Actualité - 15 octobre, 2009
Le 15 octobre, les États-Unis se sont prononcés pour l’interdiction du commerce international du thon rouge. Une telle annonce signifie que l’Oncle Sam soutient la proposition de la Principauté de Monaco de classer cette espèce à l’annexe I de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction. L’administration américaine prend ainsi l’initiative sur le sujet, alors que le Canada fait toujours figure de voyou et que la France a récemment fait volte-face sur le dossier.
La France fait marche arrrière
En juillet, Nicolas Sarkozy s'était dit favorable à cette interdiction du commerce du thon rouge. Mais le mois dernier, la France a fait marche arrière et a sabordé la dynamique européenne en faveur du classement du thon rouge à la CITES. Sans un soutien des États membres de l'Union européenne, la perspective d'une interdiction du commerce international du thon rouge s'éloigne.
L'Oncle Sam s'implique
Aujourd'hui, fort heureusement, les États-Unis relancent la dynamique.Non seulement l'administration américaine se prononce pour cette interdiction mais en plus, elle se dit favorable à l'adoption de mesures fortes pour la protection du thon rouge lors de la prochaine réunion de l'ICCAT (la commission internationale chargée de gérer la pêche au thon rouge) dans trois semaines. Les États-Unis proposent ainsi de respecter les quotas de pêche recommandés par les scientifiques et de fermer la pêche pendant la période de reproduction du thon rouge. Cette implication des États-Unis au niveau de l'ICCAT est une seconde bonne nouvelle, tant l'ICCAT s'est révélée jusqu'à présent incapable de préserver le stock de thon rouge de Méditerranée, privilégiant les intérêts à court terme de l'industrie.
Le Canada, toujours voyou
De son côté, le gouvernement canadien fait toujours figure de voyou en la matière. Soucieux de protéger les quotas de pêche, le gouvernement a refusé de soutenir la proposition de Monaco en ce qui a trait à l'interdiction du commerce international du thon rouge. Une position qui s'explique par la présence du thon rouge dans l'Atlantique près des côtes canadiennes. Concernant les stocks de la Méditerranée, le Canada se montre plus prompt à agir. Il y a fort à parier que le pays soutiendra la réduction de quotas lors de la prochaine rencontre de l'ICCAT.
Plonger en eaux plus profondes
Mais ces mesures ne sont pas suffisantes pour écarter les risques de disparition qui pèsent sur le thon rouge. Il nous faut plonger en eaux plus profondes ! Comment ? Primo : stopper la pêche du thon rouge pendant deux ans afin de laisser le temps aux stocks de se rétablir. Secundo : réduire la capacité de pêche des bateaux industriels. Ces embarcations sont tout simplement trop efficaces et nombreuses. Elles ne laissent aucune chance aux poissons. Tertio : créer des réserves marines en Méditerranée et dans le Golfe du Mexique, là où se reproduisent les thons rouges. Ce n'est qu'à ce moment que nous aurons en main un véritable plan de sauvetage. Un jour ou l'autre, il nous faudra bien plonger.