside à Robson Bight (il s’agit d’une des plus importantes populations résidentes d’orques ou épaulards au monde). Ces animaux, qui visitent l’endroit chaque année en quête de nourriture, en profitent aussi pour se frotter le ventre sur les cailloux sans aspérités tapissant les fonds marins de Robson Bight. Depuis l’accident, des observateurs ont aperçu plusieurs familles d’épaulards en train de se déplacer au travers des nappes d’hydrocarbures. Cette situation suscite de grandes inquiétudes quant aux conséquences éventuelles du déversement sur la santé de ces mammifères marins. Pour cette raison, les biologistes maintiennent leur surveillance attentive des épaulards. Nous savons que les conséquences désastreuses d’un déversement pétrolier peuvent tarder à se manifester : ce n’est qu’un an après la catastrophe de l’Exxon Valdez en 1989 que les cétacés commencèrent à en mourir.