Forêt boréale : la conservation avant tout

Le Québec suivra-t-il l’Ontario?

Actualité - 10 août, 2008
Greenpeace applaudit l’engagement du gouvernement de l’Ontario de protéger au moins 225 000 km² (22,5 millions d’hectares) de la forêt boréale intacte dans le Grand Nord de la Province, soit près de 21,5 % du territoire ontarien.

Vue aérienne de la forêt boréale ontarienne.

Cette promesse faite par le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, constitue le plus important engagement en matière de conservation de toute l'histoire canadienne. Le projet vise à établir, d'ici quelques années, un réseau de zones de conservation interconnectées d'un bout à l'autre du Grand Nord ontarien, au nord du 51e parallèle.  Les aires protégées totaliseraient alors une superficie plus grande que les régions de l'Abitibi, du Lac-St-Jean-Saguenay et de la Gaspésie réunies.

Autre bonne nouvelle, le gouvernement ontarien s'est engagé à observer un moratoire sur tout nouvel aménagement du territoire dans le Grand Nord et de créer un processus d'affectation du territoire.   Ce processus pourrait s'étaler sur dix à quinze ans et vise le secteur des mines, de la foresterie et les autres projets d'aménagement et de développement.

Consentement des Premières Nations

En outre, l'Ontario pose un geste important en recherchant le consentement des Premières nations avant de donner le feu vert à tout projet industriel; la province a aussi promis de veiller à ce que les autochtones obtiennent leur part des avantages liés à l'exploitation des ressources.  Une avancée très importante, cette exigence va favoriser la pleine participation des Premières nations à la mise en valeur des ressources de leurs territoires traditionnels.  

Par ailleurs, le gouvernement de l'Ontario s'est engagé à revoir la Loi sur les mines présentement beaucoup trop favorable aux compagnies minières. Cette loi leur accorde le droit d'entrer sur pratiquement toutes les terres, qu'elles soient privées, publiques ou la propriété des Premières Nations, et d'y exercer leurs activités.

Cette annonce est certes une victoire pour Greenpeace et plusieurs autres groupes écologistes. Elle vient aussi récompenser les campagnes courageuses menées par les Premières nations dans la région.

Le travail de Greenpeace n'est pas terminé pour autant. Il faudra demeurer vigilant pour veiller à ce que le gouvernement respecte entièrement sa promesse de protéger efficacement la forêt du Nord. Beaucoup d'efforts devront aussi être déployés afin d'assurer la protection des forêts du sud.  Greenpeace demeure fort préoccupée par la dégradation des forêts encore intactes dans la partie méridionale de l'Ontario, où les coupes forestières se poursuivent, et notamment les coupes à blanc.

Le Québec suivra-t-il l'exemple?

Le Québec, qui s'apprête à changer en profondeur son régime forestier, devrait prendre en exemple la promesse du gouvernement de l'Ontario de mettre en œuvre le principe de conservation avant tout, et ce, non seulement dans la forêt nordique, mais également dans la portion commerciale de la forêt boréale.  Ce serait un acte de précaution, qui refléterait bien la volonté de la population, face aux défis environnementaux, sociaux et économiques qui se dressent devant eux.

Tant au Québec qu'en Ontario, l'exploitation forestière et la construction de routes continuent de soumettre les forêts du sud à des menaces graves et urgentes. Les forestières telles AbitibiBowater et Kruger persistent à pratiquer la coupe à blanc dans partie la méridionale de la forêt boréale, alors que d'autres compagnies, dont Kimberly-Clark, s'entêtent à s'approvisionner en fibre végétale auprès de ces forestières afin de fabriquer du papier hygiénique, des papiers mouchoir, des journaux, des magazines, des livres et du bois de construction destinés aux marchés canadiens et internationaux.

Le rapport de Greenpeace, intitulé Une Forêt chauffée à blanc, illustre avec éloquence l'impérieuse nécessité de préserver de vastes étendues de forêt boréale intacte, tant au nord qu'au sud.  On pourra ainsi atténuer les impacts des changements climatiques et sauvegarder certaines espèces sauvages, dont le caribou forestier.

Vous pouvez agir en envoyant un courriel à Jean Charest, ou aux dirigeants d'AbitibiBowater et de Kruger.

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