Quelques uns des symboles conçus par les participants du concours de l'organisme ETC Group, qui a lancé en 2006 un appel au public. Les illustrations devaient représenter le concept des nanotechnologies comme matière dangeureuse.Plus de détails ici »
Qu'est-ce que les nanotechnologies ?
Les nanotechnologies sont de
nouvelles technologies de l'infiniment petit ( 0,000 000 001 mètre
! ou 1 million de nanomètres par milimètre). Un cheveu mesure
environ 80 000 nanomètres (nm), un virus 150 nm, un morceau d'ADN :
2 nm, et un tube de carbone ou nanotube 1,4 nm, un atome 0,1 nm.
Ces technologies de l'infiniment petit permettent la production
atome par atome ou molécule par molécule de nouveaux produits et de
nouvelles substances.
Les applications des nanotechnologies peuvent potentiellement se
retrouver partout et notamment dans l'électronique, des produits
cosmétiques, des crèmes solaires, des médicaments, des peintures,
des cellules photovoltaïques, des vêtements, des accessoires de
sports, cosmétiques, etc… À l'avenir on pourrait avoir aussi des aliments
nanotech qui vous permettront de goûter n'importe quelle saveur
d'aliments sous toutes sortes d'applications comme du chewing-gum.
Les nanotechnologies peuvent être non seulement des produits de
consommation mais aussi des procédés de fabrication en usine ou en
laboratoire.
Les promesses des nanotechnologies sont à priori très
intéressantes. À titre d'exemple, des peintures ayant de nouvelles
propriétés comme une résistance accrue à l'eau ou au soleil, ou des
médicaments contre le cancer qui ciblent uniquement les cellules
cancérigènes, évitant ainsi les effets secondaires des traitements
aléatoires de radiochimie qui détruisent aussi les cellules en
santé.
Les risques des nanotechnologies
Cependant, la présence de nanoparticules dans l'environnement et
dans notre corps peut aussi présenter des risques. En effet, il
n'existe pas de filtres qui puissent empêcher la dissémination des
nanoparticules dans l'environnement. Le système naturel de défense
de notre corps laisse passer les nanoparticules. Bref, nous faisons
face à une nouvelle pollution dont on ne sait pas grand-chose. Il
n'y a pas que Greenpeace qui sonne l'alarme.
L'
Institut national de santé publique du Québec et la
Commission de l'éthique de la science et de la technologie du
Québec ont notamment illustré les types de risques
potentiellement catastrophiques pour la santé et l'environnement.
On sait déjà que les nanotubes peuvent être persistants dans l'eau
pendant au moins 60 jours. Les nanotubes peuvent servir de vecteurs
pour des bactéries comme E.coli, etc. Les nanoparticules dont les
composés individuels sont sécuritaires peuvent une fois assemblées
devenir toxiques. Le problème est que les organismes publics
présument que les propriétés des nanoparticules sont aussi
sécuritaire que les éléments qui les composent. Bref, il n'existe
pas de cadre réglementaire et d'évaluations spécifiquement adaptées
aux risques des nanotechnologies.
Les méthodes cavalières avec lesquelles on introduit sur le
marché les nanotechnologies se comparent à la façon dont les OGM se
sont tout à coup retrouvés dans nos assiettes, sans débat public et
sans étiquetage.
Même les chercheurs américains qui
travaillent sur les nanotechnologies (et donc généralement
favorable aux nanotechnologies) se montrent inquiets. C'est du
moins ce que révèlent les
résultats d'un sondage publié dans la revue scientifique Nature
Nanotechnology :
- 20 % des chercheurs craignent l'apparition de nouvelles formes
de pollution;
- 30 % des scientifiques s'inquiètent des effets néfastes
possibles des nanomatériaux sur la
santé humaine (20 % chez le public général);
- 30 % des scientifiques sont inquiets de ce que les
nanotechnologies risquent d'engendrer en terme de perte de vie
privée (45 % pour le public).
Aujourd'hui, des compagnies d'assurance comme la Zurich et la
Lloyd's se préoccupent publiquement des risques que pourraient
générer les nanotechnologies. Rappelons que le secteur des
assurances fut l'un des premiers secteurs de notre économie à
sonner l'alarme sur les conséquences éventuelles des changements
climatiques.
Avant d'autoriser les nanotechnologies et d'investir 140 M$
comme a pu le faire le gouvernement du Québec, il faudrait
tenir un large débat public sur les enjeux qui en découlent et
adopter le principe absolu de précaution. Pour commencer, le
gouvernement du Québec devrait donner suite aux recommandations de
l'Institut national de santé publique du Québec et de la Commission
de l'éthique de la science et de la technologie afin d'exiger que
le gouvernement fédéral en fasse autant.
Quoi faire au sujet des nanotechnologies : précaution, précaution et précaution
Une vaste coalition d'une cinquantaine d'ONG incluant Greenpeace
a défini une série de
principes fondamentaux pour favoriser une évaluation sérieuses des
nanotechnologies. Ces principes comprennent la précaution,
l'évaluation complète du cycle de vie environnemental et les effets
sur la santé et la sécurité au travail des nanotechnologies avant
toute mise en marché des produits.
Or, Ottawa a mis en place un processus
de consultation publique très discret sur les nanotechnologies
par l'entremise du Conseil des académies canadiennes. Greenpeace a
fait parvenir à ce groupe d'experts qui doit se pencher sur notre
utilisation des nanotechnologies un document signé par 50 ONG.
Vous pouvez vous aussi faire valoir votre opinion et réclamer le
respect du principe élémentaire de précaution. Suffit de faire
parvenir vos commentaires à:
Marie-Noëlle Ip, Directrice de programme

Conseil des académies canadiennes
180, rue Elgin, bureau 1401
Ottawa (Ont.) K2P 2K3