Des activistes accueillent le président Obama avec de grandes bannières suspendues sur le pont Alexandra à Ottawa.
Un coup d'éclat
Dix militants de Greenpeace, incluant 4 grimpeurs qui ont escaladé le pont Alexandra, à l'arrière du Parlement, ont déployé des bannières avec un message d'encouragement au président Obama pour qu'il fasse preuve de leadership dans la lutte aux changements climatiques et rejette le pétrole sale des sables bitumineux. Pour l'instant,les bannières et les militants sont toujours en place.
Mettre les changements climatiques à l'ordre du jour
Greenpeace a posé ce geste d'éclat à Ottawa dans le but de mettre les questions climatiques et énergétiques en tête de liste des discussions lors de la visite du président. Greenpeace espère que M. Obama fera comprendre au premier ministre Harper que le pétrole le plus sale de la planète n'a pas sa place dans le plan américain de développement d'une économie verte.
Halte aux sables bitumineux
Greenpeace poursuit sa campagne pour mettre fin à l'exploitation extrêmement polluante des sables bitumineux d'Alberta. Greenpeace encourage M. Obama à devenir le premier président « vert » et à faire preuve de leadership dans le dossier des changements climatiques en cessant d'acheter du pétrole sale extrait des sables bitumineux.
Pendant la campagne électorale de 2008, le sénateur Obama avait déclaré que le pétrole est « un combustible fossile du 19e siècle, polluant, en perte de vitesse et dangereusement dispendieux ». Greenpeace demande au président d'appuyer l'adoption de normes qui donneront priorité aux combustibles à bilan carbonique peu élevé, ce qui bloquerait l'importation du pétrole sale des sables bitumineux. Le Canada est actuellement le principal fournisseur de pétrole des États-Unis, et une bonne partie de ce pétrole provient des sables bitumineux de l'Alberta.
Pas d'exception pour le pétrole sale
On s'attend à ce que le premier ministre Harper présente le pétrole des sables bitumineux comme une source d'approvisionnement stable et fiable pour les États-Unis et qu'il demande au président que cette industrie soit dispensée de toute éventuelle mesure pour lutter contre les changements climatiques.
Si nos deux pays décident de mettre sur pied des programmes conjoints - comme un système de plafonnement et d'échange de droits d'émissions de gaz à effet de serre - il doit être absolument hors de question d'exempter les émissions provenant des sables bitumineux.
Des cibles plus ambitieuses
Des deux côtés de la frontière, les cibles de réduction des gaz à effet de serre sont beaucoup trop timides pour contrer les conséquences catastrophiques des changements climatiques.
Il faut convaincre messieurs Obama et Harper d'adopter des cibles de réduction des émissions d'au moins 25 % par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020. C'est ce que maintient Greenpeace dans le cadre de ses campagnes KYOTOplus et Halte aux sables bitumineux, et c'est ce que nous avons voulu rappeler avec cet événement à Ottawa. De pareilles réductions seraient conformes aux recommandations des experts scientifiques internationaux et aux cibles visées par l'Union européenne.
La rencontre historique de Copenhague
En décembre prochain, les pays se réuniront dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague. Il s'agit là d'une réunion historique puisque les pays seront appelés à adopter une nouvelle entente mondiale visant à prolonger et à renforcer le protocole de Kyoto.
Pour le Canada et pour les États-Unis, c'est maintenant le moment d'adopter des cibles de réduction plus strictes et de jouer un rôle de chef de file à Copenhague.
Le gouvernement Harper doit prendre un virage particulièrement important. En effet, le Canada a été pointé du doigt encore une fois à la dernière rencontre climatique de l'ONU à Poznan, en Pologne, pour avoir systématiquement fait obstruction aux mesures les plus progressistes pour protéger le climat.
Greenpeace appuie le plan de 50 milliards $ du président Obama pour stimuler l'implantation des énergies vertes. Mais nous tenons à rappeler qu'il n'y a aucune place pour les sables bitumineux dans une économie verte. Si les États-Unis cessent d'importer du pétrole des sables bitumineux, le gouvernement Harper sera forcé de prendre au sérieux le développement des énergies renouvelables au Canada. Un tel changement de cap aura des conséquences positives sur l'environnement, l'emploi et la santé économique du pays.
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