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Souvenir de campagne électorale. Les militants de Greenpeace ont fait 
le guet entre le monticule de maïs et la porte d’entrée du quartier 
général du Parti libéral du Québec.

Souvenir de campagne électorale. Les militants de Greenpeace ont fait le guet entre le monticule de maïs et la porte d’entrée du quartier général du Parti libéral du Québec.

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Montréal, Canada — Ce matin, Greenpeace a livré cinq tonnes de maïs OGM cultivé en sol québécois devant les bureaux du Parti libéral du Québec, à Montréal. Par ce geste, Greenpeace a voulu rappeler au PLQ ses promesses brisées de 2003 et l’importance des enjeux touchant à l’étiquetage obligatoire des OGM ou organismes génétiquement modifiés.

Sur l’amoncellement de maïs trônaient plusieurs petites affichettes sur lesquelles on pouvait lire « OGM - Ce qu'on nous cache - le maïs Monsanto 863, Monsanto LY038, etc… ». L’organisation rappelait ainsi à la mémoire de tous les noms de certains maïs OGM autorisés au Canada, que les gouvernements cachent à la population.

Si les trois principaux partis ont tout fait pour éluder la question de l’étiquetage des OGM au cours de la dernière campagne électorale, s’ils ne se sont pas engagés clairement en faveur de l’étiquetage, cela ne signifie nullement que les problèmes que posent les OGM ont soudainement disparu des écrans radars. Le nouveau gouvernement libéral minoritaire devra répondre à la majorité écrasante de Québécois et Québécoises qui veulent savoir si les aliments qu’ils mangent contiennent des OGM.

En 2003, le Parti Libéral du Québec et M. Jean Charest se sont engagés à mettre en place l'étiquetage obligatoire des OGM. On sait maintenant que cela ne coûterait pas si cher. En effet, une étude économique remise au MAPAQ en octobre 2006 confirme que les coûts ne seraient pas aussi élevés que ce qu'on pouvait croire et que ce que l’industrie a toujours laissé entendre. Greenpeace et d'autres groupes ont fait une analyse de cette étude et ont fait valoir des solutions concrètes pour financer de tels coûts s’ils venaient à se matérialiser.

Au Parti Québécois, M. André Boiclair a promis de « mettre en place un système de gestion qui nous permet de tracer le parcours de nos aliments, de la terre jusqu'à notre table ». Le caucus du PQ et son chef devraient donc être en mesure d'appuyer l'adoption de l'étiquetage des OGM au Québec puisque cette mesure est, comme le dit monsieur Boisclair, « la première condition pour informer plus efficacement la population ».

Huit députés du PQ ont signé la déclaration de Greenpeace en faveur de l'étiquetage obligatoire des OGM. Ils devaient être en mesure d'appuyer un projet de loi ou règlement libéral allant dans cette direction. Greenpeace exige un calendrier précis pour tenir cette promesse. Nous exigeons qu'un projet de règlement sur l'étiquetage obligatoire des OGM soit déposé à la Commission de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (CAPA) et adopté d'ici la fin de 2007 au plus tard. . De plus, nous exigeons que le nouveau gouvernement libéral minoritaire mette en place l'étiquetage obligatoire des OGM, à la lumière du rapport remis au MAPAQ, dans lequel il est confirmé que les coûts de l'étiquetage ne seraient pas aussi élevés que ce qu’en prétend l'industrie de transformation agro-alimentaire.

Quant à l’Opposition officielle, l’Action démocratique du Québec, elle a refusée de répondre au questionnaire de Greenpeace durant la campagne électorale. Le dépôt à la CAPA d'un projet de règlement sur l'étiquetage obligatoire des OGM permettrait de forcer les élus de ce parti à se prononcer sur ce que 80 à 95% des gens au Québec veulent.

Une quarantaine de pays ont à ce jour mis en place, ou sont sur la voie de mettre en place, l’étiquetage obligatoire des OGM. S’ils peuvent le faire, nous pouvons le faire aussi. Les obstacles ne sont pas techniques mais bel et bien politiques. L'étiquetage « volontaire » (à la discrétion des industriels de l’agroalimentaire), adoptée par le gouvernement fédéral en avril 2004, n’a à ce jour donné aucune étiquette « avec OGM ». De plus, la norme fédérale, avec son seuil de tolérance très élevé de 5 % permet, dans les faits, de continuer à cacher la majorité des aliments contenant ou produit à partir d'ingrédients GM. Or, comme le fédéral stagne dans ce dossier, le gouvernement du Québec doit mettre rapidement en place un étiquetage obligatoire au Québec. Greenpeace déplore grandement qu'aucun projet gouvernemental n'ait encore été déposé et adopté.

