La réaction de Greenpeace à l'accord sur le climat du G8

« Une occasion historique ratée »

Actualité - 6 juin, 2007
Greenpeace critique avec force les Chefs d'Etat du G8 qui ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur des objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ni le seuil de 2°C de réchauffement à ne pas dépasser, ni l'absolue nécessité de diviser par 2 les émissions globales et par 4 les émissions des pays du G8 n'ont fait l'objet d'un engagement du G8. En outre, l'absence de référence explicite au protocole de Kyoto, seul cadre contraignant de réduction des émissions, de même que l'absence de mention de l’année 1990 comme référence pour le calcul des réductions ajoutent à l'ambiguïté du texte final.

Heiligendamm, où se tient le G8

« L'accord n'est clairement pas suffisant pour prévenir lesdangers du réchauffement climatique. Sans engagements chiffréscontraignants, les pays du G8 ont échoué à se placer à la hauteur dudéfi climatique », déclare Steven Guilbeault, responsable de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace. « En dépit des aspects prometteurs, le diable se cache dans les détails rédactionnels du texte final !  »

Greenpeaceest satisfait que le G8 se positionne clairement dans le cadre desNations Unies pour lutter contre les changements climatiques, endonnant un mandat politique fort aux négociations de la seconde périoded'engagement du Protocole de Kyoto, mais s'inquiète de l'absence deréférence directe au Protocole, que les Etats-Unis n'ont pas ratifié. 

« L'isolement des Etats-Unis qui refusaient d'accepterun objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet deserre est apparue au grand jour lors de cette rencontre.L'administration Bush a accepté de « sérieusementconsidérer » le fait que le reste du monde se fixe desobjectifs  de réduction, mais elle est encore loin de se les fixerelle- même  » précise Steven Guilbeault.

Greenpeacerappelle aux gouvernements du G8 qu'ils doivent réduire leurs émissionsde 80 à 90% d'ici 2050 si le monde veut éviter les pires impactsdes  changements climatiques. « Les gouvernements ontéchoué à s'engager sur ce que la science juge nécessaire, à travers desobjectifs contraignants. Ils doivent le faire dans le cadre des Nationsunies de toute urgence  », ajoute Steven Guilbeault.