Actualité - 25 mai, 2008
Alors que les députés européens doivent discuter cette semaine du projet de réglementation visant à limiter les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des voitures neuves, des militants de Greenpeace déguisés en hommes des caverne et au volant d’une voiture tout droit sortie du dessin animé « La famille Pierrafeu », ont défilé dans les rues de Bruxelles. Ils ont remis au siège de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), le rapport intitulé « Les moteurs du dérèglement climatique », publié lundi 26 mai.
Le 26 mai 2008 à Bruxelles, des activistes de Greenpeace conduisent une voiture préhistorique jusqu'au parlement européen.
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Objectif de ce défilé « âge de pierre » :montrer que l’industrie automobile est dans une logique digne de lapréhistoire. Alors que la lutte contre les changements climatiques est devenuel’une des priorités mondiales, les constructeurs s’entêtent à produire desvéhicules puissants, gourmands en carburants et polluants. Pire encore :ils mettent tout en œuvre pour vider de ses ambitions le projet deréglementation européenne en cours de négociation.
« Notre rapportfait le point sur le lobbying effréné mené par l’industrie automobile européenne,lui-même conduit par les constructeurs allemands, qui manipulent l’Unioneuropéenne depuis des années. Aujourd’hui, l’UE risque de se retrouver dans uneimpasse, explique Anne Valette, en charge de la campagne Climat deGreenpeace France. En refusant de prendreses responsabilités et en voulant sans cesse retarder le moment de passer àl’action, l’industrie automobile risque de compromettre la capacité de l’UE àatteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre qu’elle s’estfixés dans le cadre du protocole de Kyoto. »
En l’état actuel, les ambitions du projet de réglementationont déjà été réduites, alors que pour être à la hauteur du défi climatique, letexte doit limiter la moyenne des émissions de CO2des voitures neuves à 120 g/km d’ici à 2012, et à 80 g/km pour 2020.Ces normes doivent être assorties de sanctions immédiatement dissuasives, seulegarantie que tous les constructeurs les respecteront.
Constructeursfrançais contre constructeurs allemands
En moyenne, les voitures françaises polluent bien moins queles allemandes, plus lourdes et gourmandes en carburants. Ainsi, par exemple,les modèles mis sur le marché par PSA en 2006 affichent une moyenne de 142 g de CO2/km, contre 166 g/km pour Volkswagen ou184 g/km pour BMW ! Les groupes français possèdent donc un avantagecompétitif à soutenir des normes ambitieuses. Au lieu de cela, ils sesoumettent aux intérêts des industriels allemands. « Pourquoi les constructeurs français ne se démarquent-ils paspour défendre une réglementation européenne ambitieuse, alors qu’ils ontbeaucoup d’avance sur leurs concurrents d’outre-Rhin ? »s’interroge Anne Valette.
Le cas de PSA
Mercredi 28 mai au matin se tient une assemblée générale desactionnaires de PSA, au siège du groupe, avenue de la Grande Armée, àParis. Des bénévoles de Greenpeace y accueilleront les actionnaires afin de lesalerter sur le double jeu de Christian Streiff, le président du directoire dePSA, qui dirige actuellement l’ACEA et défend les intérêts des constructeurs allemands,au lieu de faire des marques françaises les champions de la lutte contre leschangements climatiques.