Traçabilité des OGM
Afin de garantir que les aliments que l’on retrouve dans nos épiceries ne contiennent pas d’OGM, le moyen le plus économique, pratique et rigoureux serait de s'assurer que chacun des ingrédients de base qui entre dans la fabrication des aliments transformés n'en recèlent pas. Il faut donc mettre en place un système de traçabilité dans la chaîne alimentaire. Un système reposant principalement sur des garanties formelles de chacun des fournisseurs qui seraient régulièrement testés par des laboratoires indépendants. Pas nécessaire donc de tester chaque produit sur le marché lorsqu’on ne retrouve pas nécessairement de traces d'OGM (ex. : l'huile de canola). Le Québec pourrait commencer par adopter des normes d'étiquetage similaires à l'Europe, avec un seuil de traçabilité de 0,9 % au-dessus duquel il serait obligatoire d'étiqueter les OGM. Il faut noter que ce seuil de 0,9 % s'applique à chacun des ingrédients pris individuellement et que la présence d'OGM doit être accidentelle et non permanente.

Coûts de l'étiquetage
L'expérience européenne a démontré que les prix au détail pour les consommateurs n'ont pas augmentés après l'application de l'étiquetage. De grandes chaînes d'épicerie en Europe comme Safeway, Marks & Spencer et CWS Retail ont simplement réorganisés leurs approvisionnements pour offrir des aliments sans OGM et ce, au même prix, comme le réclamait la grande majorité de leurs clientèles. Le Commissaire européen pour la santé et la protection des consommateurs, M. David Byrne, l'a confirmé en déclarant : « Certains prétendent que les coûts vont augmenter d'une manière significative à cause de notre projet d'étiquetage. Nous ne croyons pas que cela soit le cas. Le système d'étiquetage actuel (basé sur l'ADN et la protéine) proposé en 1997 n'a pas fait augmenter les coûts malgré les prédictions horribles avancées par certains groupes d'intérêt. »

Néanmoins, s'il y avait des coûts supplémentaires reliés à un système d'étiquetage obligatoire, il faudrait s'assurer que les agriculteurs qui cultivent sans OGM et les consommateurs qui ne veulent pas en manger n'assument pas la facture ! Ce sont ceux qui produisent et utilisent les OGM qui devront payer. Comme l'entreprise Monsanto est responsable de 90% des cultures OGM à travers le monde, nous n'avons pas à subventionner indirectement cette entreprise en payant nos aliments plus chers pour éponger les coûts reliés à l'étiquetage.

Greenpeace et d’autres groupes ont rendus publics une étude faite pour le ministère de l’agriculture (MAPAQ) du Québec sur les coûts de l’étiquetage des OGM.  En faisant une analyse de cette étude, on se rend compte que l’étiquetage des OGM ne serait pas aussi cher que ce que l’industrie prétend.

En plus de l'étiquetage...
Néanmoins, on ne doit pas s'arrêter à l'étiquetage obligatoire. Un débat de société sur l’ensemble du dossier des OGM s'impose. C'est pour cela que Greenpeace invite les citoyens et citoyennes du Québec à participer aux audiences publiques de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation.

Envoyez un courriel à Jean Charest pour exiger l'étiquetage

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Le siège du PLQ visé par Greenpeace

Greenpeace à livré ce matin cinq tonnes de maïs cultivé dans la belle province face aux bureaux du Parti libéral du Québec, à Montréal. Greenpeace souhaite ainsi rappeler l'importance des enjeux relatifs à l'étiquetage obligatoire des OGM au Québec. Rappelons que le premier ministre Jean Charest s'est engagé en 2003 en promettant l'étiquetage obligatoire pendant la durée du mandat de son parti.

En savoir plus

5 tonnes de maïs livrées au siège du PLQ

À 10h30, le 28 mars 2007, des militants de Greenpeace ont livré 5 tonnes de maïs devant le quartier général du Parti libéral du Québec, à Montréal. Munis de pelles en acier, des militants de Greenpeace ont rassemblés le maïs pour en faire un monticule, sur lequel ils ont planté un extrait de leur cru d’une affiche électorale du Parti libéral du Québec. Eric Darier, directeur de la campagne OGM de Greenpeace au Canada, a accordé des entrevues aux médias.