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Des activistes de Greenpeace manifestent devant l'ambassade du Japon au Canada contre la détention abusive de deux de leurs collègues activistes japonais. Greenpeace demande la libération de ces activistes et une enquête sérieuse sur l'écoulement sur le marché noir de viande de baleine volée au programme scientifique japonais de chasse à la baleine. Greenpeace demande aussi une enquête sur une industrie fortement subventionnée par les contribuables japonais.
AgrandirJunichi Sato et Taru Suzuki sont emprisonnés, depuis le 20 juin 2008, pour avoir dénoncé le marché noir de viande de baleine qui sévit au Japon où les autorités cautionnent des activités de chasse pratiquées à des fins soi-disant scientifiques. L’arrestation a soulevé partout dans le monde une vague de protestation. Plus de 180 000 courriels demandant la libération de Sato et Suzuki (surnommés depuis « les deux de Tokyo ») ont à ce jour été envoyés au gouvernement japonais. En plus de cette protestation, Greenpeace exhorte la population à faire parvenir d’autres messages au gouvernement japonais pour protester contre la détention abusive de Sato et Suzuki.
« La réaction des autorités japonaises est excessive, injuste et pourrait s’expliquer par des raisons politiques », commente Beth Hunter, coordonnatrice de la campagne Océans de Greenpeace. « Sato et Suzuki ont offert de collaborer pleinement avec les enquêteurs japonais au sujet du marché noir de la viande de baleine et voilà que ce sont eux que l’on arrête et détient depuis plus de dix jours! »
Mise à jour, 1er juillet 2008
Le tribunal d'Aomori a décidé aujourd'hui de maintenir en garde à vue Junichi Sato et Toru Suzuki durant 10 jours supplémentaires, le maximum de la détention sans inculpation au Japon étant de 23 jours.
Les deux militants de Greenpeace Japon sont accusés d'avoir volé une caisse de 23 kilos de viande de baleine qu'ils avaient présentée aux autorités japonaises comme preuve de l'existence d'un marché noir organisé de viande de baleine en provenance du Nisshin Maru, le navire amiral de la flotte japonaise.
Depuis leur arrestation, plus de 190 000 personnes ont envoyé un courrier réclamant la libération des aux militants au Premier ministre du Japon. En outre, des militants ont protesté devant 32 ambassades du Japon sur les cinq continents, réclamant toute la lumière sur ce scandale de viande volée.
Des représentants de Greenpeace ont donc aujourd’hui livré en mains propres une lettre du directeur général de Greenpeace Canada destinée à l’ambassadeur du Japon au Canada, Tsuneo Nishida. Greenpeace lui demande d’intervenir directement auprès des autorités de son pays pour libérer sans autre délai « les deux de Tokyo ». Greenpeace a joint à cette lettre une pétition signée par des milliers de Canadiens qui appuient la libération de Sato et Suzuki.
Rappelons que le Japon continue d’ignorer le moratoire international sur la pêche à la baleine en se donnant lui-même la permission spéciale de tuer près de 1000 baleines par an. N’empêche, les autorités japonaises ont fait arrêter Junichi Sato et Toru Suzuki au cours d’un raid plutôt inusité qui a eu lieu à la veille de la réunion de la Commission baleinière internationale au Chili. Au cours de cette réunion internationale, le Japon a menacé de reprendre ses activités de chasse commerciale.
Avant le raid, Greenpeace a demandé au gouvernement japonais de réaliser une enquête complète à la suite d’un rapport dénonçant le marché noir de viande de baleine. Sato et Suzuki ont d’ailleurs offert leur pleine collaboration aux fins d’une telle enquête. Initialement, le ministère public de Tokyo avait affirmé qu’il y avait suffisamment de preuves pour ouvrir une enquête, mais il s’est ravisé tout juste après les raids policiers.
Pour Greenpeace, il est inacceptable d’être réduit au silence pour avoir tenté de faire toute la lumière sur des pratiques illicites. La police japonaise ferait bien mieux de mener une enquête sérieuse auprès des autorités japonaises, des armateurs de la flotte baleinière et des équipages qui détournent à leur profit de la viande de baleine chassée à des fins soi-disant scientifiques et financée par les contribuables japonais. Greenpeace demande par ailleurs l’arrêt du programme de chasse japonais dans le sanctuaire antarctique.
Vous pouvez consulter le rapport d’enquête à l’origine de cette histoire (en anglais), en plus de visionner des images de la manifestation à Ottawa et de nos autres protestations à travers le monde. Vous pouvez également lire notre communiqué de presse d’aujourd’hui. Enfin, il vous est possible depuis notre site de faire parvenir un message aux autorités japonaises.