La forêt du Bassin du Congo

Page - 13 novembre, 2008
Quelque 40 millions de personnes dépendent de la forêt du Bassin du Congo pour leurs besoins en nourriture, en médicaments et en produits autres que le bois, ainsi qu'en matériaux de construction et en énergie. Cette forêt constitue l'habitat de 270 espèces de mammifères, dont des espèces en danger telles que les gorilles, les chimpanzés et les bonobos, et 39 espèces qui se trouvent uniquement dans cette région, comme l'okapi et l'éléphant de forêt d'Afrique.

Des enfants de bûcherons se tiennent debout en face de billots d’afromosia coupés par leurs pères, qui gagnent moins de 400 francs congolais par jour dans une région contrôlée par le géant forestier américano-belge Safbois.

Tout comme la forêt boréale du Canada et la forêt amazonienne, la forêt pluviale du Congo joue un rôle vital dans la régulation du climat planétaire. La République démocratique du Congo (RDC) compte à elle seule 8 % des réserves mondiales de carbone, ce qui en fait le quatrième réservoir de carbone en forêt en importance dans le monde.

En dépit de l'importance capitale de cette forêt, l'exploitation forestière fait courir de grands risques à la forêt et à sa faune.

Les droits de coupe en Afrique centrale, principalement en RDC, couvrent 50 millions d'hectares de la forêt pluviale, ce qui représente environ la superficie de la France. Un tiers des contrats d'exploitation forestière sont octroyés pour des zones où se trouvent des arbres de l'espèce menacée afrormosia, et un autre tiers pour des zones qui constituent une priorité en ce qui a trait à la conservation. Tous les contrats visent des zones habitées par des communautés qui dépendent de la forêt pour leur survie.

Soutenu par la Banque mondiale et par des donateurs étrangers, le gouvernement de la RDC a fait la promotion de l'exploitation forestière afin d'encourager le développement et de réduire la pauvreté. Mais de telles coupes ne font qu'entretenir ces problèmes et enlèvent aux gens du peuple, qui vivent avec moins d'un dollar par jour, leur pays et leurs moyens de subsistance.

Des compagnies telles que le groupe germano-suisse Danzer trompent les habitants de la région grâce à de grandes sommes d'argent gagnées par le moyen de l'évasion fiscale. En 2008, Greenpeace a fait savoir que cette compagnie a négligé de payer près de 8 millions d'euros en impôt. Ce montant suffirait à payer la vaccination de 700 000 enfants congolais.

Greenpeace a dévoilé au grand jour le chaos social et la destruction de l'environnement résultant des actions de l'industrie forestière, en démontrant que des compagnies d'exploitation forestière s'adonnent au commerce illégal du bois, à l'évasion fiscale et à la corruption, et font des affaires avec des commerçants qui se trouvent sur la liste noire du Conseil de sécurité de l'ONU.

Des compagnies telles que le groupe germano-suisse Danzer trompent les habitants de la région grâce à de grandes sommes d'argent gagnées par le moyen de l'évasion fiscale. En 2008, Greenpeace a fait savoir que cette compagnie a négligé de payer près de 8 millions d'euros en impôt. Ce montant suffirait à payer la vaccination de 700 000 enfants congolais.

C'est une pratique répandue chez les compagnies de « payer » en sacs de sel, de savon, de café, de sucre ou encore en bière le droit d'accès à la forêt qui leur procure des centaines de milliers de dollars. Qui plus est, leur engagement de construire des infrastructures nécessaires, telles que des écoles ou des hôpitaux, ne se matérialise pas ou encore est loin d'être suffisant.

Contribuer à combattre les changements climatiques

Si l'exploitation forestière continue au rythme prévu, la RDC risque de perdre plus de 40 % de sa forêt, et la zone au nord de la rivière Congo sera entièrement déboisée avant 2050, entraînant l'émission de près de 34,4 milliards de tonnes de CO2, ce qui équivaut aux émissions totales du Royaume-Uni pour les 60 dernières années.

La valeur potentielle de ces forêts en tant que réservoirs de carbone est nettement supérieure aux revenus actuels créés par l'exploitation forestière. La déforestation cause environ un cinquième des émissions de gaz à effets de serre sur la planète. Remplacer l'exploitation forestière par un système de protection des forêts financé à l'échelle internationale ne serait pas seulement bénéfique pour la population de la région dont la subsistance ainsi que la biodiversité seraient assurées. Cette action contribuerait également à maintenir le climat.

Solutions

Il n'est pas trop tard pour protéger de vastes zones intactes de la forêt pluviale, mais le plan doit être mis en œuvre promptement. Les objectifs de Greenpeace sont les suivants :

  • L'abolition de la déforestation dans les forêts tropicales intactes du monde d'ici 2015;
  • L'adoption de « Forests for Climate », un mécanisme de financement international qui rend la sauvegarde des forêts plus avantageuse sur le plan économique que leur destruction;
  • Des mesures rigoureuses pour mettre fin au commerce illégal du bois à l'échelle internationale;
  • Le développement par le gouvernement de la RDC d'un plan intégré et national d'utilisation des terres qui comprendrait la désignation de 15 % de la superficie de la forêt comme une aire protégée. Les communautés locales devraient s'engager à identifier clairement les zones protégées de la forêt dès le début.

Une fois perdus, la forêt, sa faune et les services environnementaux vitaux qu'elle fournit ne pourront plus être remplacés. Il n'est pas trop tard pour sauver les forêts du Congo, mais le compte à rebours est commencé.