Greenpeace ferme les portes d’Hydro-Québec pour la fermeture de Gentilly-2

Actualité - 13 avril, 2011
À 6h45 ce matin, des activistes de Greenpeace ont fermé le siège social d’Hydro-Québec sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal. Par cette action, Greenpeace demande à Hydro-Québec de fermer sa seule centrale nucléaire, Gentilly-2, plutôt que d’entamer sa reconstruction aux coûts de deux milliards de dollars.

Signez la pétition de l'Assemblée nationale : http://bit.ly/dZhmRm

Cette action de Greenpeace a lieu alors que demain, à Bécancour, Hydro-Québec sollicitera le renouvellement du permis d’opération pour la centrale Gentilly-2 auprès de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). Devant les bureaux de la société d’État, les activistes ont installé une douzaine de barils jaunes radioactifs et deux immenses bannières ont été accrochées sur lesquelles ont pouvait lire : « Hydro-Québec : Fermez Gentilly-2 ! » et « M. Charest : Misez sur les énergies propres ! ».

« Greenpeace ferme les portes du siège social d’Hydro-Québec parce que c’est ce que doit faire la société d’État avec Gentilly-2. Les Québécois ne devraient pas être forcés de vivre avec les risques du nucléaire alors que les solutions existent », a affirmé Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec. « Le Québec a besoin d’énergies propres, pas du nucléaire. C’est au président d’Hydro-Québec, M. Thierry Vandal, de recommander une seule option au premier ministre Jean Charest : sortir le Québec du nucléaire. »

L’accident nucléaire en cours à Fukushima au Japon nous rappelle les dangers entourant l’utilisation de l’énergie nucléaire 25 ans après le désastre de Tchernobyl en Ukraine. Greenpeace questionne l’intérêt pour la société québécoise de dépenser deux milliards de dollars pour la réfection de la centrale alors que le Québec prévoit un surplus d’énergie. Le Québec n’a pas besoin de Gentilly-2.

« Il est facile d’éliminer les risques d’accidents nucléaires comme ceux de Fukushima au Québec : il suffit de fermer Gentilly-2 et de remplacer la centrale par des énergies propres et durables », a ajouté Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne nucléaire pour Greenpeace, en visite à Tchernobyl la semaine dernière. « L'industrie nucléaire canadienne elle-même croit qu'un accident nucléaire est une possibilité réelle au pays et nous devrions planifier dès maintenant la fermeture de Gentilly-2. »

Demain, Greenpeace demandera que la CCSN force Hydro-Québec à préparer la fermeture permanente de la centrale. Shawn-Patrick Stensil, expert de la question nucléaire de Greenpeace, fera part de ses recommandations aux commissaires. Le mois dernier, M. Stensil a demandé au comité cojoint examinant la construction du nouveau réacteur de Darlington, en Ontario, de rejeter le projet compte tenu des risques qu’il représente pour l’environnment et pour la populaiton québécoise en cas d’accident nucléaire.

Rappelons que Gentilly-2 arrive à la fin de sa vie et doit être fermée d’ici 2013. Alors que la réfection de la centrale est estimée à deux milliards de dollars, Greenpeace constate que la société d’État n’a jamais fourni de preuves quant à la rentabilité de la réfection de Gentilly-2 en comparaison aux alternatives sécuritaires.

« Gentilly-2 n’est ni sécuritaire, ni rentable et sa fin de vie est une occasion unique pour le Québec de faire un choix de société orienté vers l’avenir, vers les énergies vertes », conclut Éric Darier. « En sortant du nucléaire, le Québec pourrait allouer les milliards de dollars prévus pour la réfection de Gentilly-2 au développement des énergies renouvelables et aux économies d’énergie qui créeraient plus d’emplois tout en évitant les risques du nucléaire. Il faut qu’Hydro-Québec le dise haut et fort au premier ministre Jean Charest ».

Greenpeace invite la population de signer la pétition sur le site de l’Assemblée nationale qui exige la fermeture de Gentilly-2 à l’adresse : http://bit.ly/dZhmRm.

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