Forêt boréale

Nouveaux calculs, même histoire

Actualité - 7 décembre, 2006
Il est malheureusement impossible pour Greenpeace de se réjouir des nouveaux calculs de possibilité forestière qui ont été rendus publics par le premier forestier en chef du Québec, M. Pierre Levac. En effet, si ces calculs montrent dans certaines régions des baisses de possibilité, il n’en demeure pas moins que les aires protégées sont les grandes négligées de cette arithmétique forestière.

La forêt boréale québécoise supportera-t-elle encore longtemps le traitement que nous lui faisons subir? Nos gouvernements sont-t-ils encore trop ambitieux dans leurs nouveaux calculs de disponibilité de la ressource?

En 2004, le rapport de la Commission Coulombe a fait état de la surexploitation des forêts, et des failles concernant l'estimé des volumes de bois pouvant être récolté des forêts du Québec.  Principalement, le rapport a déploré ce que le film l'erreur boréale, de Richard Desjardins, avait mis en lumière.  On coupe trop de bois.

Par ailleurs, le rapport du vérificateur général du Québec de 2002 concluait que la forêt risquait de ne pas être gérée dans une perspective d'aménagement durable.  Les principales lacunes soulevées par celui-ci s'adressaient à l'inventaire forestier, aux outils de calcul de possibilité forestière et de la perception des droits de coupe.

Le calcul de possibilité

Pour déterminer combien d'arbres peuvent être prélevés de nos forêts par les compagnies forestières, le gouvernement utilise une méthode de calcul pour prédire la régénération des forêts.  Basé sur les données des inventaires forestiers que les entreprises fournissent elles-mêmes, le gouvernement allouait des quantités de bois aux usines.

Le rapport Coulombe a donc questionné la crédibilité des calculs.  Les faibles précisions des données d'inventaires, les multiples hypothèses de croissance et les limites des systèmes de calculs sont en cause.  La Commission a émis plusieurs recommandations pour redonner aux Québécois l'assurance que les mécanismes mis en place ne permettront plus la surexploitation des forêts.   

À la suite de ce rapport, le gouvernement a annoncé, en 2005,  une baisse de 20% de la possibilité forestière, dans l'ensemble des régions du Québec, pour entamer la rectification de la surexploitation.  Pour mettre fin au manque de transparence dans l'élaboration des calculs, un poste de Forestier en chef a aussi été créé.  Son mandat est de superviser les opérations relatives aux calculs des possibilités annuelles de coupe à rendement soutenu de chaque unité d'aménagement forestier et de chaque réserve forestière.  Le forestier en chef a aussi le mandat de donner des avis au ministre des Ressources naturelles et de la Faune sur les questions pertinentes à la foresterie.

Les calculs sont refaits tous les cinq ans.  Or, Greenpeace déplore le fait que les aires protégées futures soient exclues des calculs.

Lire le communiqué

En savoir plus

Thèmes