Islande

Les baleines menacées d’extinction sont chassées, stockées et pourrissent dans une décharge

Actualité - 22 janvier, 2007
Depuis ce matin, l’affirmation du gouvernement islandais selon laquelle la chasse à la baleine est « soutenable » a du plomb dans l’aile.

Cette baleine, qui a été chassé au harpon le 21 octobre 2006, est emmenée le lendemain dans le port de Hvalfjörður, en Islande. La mort de cette baleine marquait le retour à la chasse commerciale à la baleine en Islande.

Des militants de Greenpeace ont en effet révélé que près de 200 tonnes de chair de rorqual commun - une espèce menacée d'extinction - sont toujours entreposées dans l'attente de tests toxicologiques, et que 180 tonnes d'os et d'entrailles ont été jetés et pourrissent dans une décharge.

Fin 2006, un seul chasseur ayant obtenu du gouvernement islandais un permis d'exploitation commerciale a tué 7 rorquals communs. La viande de baleine islandaise est destinée à l'exportation vers le Japon, malgré les affirmations de ce chasseur selon lesquelles une partie du produit est impropre à la consommation.

Au cours des prochaines semaines, les chasseurs japonais se préparent à abattre 10 rorquals communs et 935 petits rorquals dans le Sanctuaire baleinier antarctique, en dépit du fait qu'au Japon les congélateurs abritent une quantité colossale de 4400 tonnes de viande de baleine qui n'ont pas trouvé preneur.

« Le gouvernement islandais prétend que la chasse commerciale à la baleine est soutenable, mais comment peut-il justifier de tuer des espèces menacées d'extinction sans qu'il y ait une demande sur le marché local, et alors qu'il existe un gigantesque surplus de viande de baleine au Japon? », a déclaré Frode Pleym, de Greenpeace Islande. « L'Islande et le Japon continuent à chasser les baleines en dépit des protestations locales et internationales, sans qu'il y ait une seule justification scientifique, économique ou environnementale à cette activité de chasse, » a ajouté Pleym.

Greenpeace a lancé récemment une campagne planétaire de recrutement et invite des dizaines de milliers de personnes à faire campagne contre la chasse baleinière via un nouveau site web : http://whales.greenpeace.org/fr. Cette nouvelle équipe de campagne a déjà demandé aux pays opposés à la chasse de s'engager à réformer la CBI (Commission baleinière internationale) et de refuser d'assister à une réunion en faveur de la chasse baleinière, parrainée par le gouvernement japonais à Tokyo le mois prochain.

« Lors d'un sondage d'opinion récent réalisé par le Nippon Research Centre, 69 % des Japonais ont déclaré s'opposer à la chasse baleinière pratiquée par leur gouvernement, notamment dans le Sanctuaire baleinier antarctique », a déclaré Junichi Sato, coordinateur de la campagne baleines chez Greenpeace Japon. « Il n'est d'ailleurs pas surprenant qu'il existe des quantités gigantesques de viande de baleine. Le même sondage montre en effet que 95 % des Japonais ne mangent jamais, ou que très rarement, de la viande de baleine. Il est temps que tous les gouvernements s'engagent en faveur des baleines, et non en faveur d'une activité industrielle inutile, dépassée et dont personne ne veut », a ajouté Sato.

Jeudi, le navire Greenpeace Esperanza lèvera l'ancre pour se rendre dans l'Océan Austral. Les militants à bord de l'Esperanza se mettront encore une fois entre les harpons à grenades et les baleines, afin d'empêcher un nouveau massacre.

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