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« La famille Desmarais, la 7e fortune en importance au Canada, a donné 165 000$ au PLQ depuis 2000 », selon Jocelyn Desjardins, de Greenpeace. « Tous les membres de la famille, du patriarche aux petits-enfants, ont fait des contributions personnelles aux libéraux. Même le petit-fils de l’ex-premier ministre libéral du Canada, Jean Chrétien, a donné 9 000 $ aux libéraux en 3 ans. En ajoutant les membres des conseils d’administration de Power Corporation, la somme gonfle à 285 000$ ».
Selon Greenpeace, l’adoption par Québec du projet Rabaska a suivi de seulement neuf jours la fusion entre Gaz de France, partenaire du projet, et Suez, une entreprise des Desmarais. Et cette fusion a suivi de quelques semaines seulement la visite du président français, Nicolas Sarkozy, au manoir Sagard, appartenant aux Desmarais, dans Charlevoix.
Selon Greenpeace, cette situation va à l’encontre des principes de l’état de droit. « On exige que le processus d’examen soit refait », reprend Jocelyn Desjardins. « On exige qu’il soit refait de façon rigoureuse et objective. On exige qu’il soit soumis à la Commission de protection du territoire agricole et à la Régie de l’énergie. Et puisque les Desmarais ont déclaré la guerre à l’état de droit, on demande à l’ensemble de la société civile de se lever et d’exiger que l’état de droit soit respecté, par tous les moyens possibles. Pour aucune raison au monde une société ne doit accepter de se faire passer sur le corps comme le gouvernement du Québec est en train de faire sous l’influence de Paul Desmarais ».
« Le feu vert pour l’implantation d’un terminal méthanier est très inquiétant. Ces projets vont à l’encontre de la santé environnementale et énergétique du Québec, et à l’encontre de la vie démocratique au Québec, » lance Joslyn Higginson, porte-parole de Greenpeace. « Greenpeace a toujours milité pour convaincre et exiger du gouvernement qu’il agisse selon les lois et procédures réglementaires, et ce dans l’intérêt environnemental et durable du Québec. Greenpeace est contre le projet de Rabaska. Nous avons toujours été contre les projets de ports méthaniers. »
Si Greenpeace a appuyé la politique de conversion du gouvernement du Québec c’est parce que celle-ci réduira la dépendance au pétrole et aura pour effet de diminuer la pollution atmosphérique et de réduire les gaz à effet de serre (GES). En remplaçant le mazout lourd industriel par des sources plus saines, tel que les énergies renouvelables, et, oui, le gaz naturel, on fait un pas très important dans la lutte aux changements climatiques. Au Québec, l’utilisation du gaz naturel pour le chauffage émet de 30% à 40% moins de GES que l’utilisation du mazout lourd. En janvier 2007, Greenpeace a lancé son projet de révolution énergétique, qui voit le gaz naturel comme un carburant de transition sur la voie globale de l’énergie verte et de l’efficacité.
« Selon Greenpeace, le remplacement du mazout lourd par le gaz naturel peut se faire sans les ports méthaniers – donc on réitère aujourd’hui notre forte opposition à l’annonce du gouvernement » ajoute Joslyn Higginson.