Greenpeace confronte Costco pour la protection des océans

Actualité - 30 juin, 2010
Tout est gros chez Costco. Même la destruction des océans. Afin de dénoncer l’inacceptable, Greenpeace a suspendu ce matin à la toiture de l’un des entrepôts Costco, situé au centre-ville de Vancouver, une palangre géante (immense filet de pêche et symbole de la surpêche) et a déployée deux immenses bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Costco : la destruction des océans en gros » (Costco Wholesale Ocean Destruction).

© Greenpeace / Ben Russell

Dernier au classement

Costco se retrouve au dernier rang du deuxième classement annuel de Greenpeace Mer sous inventaire : Palmarès des supermarchés et le futur des aliments de la mer, publié cette année au début du mois de juin. Parmi les plus grandes chaînes d’alimentation canadienne, Costco est la seule à ne pas s’être engagée à élaborer une politique des aliments de la mer durables. Costco n’a pas non plus cessé la vente d’espèces de la Liste rouge (issues de techniques d’élevage ou de pêches destructrices).


« Costco contribue à l’épuisement des océans et entraîne avec elle ses membres en ne se préoccupant pas du caractère durable des produits de la mer qu’elle offre »

-Sarah King, responsable de la campagne Océans de Greenpeace à Vancouver


Alors que toutes les grandes chaînes d’alimentation au Canada travaillent à mettre en place des politiques des aliments de la mer durables, Costco, elle, continue de faire la sourde oreille. Comme ses compétiteurs, Costco doit rendre ses rayons de poissons plus écologiques dès maintenant.

Des poissons dans le rouge

Selon les recherches de Greenpeace en succursale, l’entreprise vend 8 des 15 espèces répertoriées sur la Liste rouge, soit le même nombre qu’en 2007, première année de la recherche. Ces huit espèces sont prisées des consommateurs, mais leur production a des répercussions graves sur les écosystèmes océaniques.

Les comptoirs réfrigérés de Costco sont garnis de pétoncles géants de l’Atlantique pêchés à la drague, ainsi que de crevettes tropicales pêchées au chalut de fond ou issues d’élevages qui polluent l’eau potable et détruisent des habitats côtiers fragiles. Costco vend également l’aiglefin capturé au chalut de fond et l’espèce menacée du flétan de l’Atlantique. En outre, la morue de l’Atlantique qu’elle propose peut provenir de bancs canadiens en voie d’épuisement, mais l’étiquetage déficient des produits ne permet pas aux consommateurs de le savoir. Enfin, la production du saumon d’élevage de l’Atlantique, l’un des plus gros vendeurs de Costco, constitue une menace pour les stocks naturels de saumon et pollue l’environnement marin.

Le thon albacore est pêché au moyen de palangres comme celle suspendue par Greenpeace à l’édifice de Costco. Ces dispositifs contribuent à la surpêche de cette espèce et sont dangereux pour la tortue de mer (une espèce menacée), les requins et les oiseaux marins, qui s’y prennent fréquemment et meurent.

Tant et aussi longtemps que Costco fermera les yeux sur la crise des océans, Greenpeace continuera de dénoncer l’entreprise.

Même constat aux États-Unis

Greenpeace a lancé une campagne pancanadienne qui vise Costco. Greenpeace États Unis a aussi établi un classement des détaillants américains plus tôt cette année, qui révèle l’échec de Costco en matière de protection de l’environnement. 

Thèmes