Fukushima : Greenpeace révèle une grave contamination marine

Actualité - 26 mai, 2011
De plus en plus d’experts, de tous horizons, de Greenpeace à l’IRSN, tirent la sonnette d’alarme sur la situation des populations à proximité de la centrale de Fukushima.

Photo xtcbz (Flickr)

Greenpeace révèle aujourd’hui les résultats des analyses effectuées sur des échantillons marins en provenance de la côte de Fukushima.

Le taux de radioactivité constaté dans les algues, pourtant prélevées en dehors des eaux territoriales japonaises (à plus de 22 km des côtes), est 50 fois supérieur à la limite autorisée. Ces résultats montrent que la contamination se propage sur de longues distances, et que la radioactivité ne diminue pas par dilution ou dispersion comme le prétendent les autorités.

Le Rainbow Warrior, un des trois navires de Greenpeace, a aussi permis de prélever des poissons et des coquillages au large de Fukushima. Ces échantillons de vie marine sont eux aussi contaminés.
Les niveaux de radioactivité constatés sont pour la plupart en dessous de la limite conseillée. Mais, même ainsi, la contamination des aliments est l’une des sources les plus dangereuses d’exposition à la radioactivité. Les Japonais ont le droit de savoir comment la centrale nucléaire de Fukushima affecte leur vie afin de pouvoir se protéger et protéger leurs familles

Carte des relevés de radiations des équipes de Greenpeace, sur terre et en mer :


View Map of Radiation Measurements by Greenpeace team in a larger map

Évacuation des populations: l’IRSN également alarmée

Selon un rapport de l’organisme français, il faudrait encore évacuer quelque 70 000 personnes dans certaines zones contaminées par les retombées du panache radioactif de la centrale nucléaire de Fukushima. Le rapport comporte des cartes des dépôts et des calculs de doses pour les résidents des zones contaminées en fonction de leur durée de résidence future.
Pour l’exposition à des éléments radioactifs à vie courte, comme l’iode 131 (huit jours), qui provoque des cancers de la thyroïde, il est trop tard pour prendre des mesures. Et pourtant, note l’IRSN, dans les territoires affectés par les rejets au nord-ouest de la centrale « les dépôts d’iode ont été en certains endroits très importants, pouvant dépasser 10 millions de becquerels par mètre carré, et générer des doses à la thyroïde supérieures à 1 sievert en l’absence de mesures de protection »

La centrale de Fukushima au Japon fait actuellement l’objet d’une inspection organisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Une délégation internationale, composée de vingt membres dont six représentants de l’AEIA, rassemble 12 pays différents. La fin de leur mission prévue pour le 2 juin devra aboutir sur un rapport qui sera présenté lors de la réunion de l’agence onusienne sur la sûreté nucléaire, à Vienne du 20 au 24 juin.

Les officiels japonais ont promis de se montrer pleinement coopératifs. « Nous allons mettre à votre disposition toutes les informations que nous avons« , leur a confirmé le ministre de l’Industrie Banri Kaieda. On ne peut que souhaiter, qu’espérer que le gouvernement japonais saura faire totalement la lumière sur les évènements depuis le 11 mars …
Le Japon doit maintenant prendre ses responsabilités et mettre en place un programme de surveillance global et continu et rendre l’information accessible à tous.

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