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Des activistes de Greenpeace se sont rendus sur le site Aurora Nord de l'entreprise Syncrude et ont tenté de bloquer un tuyau de déversement d'eaux usées toxiques, qui se jette dans un bassin de rétention de plus de deux kilomètres de côté. Les activistes ont également suspendu une bannière sur laquelle on peut lire : « World's Dirtiest Oil: Stop the Tar Sands ».
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Les militants ont aussi déployé une immense banderole le long des bassins avec l’inscription « World’s Dirtiest Oil: Stop the Tar Sands ». Pendant ce temps, une troisième équipe tentait de bloquer un autre conduit pour mettre un frein à la pollution de la province. Ils ont été interceptés par les agents de sécurité de Syncrude avant de réussir à bloquer complètement le conduit.
Dès leur arrivée sur le site, les 11 militants se sont dirigés vers le bassin tristement célèbre qui a fait les gros titres des journaux du monde entier après que les canards s’y soient noyés dans des boues toxiques et saturées d’hydrocarbures. Le bassin de deux km de longueur est situé un peu au nord de Fort McMurray, en Alberta.
Vers 13 h, les militants ont tenté de bloquer un premier conduit, mais ils n’y sont pas parvenus en raison de l’énorme pression de l’eau. Avant qu’ils ne puissent bloquer un autre conduit, ils ont été interceptés par les agents de sécurité de Syncrude et détenus jusqu’à l’arrivée de la GRC.
« Les grandes compagnies pétrolières pillent les ressources naturelles de l’Alberta », explique Mike Hudema de la campagne Sables bitumineux de Greenpeace. « Elles pompent l’eau douce de la rivière Athabasca pour créer de gigantesques bassins de résidus toxiques qui tuent les animaux sauvages et qui empoisonnent les communautés locales. Aujourd’hui, nous avons livré notre message aux auteurs de ce crime contre l’environnement : il faut mettre un frein à l’exploitation des sables bitumineux ».
L’exploitation des sables bitumineux consomme plus d’eau des nappes phréatiques que tout autre secteur d’activité en Alberta. De plus, les sites actuels sont autorisés à prélever annuellement plus de 450 millions de mètres cubes d’eau de la rivière Athabasca, soit plus du double de la consommation annuelle d’une ville comme Calgary. De plus, on a observé des incidences élevées de cancers rares et de maladies auto-immunitaires au sein des communautés situées en aval, comme à Fort Chipewyan. Ces maladies ont été reliées à la pollution industrielle émanant des sables bitumineux.
« Une douzaine de collectivités albertaines dépendent de la rivière Athabasca pour survivre et lorsque la rivière est menacée, c’est leur santé et leur mode de vie qui sont mis en danger », explique Heather Milton-Lightening de la campagne Sables bitumineux. « Le risque auquel font face quotidiennement ces collectivités est bien plus grand que celui que nos militants ont pris aujourd’hui. Si le gouvernement refuse de défendre leurs droits, nous le ferons. »
Greenpeace demande qu’en premier lieu, on suspende toute nouvelle autorisation de projets d’exploitation et que l’on interdise l’agrandissement ou la construction de nouveaux bassins. Il faut aussi que tous les bassins actuels soient immédiatement décontaminés et renaturalisés. Finalement, il faut que des pénalités plus sévères soient imposées aux entreprises pétrolières qui ne respectent pas les lois environnementales. En mars dernier, 500 canards se sont posés précisément sur ce bassin de Syncrude, ce qui signifie que la compagnie n’a pas respecté les normes environnementales, pourtant très claires, qui exigent qu’on installe des dispositifs efficaces pour empêcher les animaux sauvages de s’approcher des bassins.
1. Changements climatiques.
Les scientifiques s’entendent pour dire qu’il est urgent d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), qui sont à la base des changements climatiques. L’Alberta ne compte que 10 % de la population du Canada, mais elle produit 33 % des émissions de GES du pays. Le développement effréné des sables bitumineux est en grande partie responsable de l’augmentation des émissions du Canada. En fait, à elle seule, l’industrie des sables bitumineux émet déjà presque autant de GES chaque année que l’ensemble des automobiles du pays.
2. Dangers pour la santé.
On a observé une incidence élevée de formes de cancers rares chez les autochtones de Fort Chipewyan, en aval des sites d’exploitation. La pollution générée par les sables bitumineux est aussi associée à des déformations des embryons, à des cas de mortalité et à différents problèmes biologiques chez les poissons de la rivière Athabasca.
3. Contamination de l’eau.
En 2007, on a autorisé le prélèvement de plus de 450 millions de mètres cubes d’eau par année dans la rivière Athabasca, soit plus du double de la consommation annuelle d’une ville comme Calgary. Après usage, l’eau est tellement contaminée par des produits chimiques toxiques qu’elle doit être entreposée dans d’immenses bassins, visibles de l’espace.
4. Destruction des écosystèmes.
Forêt boréale, milieux humides extrêmement riches, flore et faune sauvages, on détruit notre précieux patrimoine naturel pour en tirer du pétrole. Déjà, l’industrie des sables bitumineux a dévasté une superficie aussi grande que celle de l’île de Vancouver. Si on ne met pas un frein à ce développement effréné, la dévastation pourrait s’étendre sur une surface aussi grande que toute la péninsule de la Floride.
5. Coûts sociaux.
Le prix des maisons explose, les délais s’allongent pour obtenir des soins de santé, de nouveaux problèmes sociaux surgissent – il est temps de donner priorité à nos collectivités et à notre environnement plutôt qu’aux profits des compagnies pétrolières. De plus, le boom de l’emploi dans le secteur des sables bitumineux est temporaire : deux emplois sur trois sont reliés à la construction et ces emplois disparaîtront une fois les constructions terminées.