Golfe du Mexique : Greenpeace témoigne sur place du drame de la marée noire

Actualité - 30 juin, 2010
Une équipe de Greenpeace Canada est arrivée dans le Golfe du Mexique afin de se rendre compte des ravages environnementaux et sociaux causés par la fuite de pétrole de la plateforme Deepwater Horizon exploitée par BP.

Pélicans couverts de pétrole en attente d'être nettoyés. © Jose Luis Magana / Greenpeace

L’équipe rapportera au pays des témoignages, des images et des vidéos dans le but de faire pression sur le gouvernement et les entreprises d’ici. Une telle catastrophe ne doit pas se produire pas en eaux canadiennes. Depuis les premiers jours de la marée noire, des équipes du bureau américain de Greenpeace se relaient pour dénoncer l’ampleur du désastre et aider les populations côtières à affronter les conséquences dramatiques pour leur environnement.

L’équipe canadienne, menée par Stephanie Goodwin, directrice de Greenpeace en Colombie-Britannique, exige notamment des politiciens au Canada qu’ils adoptent une loi interdisant la navigation des pétroliers ainsi que l’exploitation de gisements de pétrole et de gaz le long des côtes de la Colombie-Britannique pour empêcher toute marée noire.

« Greenpeace a voulu se rendre sur les lieux du drame pour alerter les Canadiens sur les risques de marée noire en Colombie-Britannique si une loi n’interdit pas la navigation des pétroliers le long de la côte ouest, explique Mme Goodwin en direct de la Nouvelle-Orléans. « Nous sommes horrifiés par les ravages que la fuite de pétrole de la plateforme Deepwater Horizon continue de causer, affectant les communautés côtières, les écosystèmes, et la faune et la flore ici dans le Golfe du Mexique ».

Le gouvernement canadien examine actuellement le projet Northern Gateway d’Enbridge Inc. qui vise à construire deux oléoducs reliant les sables bitumineux d’Alberta à la ville de Kitimat, située dans la forêt du Grand Ours au nord de la Colombie-Britannique. Ces oléoducs permettraient à 200 navires par an de transporter du pétrole sale depuis la côte ouest, le tout en empruntant une des routes maritimes les plus dangereuses de la région.

« La marée noire ne fait que confirmer ce que nous savions déjà: des accidents peuvent se produire», dit Mme Goodwin. « Des pétroliers croisent déjà le long des côtes de Colombie Britannique et le projet Northern Gateway augmentera de 400% la capacité des oléoducs dans la région. La question n’est pas de savoir si une fuite se produira, mais bien quand et où elle se produira. Seule une loi fédérale interdisant les navires pétroliers le long des côtes de Colombie-Britannique sera à même d’empêcher les marées noires ».

Depuis le début de la catastrophe il y a 70 jours, 55 millions de litres de pétrole se sont déversés dans le Golfe du Mexique. Vingt-et-un ans après la catastrophe de l’Exxon Valdez, le pétrole souille toujours les côtes de l’Alaska. 40 millions de litres de pétrole s’étaient alors répandus le long des côtes américaines.

« Á l’heure où certains souhaitent relancer l’exploration pétrolière et gazière dans la région de l’estuaire du Saint Laurent, nous devons tirer les leçons de la marée noire pour le Québec, réagit Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Énergie-Climat de Greenpeace à Montréal. Il est temps de réduire notre dépendance aux énergies sales et investir massivement dans les énergies propres. Les économies d’énergies les éoliennes ou encore les panneaux solaires ne font pas de marées noires. »

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