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Non seulement les réserves marines protègent-elles les espèces qui y vivent, mais elles favorisent aussi le maintien des écosystèmes limitrophes et des espèces qui les traversent, comme ce cachalot vivant près des îles Açores dans l'Atlantique Nord.
AgrandirLe Décret présidentiel nous fournit une très rare occasion de saluer l'Administration Bush. Par ailleurs, cette heureuse nouvelle nous rappelle que le gouvernement Harper a beaucoup de chemin à parcourir pour combler son retard par rapport aux États-Unis.
En vertu de son mandat, le gouvernement fédéral du Canada doit créer d'ici 2012 un réseau de zones marines à protéger. Jusqu'ici, la mise en place d’un tel réseau présage très peu pour les espèces marines, dont les habitats ont plus que jamais besoin de protection. À ce jour, moins de 0,5 % des eaux territoriales canadiennes bénéficient d'une forme de protection quelconque, alors que plusieurs aires protégées ne sont pas respectées. Le gouvernement du Canada a déjà délimité diverses zones à protéger. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le premier ministre Harper doit prendre exemple sur son homologue américain et faire preuve de proactivité en élaborant une législation adéquate.
En tout, ce sont plus de 500 000 kilomètres carrés qui bénéficieront d'une protection abritant quelques-uns des plus riches écosystèmes du monde.
Déjà en 2006, Georges W. Bush avait mis à l’abri un vaste territoire de l'archipel hawaïen par la création d’un premier monument national sous sa tutelle. Ces annonces font de l’ancien président l’investigateur de la plus vaste étendue d’aires protégées en milieu océanique. La décision a été prise en vertu de l'Antiquities Act, une prérogative qui octroie au président des États-Unis la possibilité d'instaurer des zones protégées, privilège que Bush n’a utilisé qu'une seule fois auparavant.
Deux des trois réserves marines se situent dans les îles de la Ligne, un archipel isolé et inhabité, en plein cœur du Pacifique. Le troisième monument est constitué des îles de l'extrême nord de l'archipel septentrional et de la fosse des Mariannes, dans l’ouest du Pacifique. Le territoire est l’une des vallées sous-marines les plus profondes du monde.
Les deux régions regorgent d’une grande variété d'espèces marines, notamment des requins, des baleines, des oiseaux rares, et plusieurs prédateurs. À cela s’ajoutent une quantité exceptionnelle de coraux et la présence d’écosystèmes pélagiques complexes. Dorénavant, il sera interdit de pêcher ou d'exercer d'autres activités de prélèvement dans près de 60 % des aires protégées.
Les réserves marines jouent un rôle crucial dans la protection de la diversité des espèces marines et sont nécessaires au fonctionnement des écosystèmes. La pêche excessive s'étend maintenant jusqu’aux zones les plus reculées de la planète. On estime que 90 % des plus gros poissons ont déjà été pêchés et que les écosystèmes marins sont au bord de la non-durabilité. Depuis 2004, Greenpeace tente de corriger la situation à travers des campagnes au profit de la création d'un réseau mondial de réserves marines.
En matière de lutte contre les changements climatiques, Bush n'a cessé de remettre au lendemain ses responsabilités, accordant moins d'attention à la conservation de l'environnement que tout autre président de l'histoire des États-Unis. En agissant de la sorte, c'est l’avenir de la planète tout entière qu'il a compromis. La création rapide de ces immenses sanctuaires marins s’apparente davantage à un geste de dernière minute afin de redorer un bilan environnemental très sombre. Malencontreusement, de telles mesures ne sont pas suffisantes : la protection des mers nécessite une attention particulière et de tous les instants.
Certes, la protection des écosystèmes marins, en empêchant le dragage ou la pêche, est une très bonne chose. Toutefois, ce qui menace véritablement les océans est le réchauffement climatique. Le phénomène aura des conséquences désastreuses pour nos océans. On prévoit la mort massive des coraux en raison de l'élévation des températures marines et de la diminution de la biodiversité des écosystèmes suite à l'acidification progressive des océans.
Face à cette menace, les nouvelles réserves océaniques ne pourront, à elles seules, contrer le réchauffement planétaire. Dans le meilleur des cas, les monuments permettront d’abaisser le niveau de stress auquel seront soumises les espèces donnant de meilleures chances aux organismes vivants de s'adapter aux changements.
De par la création des trois nouveaux monuments, l'administration Bush a le mérite d’élever un peu plus haut la barre en matière de protection des océans. Nous en appellerons au président nouvellement élu, M. Barak Obama, pour qu'il agisse avec encore plus d'audace, et ce, conformément aux études scientifiques les mieux établies.
Si nous voulons que les mers résistent à la hausse continuelle de la température planétaire et à la pêche excessive qui continue de sévir, nous devons transformer 40 % de nos océans en réserves marines. La superficie totale qui sera protégée grâce à l'initiative de l'Administration Bush correspond à seulement 0,1 % de la quantité recommandée par les scientifiques.
Quelle leçon devons-nous tirer de cette avancée ? Les dirigeants internationaux sont nombreux à vouloir se faire pardonner pour leurs manquements dans les dossiers environnementaux. Il est alors tentant pour ces chefs d’opter pour des actions ponctuelles en guise de réparation. Si chacun d’eux prenait le temps de s’inspirer de G.W. Bush, nous ferions un grand pas dans cette marche nous menant à un objectif ultime : défendre les océans avant qu'il soit trop tard.
Agissez.
Si George Bush a trouvé un moment pour défendre les océans, pourquoi pas vous ? Nous vous invitons à prendre 30 secondes de votre temps pour signer notre pétition destinée aux Nations Unies, et dont l'objectif est de créer un réseau mondial de réserves marines devant protéger 40 % des océans de la planète.
Signez la pétition !