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Aux Premiers ministres… Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Nunavut, Territoires-du-Nord-Ouest, Ontario, Île-du-Prince-Édouard, Québec, Saskatchewan, et Yukon

La crise des changements climatiques constitue désormais un dossier prioritaire pour les gouvernements partout sur la planète. Il faut qu’il en soit de même au Canada aussi et, à cet égard, les gouvernements provinciaux et territoriaux peuvent jouer un rôle important.

Pour contrer les changements climatiques, un grand nombre de pays, dont le Canada, ont adopté le Protocole de Kyoto. Comme vous le savez, cela signifie que le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport à leur niveau de 1990 d’ici 2012. Malheureusement, le laxisme des gouvernements fédéraux successifs a fait en sorte que le pays n’a pas réduit ses émissions. Au contraire, à la fin de 2006, les émissions du Canada étaient supérieures de 29 % à la cible de Kyoto pour 2012.

L’an dernier, dans le cadre de la réunion des Nations Unies sur les changements climatiques à Bali, la communauté internationale s’est entendue pour lancer un processus de négociation devant mener à l’adoption de cibles de réduction importantes pour la période de 2012 à 2020. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de 25 à 40 % d’ici 2020 pour éviter que le problème des changements climatiques ne se transforme éventuellement en une crise incontrôlable.

Le gouvernement fédéral actuel fait fi de ses obligations de Kyoto et la cible qu’il a proposée pour 2020 est totalement inadéquate. En agissant de la sorte, le gouvernement mine les efforts des provinces qui ont décidé d’agir pour lutter contre les changements climatiques.

Le 2 avril dernier, les principales organisations environnementalistes du Canada se sont regroupées pour lancer la campagne KYOTOplus à Ottawa. Cette campagne comprenait une pétition qui a été signée par les chefs des trois partis d’opposition et par plusieurs députés du Parti libéral, du Bloc Québécois et du Nouveau Parti démocratique. En juin, les députés de l’Opposition ont fait front commun pour appuyer le projet de loi C-377 (Loi sur la responsabilité en matière de changements climatiques) qui reprend les cibles de KYOTOplus. M. Harper était volontairement absent le 2 avril et son gouvernement a déclaré qu’il ignorerait tout simplement le projet C-377 une fois qu’il sera devenu loi.

Stephen Harper a affirmé que les cibles de son gouvernement pour 2020 (une réduction de 20 % par rapport au niveau de 2006) étaient parmi les plus ambitieuses de la planète, une affirmation qui ne résiste évidemment par à l’analyse. En effet, selon ce plan, le Canada émettrait encore 133 millions de tonnes de gaz à effet de serre de plus qu’en adoptant les cibles de KYOTOplus, et ses émissions seraient à peine 3 % inférieures à celles de 1990. Autrement dit, même en 2020, le Canada ne respecterait pas les cibles qu’il s’est engagé à atteindre pour 2012. Le pays accuserait donc un retard de plus de 8 ans par rapport à la date d’échéance de Kyoto. Par comparaison, la campagne KYOTOplus propose une cible de réduction d’au moins 25 % par rapport au niveau de 1990 d’ici 2020, puis de 80 % d’ici 2050.

Vous allez bientôt participer à la réunion du Conseil de la fédération à Québec et nous croyons qu’il est extrêmement important que vous vous prononciez dès maintenant en faveur de l’adoption de cibles de réduction ambitieuses des émissions de gaz à effet de serre. Il faut que le Canada révise son approche avant la réunion des Nations Unies sur les changements climatiques de Copenhague, en décembre 2009, parce qu’on y prendra des décisions fondamentales sur les objectifs et les engagements d’après-Kyoto.

Face au manque flagrant de leadership du gouvernement fédéral, les provinces et les territoires doivent agir avec vigueur pour faire avancer le dossier de la lutte aux changements climatiques. C’est pourquoi nous demandons maintenant aux gouvernements provinciaux et territoriaux de signer eux aussi la pétition KYOTOplus. Vous trouvez sous pli une copie de la pétition et la liste des organisations qui en sont à l’origine. Merci à l’avance de bien vouloir la signer. Un représentant de la campagne KYOTOplus communiquera bientôt avec vous pour discuter plus à fond de cette question essentielle.

Entre-temps, veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Arthur Sandborn, campagne Climat et Énergie, Greenpeace
Jean Langlois, directeur national des campaignes, Sierra Club du Canada
Graham Saul, directeur général, Réseau action climat