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Par internet
Vous pouvez transmettre votre mémoire par courrier électronique
: consultation-regime-forestier@mrnf.gouv.qc.ca.
Par la poste
Consultation publique sur le régime forestier
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Bureau de la sous-ministre associée à Forêt Québec
880, chemin Sainte-Foy, 10e étage
Québec (Québec) G1S 4X4
Faites vite, les consultations se terminent le 28 mars!
Participez aux rencontres régionales, qui ont lieu du 10 au 14
mars un peu partout au Québec
Quoi exiger?
Greenpeace vous invite à exiger deux choses :
1) Demandez au gouvernement de renverser sa politique de
liquidation des vieilles forêts.
Le 19 décembre dernier, le gouvernement a fait approuver en
toute vitesse par l'Assemblée nationale, sans la moindre
consultation transparente auprès de la société civile, une mesure
des plus contradictoires sur le plan de la conservation de la
biodiversité. En effet, cette mesure, l'article 20 du projet de Loi
39, donne un pouvoir discrétionnaire au Ministre pour autoriser
l'industrie forestière à couper « les peuplements en dégradation ou
susceptibles d'être affectés par des désastres naturels en raison
de leur état ou de leur âge ».
Encore une fois, le gouvernement fait fi de la science et
véhicule à tort et à travers qu'il est beaucoup plus rentable de
raser les vieilles forêts du Québec plutôt que de les laisser
brûler ou pourrir sur place… Ce discours n'est pourtant rien
d'autre qu'un mythe, véhiculé par les industriels.
Le rapport de la Commission Coulombe, mandatée par le
gouvernement libéral, précise pourtant que l'un des plus grands
défis au maintien de la biodiversité est d'assurer la conservation
des vieux peuplements de résineux sur le territoire du Québec «
puisque certaines espèces animales ou végétales n'atteindront leur
plein développement que dans des forêts mûres ou surannées ».
Par ailleurs, dans le contexte de lutte aux changements
climatiques, il importe de considérer la capacité de la forêt
boréale de stocker du carbone. La forêt boréale canadienne
emmagasine près de 186 milliards de tonnes de carbone, soit
l'équivalent de 27 années d'émissions mondiales de carbone
provenant de l'utilisation de combustibles fossiles. Liquider les
vieilles forêts, c'est aussi liquider un important stock de
carbone. De récentes recherches démontrent que les grands
territoires de forêts intactes, composés en grande partie de
vieilles forêts, seront plus résistants, plus résilients et plus
aptes à se rétablir des impacts du réchauffement climatique que les
forêts fragmentées par l'activité humaine. Ils peuvent ainsi
contribuer à diminuer les émissions de GES.
Demandez au Ministre Béchard de renverser sa politique sur les
vieilles forêts, qui n'est rien de moins qu'une politique de
liquidation des forêts anciennes. Dites-lui que ces forêts ont une
valeur immense sur la scène mondiale, qu'elles sont essentielles
pour la protection de la biodiversité et pour la lutte contre les
changements climatiques. Rappelez-lui que plus de 80 pays sur les
148 qui sont situés en zone forestière ont déjà perdu toutes leurs
forêts intactes? Parmi ceux-ci, l'Italie, la Belgique, le Danemark,
l'Allemagne, l'El Salvador, l'Espagne, la France, la Grèce, la
Hollande, le Luxembourg, le Portugal, la Suisse et l'Uruguay...
Demandez à M. Béchard, de renverser sa politique de liquidation
des vieilles forêts pour s'assurer que le Québec ne se joigne pas à
cette triste liste.
2) Exigez que l'on place la conservation de la forêt
boréale au cœur du prochain régime forestier.
Il faut déterminer à l'aide d'une science indépendante et
crédible ce qui doit être protégé avant de déterminer ce qui peut
être coupé.
Quand le régime forestier actuel a été créé en 1986, la
conservation et la protection de la biodiversité n'était pas une
préoccupation prépondérante pour le commun des mortels. Le
développement économique et l'exploitation étaient au centre des
intérêts des québécois, des entreprises et des politiciens. Des
droits de coupes, appelés CAAFs, contrats d'approvisionnement et
d'aménagement forestier, ont ainsi été accordés aux entreprises.
Une des plus grandes failles de ce régime demeure dans le fait que
la majorité de la ressource forestière ait été allouées, presque
mûr à mûr de la province, aux industriels.
Plusieurs années après, la protection de la conservation est
devenu un enjeu important sur la scène mondiale. Préoccupé par
l'augmentation des espèces en péril et par la perte de
biodiversité, la communauté internationale s'est penchée sur des
moyens concrets d'atténuer la destruction d'écosystème naturel,
notamment d'habitat forestier. C'est ainsi qu'en 1992, les
gouvernements du monde entier se sont réunis au Sommet de la Terre
à Rio de Janeiro au Brésil afin de faire face à la crise
environnementale mondiale reconnue, dorénavant, par des
scientifiques et des politiques. Pour mettre un frein à la
destruction des écosystèmes et pour préserver l'intégrité
écologique de milieux naturels riches en biodiversité, une
convention a été créée; la Convention sur la diversité biologique
(CBD). Afin de maintenir l'équilibre écologique planétaire et de
protéger concrètement la diversité biologique de leur territoire,
les pays se sont engagés à créer des réseaux d'aires protégées
d'ici 2010.
Mais le Québec a dû faire face à de nombreuses contraintes pour
s'initier à créer un tel réseau d'aires protégées. Car une fois que
les droits de coupes allouées aux industriels, une fois les
superficies condamnés à l'exploitation ou les volumes de bois
inclus dans le calcul de possibilité forestière, il a fallu se
livrer à des négociations difficiles et parfois même inexistantes
pour pouvoir définir des zones à conserver. Des zones que les
compagnies ne seraient plus en mesure d'exploitée.
S'il est une bonne chose que le Livre vert propose que le
système des CAAFs soit abattu, Greenpeace craint que le manque de
vision de conservation ayant mené au précédent régime forestier ne
se propage à nouveau. Bien que le gouvernement entend retirer le
pouvoir des mains des industriels et en remettre davantage de
responsabilités aux communautés régionales, Québec entend encore
une fois distribuer presque entièrement la ressource ligneuse sans
même déterminer au préalable ce qui devrait être protégé.
Actuellement, moins de 5% de la superficie du Québec est
protégée contre l'exploitation industrielle. Et l'objectif de 8%
d'aires protégées pour 2008 contenue dans le Livre vert n'est rien
d'autre qu'un rattrapage à court terme, cet objectif ayant été
repoussé d'année en année depuis 2005.
Demandez au gouvernement de faire preuve de précaution. Avant
d'allouer une autre fois l'ensemble de la ressource forestière et
l'ensemble de la superficie boisée du Québec, il faudrait
déterminer à l'aide d'une science indépendante et crédible ce qui
doit être protégée. Sans quoi, il sera doublement plus difficile de
créer de nouvelles aires protégées.
Finalement, Greenpeace vous invite à consulter son site Internet
fréquemment. Vous pourrez y lire le mémoire que nous déposerons
lors des consultations publiques
Consultez le Livre vert