Actualité - 21 juillet, 2010
En cas de marée noire dans le Golfe du Saint-Laurent, qui paiera la facture? Les entreprises un peu… mais les contribuables beaucoup!
La loi fédérale limite actuellement la responsabilité financière des entreprises pétrolières à 30 millions de dollars (CDN) en cas de marée noire sur la côte Est du Canada et du Québec. Un récent rapport d’Écojustice montre qu’elle est actuellement limitée à 30 millions de dollars pour l’Est du Canada et 40 millions pour l’Arctique. Un chiffre dérisoire quand on le compare aux véritables coûts des marées noires à travers le monde.
Les Madelinots aux premières loges
Les îles-de-la-Madeleine et tous les riverains et insulaires du Golfe du Saint Laurent ont raison de craindre les conséquences environnementales d’une marée noire sur leur économie, leurs écosystèmes et leur avenir. En effet, les îles-de-la-Madeleine se situent à 80 km du champs pétrolifère de Old Harry et donc sont aux premières loges en cas de catastrophe.
Cependant, tous les Québécois devraient s’inquiéter d’une marée noire en cas de déversement dans le Golfe du Saint-Laurent. En effet, comme la loi fédérale limite la responsabilité des compagnies pétrolières, ce sont les contribuables qui paieront pour les lacunes de la loi et les pots cassés par l’industrie pétrolière.
Le gouvernement Charest responsable
Le gouvernement Charest a une responsabilité particulière dans ce dossier. Le Québec ne doit pas autoriser le forage du pétrole ou du gaz dans les eaux du golfe du Saint-Laurent et doit tout faire pour que Terre-Neuve abandonne son projet sur le gisement de Old Harry. Le gouvernement du Québec doit s’assurer que, si une marée noire devait survenir dans le Golfe, ce soit les entreprises pétrolières qui paient, et non les contribuables. Après tout, les barrages d’Hydro-Québec n’ont aucune limite de responsabilité en cas de catastrophe. Pourquoi le fédéral ou le gouvernement Charest favorisent-ils les énergies fossiles?
Pendant ce temps aux États-Unis...
Aux États-Unis, certaines estimations chiffrent à 100 milliards de dollars les fonds nécessaires au nettoyage du Golfe du Mexique après l’explosion de la plate-forme de BP en avril dernier. La pétrolière d’origine britannique a affirmé qu’elle prendrait toutes les dépenses à sa charge bien que la loi américaine limite actuellement la responsabilité financière des pétrolières en cas de marée noire aux États-Unis à un dérisoire 75 millions de dollars. Vu la gravité de la situation, le gouvernement américain a fait pression sur BP pour qu’elle bloque quelque 20 milliards de dollars sur un compte d’indemnisations. Néanmoins, un comité du Sénat américain demande que la limite légale de responsabilité passe de 75 millions à 10 milliards de dollars.
Les demandes de Greenpeace
Greenpeace demande au gouvernement fédéral de ne pas plafonner la responsabilité financière des entreprises pétrolières en cas de marée noire. Jean Charest devrait également utiliser la rencontre du Conseil de la fédération du 4 au 6 août prochain pour que toutes les provinces exigent du fédéral l’abolition immédiate de la limitation de la responsabilité des entreprises pétrolières. De plus, le gouvernement Charest devrait arrêter l’exploration ou l’exploitation de pétrole et de gaz partout au Québec et préparer la véritable indépendance énergétique, celle d’un Québec à 100% énergies renouvelables et propres d’ici 2030.
Pour en savoir plus :
Consultez le rapport d’Ecojustice de l’Université d’Ottawa sur la responsabilité des pétrolières (en anglais). Cliquez ici.