Moustique OGM contre les maladies

Solution ou source de nouveaux problèmes ?

Actualité - 20 mars, 2007
Depuis 2000, des scientifiques font des recherches pour modifier génétiquement un moustique afin qu’il ne soit pas porteur de la malaria ou autres maladies. Ces recherches soulèvent de nombreuses interrogations et considérations éthiques et techniques. Greenpeace vous en présente quelques unes.

Un enfant Deni se tient tout près de sa mère à l'abri des moustiques.

Chaque année, entre 300 à500 millions d'Africains sont infectés par la malaria (ou paludisme). Jusqu'à 2,7 millions de personnes en moyenne en meurent annuellement. La fiève dengue infecte 50 millions de personnes par an. Les conséquences de ces maladies sont amplifiées sur le continent africain par lapauvreté, la malnutrition, les mauvaises conditions de logement et un systèmede soins insuffisant et inadéquat.

À l'heureactuelle, une soixantaine de moustiques sont porteurs de la malaria.Quatre espèces sont plus menaçantes pour l'homme, en particulierle plasmodium falciparum.

Lesrecherches de ces scientifiques sur un moustique OGM qui ne porte pasla malaria soulèvent plusieurs questions. L'idée d'un tel moustique estde le déssiminer dansl’environnment afin qu’en se reproduisant avec d’autres moustiques, ilpuisse transmettre son nouveau gène aux générations suivantes demoustiques pour qu'elles ne soient plus porteuses de la malaria. 

Il existe cependant un défi de taille : comments’assurer que le gène inséré devienne dominant.  En effet, les recherches actuelles enlaboratoires demeurent largement théoriques, les applications pratiques sontlointaines.  Même si on arrivait àtrouver comment disséminer le gène dans les populations de moustiques ciblés ilfaudrait répondre à d’autres défis comme :

  • comments’assurer que le moustique OGM ne conduise pas à de nouvelles souchesplus virulentes de la malaria et que les gènes ne vont pas setransmettre à d’autres insectes ?
  • est-ce que la réduction d’un parasite entraînerait une augmentation d’autres parasites ? et quelles seraient les conséquence pour la transmission de la malaria ?
  • Quels seraient les effets de ce moustique OGM sur les niches écologiques des différents moustiques ?  Est-ce qu’il y aura une augmentation de ce type de moustique ?

 
Bref,toutes ces questions demeurent sans réponses jusqu’à présent.  Ces bémols de la part des scientiquesconfirment le concensus scientifique qu’il faut agir avec précaution dans cedossier.

Néanmoinson peut continuer d’agir contre les maladies comme la malaria en s’assurant quela lutte préventive aux maladies soit une priorité dans les programmes d’aideau développement.  Il existe aussi desrecherches pour un vaccin contre la malaria qui permettrait d’éviter de prendrele risque de relacher des milliards de moutiques OGM dans les écosystèmes dumonde sans en connaître vraiment les effets négatifs inattendus.

C’est pourcela que Greenpeace exige l’application stricte du principe de précaution ets’oppose à la dissémination des OGM dans l’environnement.

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