Greenpeace rend visite à Clover Leaf

Actualité - 26 octobre, 2011
Le siège social de Clover Leaf au Canada est la cible ce matin d’une opération « retour à l’expéditeur » de Greenpeace. Les militants de l’organisation ont retourné des caisses de produits au thon Clover Leaf et ont servi un « plateau de restes de vie marine » à l’entreprise pour illustrer le gaspillage dû à l’approvisionnement non durable de Clover Leaf.

« Les consommateurs méritent mieux dans leur canne de thon que le concentré de destruction marine que leur offre Clover Leaf. Le plus gros vendeur de thon en conserve non durable au pays doit se doter de politiques d’approvisionnement en thon plus responsables comme l’ont fait d’autres grandes marques de thon en boîte européennes », a affirmé Sarah King, coordonnatrice de la campagne Océans chez Greenpeace. « Clover Leaf sait qu’il n’y a pas que du thon qui est tué pour remplir ses cannes et qu’il existe des alternatives plus durables », a ajouté King.

L’opération « retour à l’expéditeur » a débuté peu après 10h ce matin alors que des militants de Greenpeace et Sarah King eurent pénétré dans les bureaux du siège social de Clover Leaf à Markham, en Ontario. À l’intérieur, ils ont brandi des bannières avec pour message : « Clover Leaf tue plus que du thon ». Ce slogan a également été peint en rouge sur les portes principales de l’établissement. Accompagnée de deux militants déguisés en requin, Sarah King a livré à un représentant de Clover Leaf un « plateau de restes de vie marine ». Garni de faux requins, de fausses tortues et de faux oiseaux de mer, ce plateau visait à représenter les victimes collatérales et inutiles des méthodes de pêches employées par les fournisseurs de Clover Leaf. Au même moment, des activistes ont déchargé des caisses remplies de cannes Clover Leaf qui avaient été retirées la veille des étalages d’un grand supermarché de Toronto.

Greenpeace dévoilait la semaine dernière une parodie d’une publicité télévisuelle de Clover Leaf mettant en vedette le requin ayant effectué la livraison aujourd’hui. Misant sur l'humour, la vidéo prévient les consommateurs des dangers que représentent les sources d’approvisionnement non durables de Clover Leaf pour les océans.

Changer les politiques de Clover Leaf est devenu une priorité pour Greenpeace depuis que l’organisation a rendu public en février dernier le classement des plus grandes marques canadiennes de thon en conserve selon la durabilité de leur approvisionnement. Des quatorze marques en lice, Clover Leaf figure à la onzième position. Bien que l'entreprise communique sur sa politique de durabilité et participe à des forums sur le développement durable, son PDG, lui, ne s’est toujours pas engagé à changer le contenu des cannes de thon qu’il propose à ses clients.

Greenpeace mène une campagne internationale pour pousser les plus grands vendeurs de thon en conserve à cesser de vendre du thon capturé selon des méthodes de pêche destructrices et non sélectives. La grande majorité du thon que l’on retrouve sur les tablettes des supermarchés provient de navires de pêche industriels qui utilisent la senne coulissante et les dispositifs de concentration de poissons (DCP). En plus du thon, les DCP attirent aussi de nombreuses autres espèces comme des requins en danger, des thons juvéniles et même des tortues. Mortes ou agonisantes, les espèces prises dans les filets sont souvent rejetées à la mer. Greenpeace exhorte les entreprises à renoncer à s’approvisionner auprès de pêcheries qui utilisent la senne coulissante combinée à des DCP et les encourage à ne vendre que du thon dont les stocks sont en bon état. En Grande-Bretagne, les plus grands détaillants et les principales marques de thon en conserve se sont engagés à progressivement renoncer à ces méthodes de pêche destructrices, prouvant ainsi qu’une autre voie est possible.

À ce jour, un nombre croissant de grandes marques thon et de supermarchés dans le monde est en train de passer à un approvisionnement en thon plus durable et soutient la création de réserves marines et de sanctuaires de protection de la biodiversité en mer. Au Canada, certaines marques de thon et certains supermarchés ont commencé à suivre leur exemple en recherchant des produits issus de méthodes de pêche plus écologiques, et en cessant la vente du thon albacore, une espèce qui figure sur la Liste rouge de Greenpeace.

« Le temps est venu pour Clover Leaf de s’approvisionner à 100 % en thon durable », a résumé Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Océans chez Greenpeace. « Tant que Clover Leaf ne s’engagera pas à offrir du thon plus durable, les produits de la marque ne mériteront pas d’apparaître sur les étalages des supermarchés aux côtés d’entreprises qui, elles, ont choisi de faire des efforts pour protéger les océans ».

Greenpeace fait campagne pour une réforme en profondeur de la pêche industrielle et la mise en place d’un vaste réseau de 40 pour cent de réserves marines sur les océans du globe.

Pour consulter le classement des principales marques canadiennes thon en conserve de Greenpeace : http://bit.ly/rxBLeB

Thèmes