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L’étude sur laquelle s’appuie le journaliste, et qui a été le sujet d’un article dans la revue Science, attribue une mention « bien» aux pays recevant une note de 7 ou plus. Le total des pays ayant reçu cette note? Un grand zéro puisque même les pays en haut de la liste échouent à adopter certaines des mesures les plus essentielles pour une bonne gestion des pêcheries. Bref, le Canada n’a pas à se péter les bretelles parce que les autres sont pires!
Une des mesures pour laquelle le Canada échoue dans l’analyse présentée est celle des réserves marines, ces zones interdites à la pêche qui sont de plus en plus considérées comme essentielles pour le rétablissement des écosystèmes marins. Le Canada protège actuellement moins de 1% de ses eaux territoriales et, si rien de change, échouera lamentablement quant à sa promesse de créer un réseau représentatif d’aires marines protégées d’ici 2012. Dans l’étude menée par Tony Pitcher de l’université de Colombie-Britannique, le Canada arrive en milieu de peloton sur cette question, derrière l’Indonésie et Taiwan qui possèdent pourtant des moyens moins importants que le Canada.
Rappelons également que le rapport annuel du bureau de la vérificatrice générale du Canada, publié l’année dernière, a sévèrement critiqué le gouvernement fédéral pour son échec dans la mise en œuvre de la législation de la protection des espèces. Le Canada est bon pour revendiquer les politiques à suivre, par exemple à la FAO, l’organisation l’alimentation et l’agriculture de l’ONU, au sein duquel le Canada à joué un rôle de pionnier dans la création du code de conduite pour une pêche responsable au niveau international. Par contre, lorsque vient le temps de mettre en pratique ces bonnes paroles, le Canada n’est pas un modèle à suivre. En guise d’exemple, le refus de Pêches et Océans Canada de protéger l’habitat des orques de la Colombie-Britannique, a incité cinq groupes environnementaux, incluant Greenpeace, à poursuivre le gouvernement fédéral devant les tribunaux.
Il est clair que le Canada jouit d’une longueur d’avance sur plusieurs autres pays, dont les pays plus pauvres, lorsqu’il s’agit d’enjeux comme la lutte contre la pêche illégale. Il est aussi encourageant d’observer l’introduction du concept de la gestion par écosystème dans les discours de Pêches et Océans Canada. Mais rappelons que le Canada n’a pas su prévenir à temps l’écroulement, pourtant annoncé, du plus grand stock de poisson jamais vu dans l’histoire : celui de la morue. Dans un tel contexte, le gouvernement a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir, en toute honnêteté, se dire détenteur d’une bonne note dans le domaine des pêches. Espérons que le gouvernement s’adonnera intensivement à un rattrapage, la survie de nos océans en dépend.