M. Prentice, à Copenhague, pas de place pour le lobby du pétrole sale
Afin de souligner la visite de Jim Prentice à Montréal, plusieurs militants de Greenpeace se sont donné rendez-vous devant les portes de la conférence pour la lecture et la distribution d'un journal sur lequel on pouvait y lire « M. Prentice, à Copenhague, pas de place pour le lobby du pétrole sale ! ».
Jusqu'à maintenant, le Canada a tenté de retarder le plus possible un accord ambitieux de réduction des émissions de GES prétextant vouloir protéger l'économie canadienne.
« Ce que M. Prentice ne dit pas, c'est que le coût de l'inaction sera beaucoup plus élevé pour l'économie du pays et qu'en ce moment, la cible proposée par son gouvernement favorise l'Alberta au détriment des autres provinces », affirme Mélissa Filion, directrice intérimaire de Greenpeace Québec.
À trois jours du début de la conférence de Copenhague, Greenpeace lui demande d'avoir une attitude constructive dans les négociations internationales sur le climat afin de permettre l'adoption d'un accord ambitieux de réduction des émissions de GES.
Pour Greenpeace, un accord ambitieux à Copenhague doit inclure les éléments suivants :
- Des cibles de réductions juridiquement contraignantes de 25 à 40 pour cent par rapport aux niveaux 1990 à l'horizon 2020 pour les pays industrialisés. Les pays industrialisés doivent s'engager à réaliser cet effort sur leur territoire national. Ces cibles de réductions de gaz à effet de serre ont été établies par la communauté scientifique internationale afin d'empêcher les impacts les plus destructeurs des changements climatiques. L'achat de crédits de carbone internationaux ou de permis d'émission doit être considéré comme des méthodes additionnelles à l'atteinte de ces cibles.
- Un soutien financier majeur pour les des pays en voie de développement. Les pays industrialisés doivent bâtir des fonds à la fois privés et publics afin de venir en aide aux pays en émergence, car ce sont eux les plus touchés. L'objectif de ce financement est triple : aider ces pays à diminuer leurs émissions de GES, faire face aux conséquences des dérèglements climatiques, freiner la déforestation et mettre en œuvre un autre modèle énergétique fondé sur les technologies propres.
- La mise en œuvre d'un marché du carbone bénéficiant d'une enveloppe de 140 milliards de dollars américains afin d'orchestrer l'atténuation et l'adaptation aux changements climatiques pour les pays émergents. Pour le Canada, cet effort financier se chiffre entre 2 et 6 milliards de dollars canadiens.
- Le rejet de la captation du carbone et l'énergie nucléaire. Ces technologies ne font pas partie des énergies renouvelables. Elles ne devraient pas être instrumentalisées comme des mécanismes de flexibilité sur les marchés du carbone.
Alors que les chefs d'État et de gouvernement du monde entier sont sur le point de se réunir lundi prochain pour la conférence des Nations Unies sur le climat à Copenhague, Greenpeace renouvelle sa demande au gouvernement Harper d'entendre la voix de sa population et de faire preuve de leadership pour le climat.
Le monde a besoin à Copenhague d'une entente juste pour les pays émergents et ayant force de loi pour réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre.
La population du pays est prête pour un accord pour le climat. À preuve, plus de 150 000 signatures ont été recueillies dans le cadre de la pétition KYOTOplus, la campagne commune de Greenpeace et de 120 organisations a but non lucratif qui exige que le pays réduise ses émissions de GES d'au moins 25% sous les niveaux de 1990 d'ici 2020, et de 80% d'ici 2050. Un récent sondage révèle que les deux tiers des Canadiens considèrent que le changement climatique constitue la crise officielle requise pour déclencher une action mondiale.
« Pour contrer les changements climatiques, le Canada doit investir dans les solutions, pas les problèmes, rappelle Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace. Le soutien gouvernemental à l'efficacité énergétique et au développement d'énergies propres est l'économie canadienne de demain produira de nouveaux emplois tout en protégeant l'environnement. »
Les sables bitumineux de l'Alberta sont l'une des principales raisons de l'inaction du gouvernement Harper. Le gouvernement appuie fortement le pétrole des sables bitumineux. Rappelons que l'exploitation du pétrole en Alberta est la source d'émissions de gaz à effet de serre affichant la plus importante croissance au Canada.
Depuis les quatre derniers mois, Greenpeace a dénoncé les crimes climatiques des sables bitumineux par l'entremise d'actions directes non violentes en Alberta.
À Copenhague et partout dans le monde, les yeux seront tournés vers les dirigeants mondiaux qui se doivent d'agir pour le climat. D'importantes manifestations sont prévues à Copenhague et partout dans le monde le samedi 12 décembre, journée de la Manifestation internationale sur le changement climatique.